Un jeune diplômé en finance ne découvre pas le marché du travail à la fin de son cursus, il s’est immergé depuis le début dans le monde de l’entreprise. La frontière entre son statut d’étudiant et son rôle de professionnel est de plus en plus mince au fil de son parcours, et rapidement vient la question des choix.

Le domaine de la finance étant complexe et mouvant, la question des choix est d’autant plus stratégique. Dans un premier temps se poser des questions sur sa motivation, ses aspirations, ses compétences et ses atouts. Savoir de quoi l’on parle : les métiers et les fonctions dans ce domaine sont nombreux, il s’agit de décoder les fonctions, les cursus, les accès, les compétences à privilégier. Un jeune diplômé doit avoir pris le temps de construire un profil qui soit lisible sous peine d’être « à côté de la plaque » ! Objectif : Etre candidat réaliste et stratégique.

Première étape : La recherche d’opportunités car avant de choisir, le candidat a surtout besoin qu’on le choisisse. Les horizons s’ouvrent à l’international, l’approche devient multiculturelle et il est nécessaire d’adapter ses outils, par exemple une prise de contact et un CV qui va pouvoir interpeller un recruteur américain ou un responsable en Asie. Les mots, la forme et le sens vont devenir ses alliés ; Comment faire pour que sa cible retienne ce qui fonde sa valeur ajoutée ? Il doit s’interroger sur ses intentions, ce qui fait que dans ce métier il va réussir ; en racontant son histoire, l’histoire de son orientation et de son parcours. Démontrer à son recruteur qu’il aura à faire à un candidat évolutif, conscient de son devenir et « prêt à faire le job ».

Deuxième étape : passer les barrages des entretiens,  être préparé à répondre et prendre plaisir à parler de soi. Bien choisir ses arguments, éviter le risque de trop en faire, dire quand on sait ou quand on ne sait pas. L’important reste de faire comprendre toute son envie d’encore « apprendre en entreprise ».

Troisième étape, après une consommation souvent phénoménale d’énergie, il en faut encore en réserve face à plusieurs propositions, quelle est celle qui doit l’emporter ?
A cette situation et pour des raisons typiquement humaines, un jeune diplômé ne s’est pas toujours bien préparé. Confronté entre rêves et réalité du poste, toujours dépendant d’un timing impossible à maitriser parfaitement (on n’arrête pas le temps et il faut prendre une décision)  la question de la décision finale arrive. Il est temps de refaire une check-list :
– « Où est-ce que je veux vivre, quelle vie ai-je envie d’avoir » ? En finance, les contraintes du métier sont connues, investissement, risques et gestion du temps personnel et professionnel.
– « Quelle entreprise peut me promettre une évolution, un intérêt dans l’accomplissement de mes tâches » ?
- « Comment vais-je être reconnu » ?
La reconnaissance permet de trouver sa place et de pouvoir enrichir son potentiel
Pour y répondre, voyons  ce que propose l’entreprise :
– « Un programme d’intégration, des responsabilités, une expatriation possible ? »
– « Si je dois gravir des étapes, seront-elles courtes pour enfin accéder au poste qui me plait ? »
– « Quel salaire ? » (marque la plus visible de l’intérêt qu’à une entreprise en misant sur moi !)
– « Est-ce une entreprise qui me permettra de m’accomplir alors que je ne serai plus étudiant, d’appartenir à une équipe qui compte, de faire des projets et d’avoir une certaine indépendance ? »

Ce ne sont que des exemples de questions et d’arguments à retenir, en fonction d’une personnalité ou d’une autre, car s’il existait une seule façon de faire le bon choix ce serait bien triste ! Par la suite, il est toujours intéressant de refaire le point, 1 an après son recrutement, 5 ans voir 10 ans plus tard, sur ce qui a motivé ses choix, car les caractéristiques d’un individu évoluent mais les principales motivations sont souvent bien accrochées.

 

Par David Izoard
Directeur des Relations Entreprises de Skema BS