De la montre à la veste en jean en passant par la pompe à insuline et la voiture, tous nos objets du quotidien deviennent intelligents. Quels sont ceux qui se vendent le mieux ? Comment sécuriser des objets conçus pour collecter nos données en permanence ? Viktor Toldov, chercheur à l’Inria (diplômé de Télécom Lille 13), Lina Mroueh, responsable pédagogique à l’ISEP et Olivier Camp et Nicolas Gutowski, enseignants-chercheurs à l’ESEO répondent.

 

(c) ISEP

L’Internet des Objets, IoT, objets connectés… Toutes ces notions recouvrent une même réalité, notre monde et nos objets sont de plus en plus interconnectés. Effet de mode ou réel impact sur notre vie ? La question peut se poser. Pour Lina Mroueh, responsable du parcours Télécommunications et IoT, les deux sont vrais : « les wearables, les montres, les balances connectées… ce sont des effets de mode. En revanche, tout ce qui relève du domaine de la e-santé a un impact important sur les gens. Les objets connectés facilitent la vie des détenteurs d’appareil respiratoire ou de pompes à insuline. »

Le boom des enceintes connectées

L’objet phare de Noël 2017 : l’enceinte connectée, Amazon Echo, Google Home, Apple HomePod… chaque marque sort son modèle. Pourquoi un tel engouement envers ces assistants ? Pour Viktor Toldov, ce phénomène est lié à la demande des utilisateurs « C’est populaire et cool. L’enceinte peut parler comme un humain et répondre à de simples demandes de manière naturelle. Cette forme d’intelligence artificielle attise la curiosité. » Mais cette surconnexion est-elle bénéfique pour l’homme ?

Trop de connexions tue la connexion

Le danger principal de l’IoT, ce sont les objets eux-mêmes. Pour Viktor Toldov, à trop avoir d’ondes, nous risquons l’interférence. « Dans le monde des objets connectés sans fil, les ondes se superposent. Leur nombre augmente sans cesse et la communication peut devenir impossible. C’est comme une conversation entre deux personnes, si vous êtes seuls dans la pièce, vous pouvez parler, s’il y a une foule entre vous, la communication est impossible. »

(c) ESEO

Quelle sécurité pour les objets connectés ?

Autre question préoccupante pour les objets connectés : la sécurité. La CNIL a récemment dénoncé et mis en demeure des jouets pour enfants susceptibles d’être utilisés pour les espionner. L’enceinte connectée Google Home vient également d’être épinglée pour son micro ouvert en permanence. Comment se prémunir contre l’intrusion des objets connectés dans notre vie privée ? C’est la question que se pose Olivier Camp. « Nous sommes face à un paradoxe. Les utilisateurs veulent de la sécurité, mais il faut leur fournir des objets simples d’utilisation. Il faut savoir réguler leur utilisation, mais ces objets sont de plus en plus intrusifs. Il risque donc d’être difficile de s’en prémunir. Nous pouvons espérer que les pouvoirs publics légifèrent rapidement sur la question pour poser un cadre à l’utilisation faite de ces objets. »

 

(c) ESEO

Les problématiques de sécurité se posent également face aux attaques des hackers. Pour Nicolas Gutowski, la question n’est pas de savoir si nous allons nous faire hacker, mais quand et en combien de temps. « Les objets connectés sont comme les banques, même s’ils sont protégés avec des verrous très sécurisés, cela ne fera que ralentir les hackers. Quel que soit le degré de protection, nous ne sommes jamais assurés que l’objet soit imperméable aux attaques. »

 

Aujourd’hui, on estime à 15 milliards le nombre d’objets connectés. Mais l’IoT est un phénomène en pleine expansion et leur nombre pourrait passer à 80 milliards d’ici seulement 2 ans.