Développement des pays pauvres, notamment en Afrique, lutte contre le réchauffement climatique et éradication de l’extrême pauvreté dans le monde constituent les axes forts de la politique mené par Pascal Canfin, Ministre délégué chargé du Développement.

Pascal Canfin, Ministre délégué chargé du Développement

Pascal Canfin, Ministre délégué chargé du Développement

Vous avez lancé l’initiative 100 innovations pour un développement durable en Afrique, l’innovation est-elle la clé du développement de l’Afrique ?
L’innovation et sa diffusion sont indispensables au développement ici comme en Afrique. Nous ne résoudrons pas les difficultés sociales, environnementales et économiques au Sud sans innover fortement. Aujourd’hui, nous assistons à une éclosion de projets en Afrique. On a déjà une révolution numérique avec le téléphone portable. Il y a désormais plus de téléphones portables en Afrique qu’en Europe ou aux Etats-Unis. C’est un vrai bouleversement et c’est une nouvelle économie qui est en train de se créer. Ainsi, il est plus facile de payer avec son téléphone mobile à Nairobi au Kenya qu’à Paris. C’est cette réalité que nous souhaitons aujourd’hui mettre en avant et accompagner. Le développement économique à long terme de l’Afrique n’est pas dans l’exploitation des matières premières mais bien dans ces initiatives aussi bien dans les zones rurales qu’urbaines. C’est pourquoi, je place l’accompagnement de l’innovation au coeur de l’aide au développement française. L’appel à projet que nous avons lancé en septembre a reçu 800 réponses ce qui est considérable. Il y a aujourd’hui un besoin fort auquel nous nous devons de répondre.

 

Aujourd’hui quelles sont les priorités de la France en matière de politique de développement ?
Il y a sur la planète 1,3 milliards de femmes et d’hommes qui vivent avec moins de 1,25 dollar par jour. Notre objectif est de contribuer avec les 9 milliards d’euros de l’aide française à éradiquer cette extrême pauvreté. Cela implique notamment de continuer à nous mobiliser pour les secteurs sociaux comme l’éducation ou la santé. Ainsi, la France contribuera pour plus de 1 milliard d’euros sur trois ans au financement du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme qui permet à plus de 6,1 millions de personnes de bénéficier de traitement antirétroviraux à travers le monde. Pour autant, nous ne gagnerons cette bataille de la lutte contre la pauvreté si nous échouons à prévenir le dérèglement climatique. Un monde qui ne parviendrait à empêcher le dérèglement climatique, c’est un monde avec plus de sécheresses, donc un monde avec plus de famines et au final une augmentation de la mortalité infantile. C’est pourquoi, une de mes priorités est aujourd’hui d’intégrer pleinement la soutenabilité environnementale dans la politique française de développement. Ainsi dans le domaine de l’énergie, l’Agence Française de Développement ne financera plus de centrales au charbon et donne maintenant la priorité au financement des énergies renouvelables au Sud.

 

l’Union européenne dispose-t-elle de moyens suffisants en matière d’aide au développement des pays les plus pauvres ?
Trop d’Européens ignorent que l’Europe représente 55 % de l’aide publique au développement mondiale à travers l’action de ses Etats membres et de la Commission européenne. Cet engagement unique envers les pays les plus pauvres de la planète est à la fois un geste fort de solidarité – qui nous rappelle que l’Union européenne demeure une des régions les plus riches de la planète mais c’est aussi un moyen de projeter nos valeurs au-delà des frontières de l’Union. L’année prochaine sera une année d’élections européennes. Cette élection impliquera de redonner confiance dans l’Europe, de redonner une vision d’une Europe forte et sûre d’ellemême pour s’ouvrir sur le monde, une Europe fière de sa politique de développement et de la lutte contre la pauvreté dans le monde.

 

Patrick Simon