Pour chaque journée de course, un « respo jour » est choisi au sein des staffeurs de première année, qui ont candidaté pour ce poste. Il est alors en charge du tracé définitif de l’itinéraire, des timings, du positionnement des signaleurs… et du bon déroulement de la journée, entre le départ des concurrents, jusqu’à leur arrivée. A ce moment, le « respo nuit » prend le relai. Le respo jour du J1, Adrien Cousin, nous raconte son raid et sa journée, dont le parcours reliait Guillestre à Chorges, en 60 km.

 

L’acti-fun du jour : le rafting !

L’acti-fun du jour : le rafting !

« La semaine de pré-raid a été intense, follement plaisante, à arpenter tous ces sentiers à vélo ou à pied, et éprouvante, aussi, de s’être arraché les cheveux pour savoir si ce fichu itinéraire était le bon, s’il n’était pas trop long, trop dur, trop plat, trop bitumé, trop enneigé.
Et voilà déjà le J1. Le camp est en effervescence, le temps semble avec nous et le petit déjeuner rassemble les concurrents avant le Mass Start. Je quitte cette bonne humeur mêlée d’appréhension (pas pour tous, entendons-nous …) pour rejoindre le fameux PC Course, autrement dit, le légendaire 4×4 de Bruno, le chef des médecins, qui nous accompagne sur tout le parcours. Une sorte de QG de course qui nous donne l’occasion de nous promener au fil du peloton, et de réagir rapidement en cas d’incidents. En parlant d’incident technique, le gonfleur de l’arche, sous laquelle doit se faire le départ ne fonctionne pas ce matin… On fera sans ! Et puis il reste le pistolet, objet de jubilation de tout respo jour, qui donne le coup d’envoi de la course !
Les concurrents sont partis, et on se demande si les timings seront les bons, si on n’a pas oublié quelque chose, si le temps restera clément, si la marée des concurrents va bien prendre le bon chemin. C’est si vite arrivé, une balise qui se retourne … Mais on est surtout trop excité d’avoir la chance de suivre la course au plus près, d’observer les réactions desconcurrents sur cet itinéraire qui nous est devenus cher à force de le parcourir et de l’étudier sous toutes les coutures, et entre deux appels au téléphone ou au talkie-walkie, on se dit que le tracking GPS des concurrents est une formidable innovation. Tout va vite, on se permet un passage éclair au rafting, à la vague du Rabioux, histoire de voir les concurrents se faire mouiller un peu, toujours entre deux coups de téléphone en provenance d’autorités administratives dont on ne soupçonnait pas l’existence (parce que le Raid c’est aussi la joie de formalités administratives fort instructives). Le premier checkpoint est en vue, c’est le moment de récupérer les vélos, et c’est aussi le moment de nous rendre compte qu’un gargantuesque engin de chantier bloque complètement le chemin que doivent emprunter les premiers concurrents dans à peu près 20 minutes … Il faut croire qu’une bonne étoile veillait car la police passait par là et nous a sauvé la mise. Tout se passe bien, les timings prévisionnels sont dans la bonne fourchette, mais le plus terrible reste à venir, à la station de Réallon, à 1 600 m d’altitude. C’est haut, c’est froid, ça neige, et c’est comme ça qu’on se retrouve avec 20 cm de neige et une visibilité à 10 mètres sur la plus belle portion de l’itinéraire. Les concurrents sont fatigués, mais ils sont impressionnants de ténacité et seuls trois équipes seront obligées de prendre la frustrante porte horaire, synonyme d’un retour au camp en camionnette.
Le 4×4 a bien roulé, les nerfs ont été mis à rude épreuve, le stress retombe et laisse la fatigue s’installer tranquillement. Retour au camp, le staff est souriant malgré l’averse qui s’abat sur nous, on me demande des nouvelles, tout s’est bien passé, les sourires et les soutiens font chaud au coeur. Il ne reste plus que la commission de course, et c’en est fini de jouer au respo jour. J’ai bien envie de m’évanouir de bonheur. »