Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée en charge des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, évoque pour nous trois points importants relatifs aux conséquences du volet handicap prévu dans chaque loi de la République, au financement du handicap et aux efforts faits par étudiants dans la lutte contre le handicap.

Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée en charge des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion

Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée en charge des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion

Quelles sont les retombées du volet handicap prévu dans chaque projet de loi ?
Le Président de la République, alors candidat à l’élection présidentielle, avait pris l’engagement de prévoir un volet handicap dans chaque projet de loi (c’est-à-dire d’origine gouvernementale). Cet engagement a fait l’objet d’une circulaire du Premier Ministre. Cette circulaire a été publiée au Journal Officiel et fixe une nouvelle règle : l’étude d’impact qui accompagne le dépôt d’un projet de loi doit préciser si le texte a un impact sur le handicap et dans quelle mesure il a été pris en compte. La démarche est inédite, elle permet de poser les bases d’une véritable prise en compte transversale du handicap et de l’accessibilité sans nous limiter aux textes législatifs consacrés aux personnes handicapées. Les projets de loi sur les emplois d’avenir et les contrats de génération ont déjà fait l’objet d’un volet handicap, avec par exemple le relèvement de l’âge d’attribution des emplois d’avenir de 25 à 30 ans pour les personnes en situation de handicap. Le comité interministériel du handicap qui se réunit en juin prochain me permettra de rappeler cette règle. Je souhaite en faire la promotion auprès de l’ensemble des acteurs de la société afin qu’ils l’adoptent à leur tour et intègrent le handicap en amont de la conception de leurs projets.

 

Le budget 2013 consacré au handicap vous parait-il suffisant pour mener à bien votre politique ?
En 2013, les crédits alloués aux personnes en situation de handicap dépasseront 20 milliards d’euros : 11,2 milliards d’euros au titre du projet de loi de finances (+6.3 %) et 9 milliards au titre du projet de loi de financement de la sécurité sociale (+3.3 %). Au total, c’est une augmentation de plus d’un milliard d’euros par rapport à 2012. Malgré un contexte financier très contraint et la nécessité de maîtriser les déficits publics, le Gouvernement a fait le choix de la justice et de la solidarité. Ce budget permet d’agir concrètement en faveur de l’accompagnement et de l’intégration des personnes handicapées dans la vie de la Cité. Ainsi, plus de 3 000 places seront installées en 2013 dans le secteur médico-social, ce qui permettra de répondre aux besoins dans des domaines essentiels comme l’autisme, le handicap psychique ou le vieillissement des personnes handicapées. De même, un effort financier très important (8.2 milliards d’euros) sera fait pour l’allocation aux adultes handicapés (AA H) qui assure un revenu d’existence à près d’un million de personnes.

 

Quel message pouvez-vous adresser aux étudiants des grandes écoles et universités ?
Les efforts que nous déployons en matière d’accessibilité n’ont de sens que s’ils permettent aux jeunes handicapés d’aller le plus loin possible dans leurs projets personnels. L’accès à l’enseignement supérieur est un des piliers du parcours que nous devons pouvoir proposer à l’ensemble des jeunes. Je trouve insupportable que des jeunes soient contraints de renoncer à leurs projets d’études du fait de leur handicap.
Des progrès considérables ont été accomplis par les universités et les grandes écoles ces dernières années, nous devons les encourager à aller encore plus loin pour que chaque jeune, quel que soit son handicap, puisse véritablement choisir les études qu’il souhaite poursuivre. Pour cela, nous devons également lutter contre l’autocensure qui frappe de nombreux jeunes et leurs familles.

 

Les chiffres
• En 2013, les crédits alloués aux personnes en situation de handicap dépasseront 20 milliards d’euros : 11,2 milliards d’euros au titre du projet de loi de finances (+6.3 %) et 9 milliards au titre du projet de loi de financement de la sécurité sociale (+3.3 %) soit une augmentation de plus d’un milliard d’euros par rapport à 2012.
• Plus de 3 000 places seront installées en 2013 dans le secteur médico-social
• Un effort financier très important (8.2 milliards d’euros) sera fait pour l’allocation aux adultes handicapés (AA H) qui assure un revenu d’existence à près d’un million de personnes.

 

Patrick Simon