Marie-Anne Montchamp, Secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Cohésion Sociale, nous précise les avancées qu’elle a mises en oeuvre en matière de handicap et la mobilisation initiée par son action ministérielle.

Marie-Anne Montchamp, Secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Cohésion Sociale

Marie-Anne Montchamp, Secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Cohésion Sociale

14 mois après votre arrivée, êtes-vous satisfaite de l’action menée par le ministère que vous dirigez ?
Pour moi, la question ne se pose pas en ces termes. Sur la politique du handicap, il faut une vigilance constante. Cependant, je dois dire que je suis satisfaite de l’attention portée par le gouvernement à nos compatriotes handicapés, pour qui l’effort de la nation n’a jamais été aussi important, malgré la crise des finances publiques que nous vivons. Les crédits alloués sont en augmentation constante depuis 2005, les moyens de l’Etat sont mobilisés pour que nos compatriotes les plus fragiles ne fassent pas les frais des crises sans précédent que notre pays a traversé. Par exemple, nous sommes très vigilants à ce que l’on ne prenne pas de retard sur le plan pluriannuel de création de places, qui prévoit le financement de 51 450 places, dont 10 000 places en ESAT, pour un total de 1,5 milliards d’euros. Et cela paye, car les objectifs sont bien tenus. La rentrée scolaire 2011, pour les enfants handicapés, s’est bien déroulée grâce à un travail de collaboration étroit avec le ministère de l’Education nationale, pour permettre aux 215 000 enfants handicapés scolarisés à l’école de la république de l’être dans de bonnes conditions. Je suis particulièrement attentive, en cette période où le taux de chômage est élevé, à ce que les 787 000 personnes handicapées qui travaillent puissent le faire dans de bonnes conditions. On le sait, le travail est un vecteur très puissant d’inclusion sociale. C’est pour cela que je mobiliserai dans les semaines à venir les entreprises pour qu’elles s’engagent auprès de ce que l’on appelle le secteur protégé et adapté, secteur qui est en profonde évolution aujourd’hui. L’Etat a d’ailleurs décidé de mettre en place un plan d’aide à l’investissement pour les ESAT, qui représente 12 millions d’euros en trois ans. Ce début d’année 2012 a également été marqué par l’obtention du label de grande cause nationale au collectif autisme, et je m’en réjouis. Le Premier Ministre a d’abord annoncé récemment la création d’un nouveau plan autisme, sur lequel nous travaillons. Vous le voyez, l’Etat est pleinement engagé dans une politique du handicap très volontariste.

 

Quelle a été la mise en oeuvre concrète des décisions prises lors de la Conférence nationale du handicap qui s’est tenue le 8 juin 2011?
Vous le savez, la loi du 11 février 2005, que j’ai eu l’honneur de porter, a fixé un grand rendez-vous tous les trois ans, la conférence nationale du handicap, pour dresser le bilan, engager de nouveaux chantiers et surtout mobiliser l’ensemble de la société. La conférence du 8 juin dernier a permis de mobiliser, autour du Président de la République, les onze ministres concernés par cette politique. Des annonces importantes y ont été faites, et particulièrement en matière d’emploi, de scolarisation et d’accessibilité. Un exemple très concret est l’installation du centre national de relais des appels d’urgence, qui permet aux personnes sourdes de pouvoir contacter les services de secours avec le numéro 114. J’ai eu le plaisir d’inaugurer à l’automne ce centre, situé dans les locaux du CHU de Grenoble. Concernant l’accessibilité à la culture, j’ai signé avec le CSA et les chaînes de télévision une charte d’engagement sur la qualité du sous-titrage. Je peux vous dire qu’en la matière, des progrès énormes ont été faits. Par ailleurs, je vous parlais plus tôt du plan de création de places. Je peux vous dire que j’en vois les applications dans tous mes déplacements en France, quand j’ai l’occasion d’inaugurer des établissements qui en bénéficient pour continuer de développer un accueil de qualité pour des enfants ou des adultes handicapés. La conférence nationale du handicap a également permis de mettre les personnes handicapées au coeur de la politique d’emploi et de formation professionnelle, avec notamment la création de 3 000 postes supplémentaires sur 3 ans dans les entreprises adaptées.

 

Les entreprises prennent-elles suffisamment en compte le problème du handicap dans leur stratégie RH ?
Je dirais que c’est de plus en plus le cas. Aujourd’hui, l’accès au travail pour les personnes handicapées n’est plus une question, ce n’est plus un « luxe » dont on peut se passer. Aujourd’hui, les questions qui se posent sont plus pointus : dans une entreprise, comment manager une équipe quand on est handicapé ? Comment évoluer dans sa carrière ? Ce sont des questions très importantes, mais le fait que l’on en soit là aujourd’hui prouve que l’on a parcouru un long chemin. Il ne faut pas s’arrêter, bien au contraire !

 

Patrick Simon