Au tour de l’équipe de France féminine d’essayer de ramener la coupe à la maison ! Le vendredi 9 juin 2019, les Bleues ont gagné 4-0 le match d’ouverture de la Coupe du monde féminine de football face à la Corée du Sud. Droit au but, Michael Tapiro, fondateur et directeur général de Sports Management School, fait la passe au sport féminin, qui ne cesse de marquer des points.

 

Au lancement de la Coupe du monde féminine de football, les Bleues ont brillé sur la pelouse. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter espèrent des millions de Français ! Le vendredi 9 juin 2019, ils étaient près de 10 millions devant leur télévision. L’engouement est palpable. Le Mondial 2019 : un tournant pour le football féminin ? Peu suivi jusqu’ici, il s’impose cette année dans l’empire du ballon rond. Pourquoi ? Éléments de réponses avec Michael Tapiro, sportif, supporter et professeur-directeur de Sports Management School.

Michael Tapiro, fondateur et directeur général de la Sports Management School

Pour Michael Tapiro, fondateur et directeur général de la Sports Management School, le sport féminin est l’avenir du sport.

Un coup d’envoi réussi. Coup de projecteur, coup de pub, coup de cœur… Comment expliquez-vous cette popularité soudaine pour le football féminin jusque-là resté discret ?

Le sport féminin est en effet en plein essor depuis une quinzaine d’années. Du moins en Europe. Quand je faisais mes études aux États-Unis (il y a 25 ans déjà !), les deux meilleures équipes sportives de mon université étaient deux équipes féminines : celle de football et celle de rugby. Sur le continent américain, le soccer est déjà un sport très féminisé. La footballeuse Mia Hamm est une star aux US et dans le monde entier. En France, les buts remarquables de l’équipe féminine de l’Olympique Lyonnais ont en grande partie décanté la situation. Le potentiel des femmes dans le football bouillonne aussi ici ! Il attire enfin l’attention grâce au niveau technique des joueuses et aux sujets de société sur la place des femmes dans le sport. Une meilleure visibilité, plus de fans. Même Macron n’a pas manqué de les encourager lors de son passage au centre d’entraînement des Bleues à Clairefontaine. C’est clair que l’équipe de France a un titre à glaner. En tout cas j’y crois et j’attends avec impatience les prochains matchs !

L’image du foot féminin semble avoir été boostée par les marques sponsors qui ont rendu les joueuses plus bankables ?

Qui dit plus de succès dit plus d’investissements intéressants. Le football féminin est un marché porteur qui se développe de façon exponentielle. Les marques l’ont bien compris et sont de plus en plus nombreuses à s’impliquer et sponsoriser la Coupe du monde féminine de football. Sur un plan business bien évidemment. Mais aussi sur un plan d’image. Si j’étais à la tête d’une entreprise du CAC40, je capitaliserais sur cet évènement pour montrer concrètement mon engagement en faveur de la RSE et de l’égalité homme-femme. Pour autant, les enjeux marketing sont moins importants que dans le football masculin, où prime le nom du joueur. On tombe moins dans la starisation et on mise plus sur le collectif. Et c’est une bonne chose ! On retrouve les valeurs initiales du football : le jeu, la bonne ambiance et l’esprit d’équipe. Sûrement la raison pour laquelle ce Mondial 2019 rassemble femmes, hommes et enfants.

Maillot girly, mascotte coquette, couleur rose prédominante… Un marketing de genre ?

Les stéréotypes voudraient plutôt que les joueuses d’un sport comme le football soient assez masculines. Des « garçons manqués ». Pour le coup, on prend le contrepied avec ces stratégies marketing. Elles sont jolies, coquettes et si les marques en jouent tant mieux. On casse les clichés. Et surtout, on démocratise ce sport auprès des femmes avec des produits comme des crampons ou des t-shirt taillés et personnalisés rien que pour elles. Ce n’est pas une mauvaise chose que de mettre en avant leur féminité comme on mettrait en avant la « virilité » des joueurs dans des publicités pour parfum. Après, tout est une question de dosage.

Et le sport féminin au sein de Sports Management School, ça donne quoi ?

SMS est l’école de tous les sports et de la parité. Quand j’ai fondé l’école en 2010, je mettais déjà un point d’honneur à être entouré de femmes pour m’aider dans cette aventure ! Et j’encouragerai toujours les filles à intégrer nos promotions. On pense souvent à tort que les classes en sport business ressemble à une ambiance de vestiaires de mecs. On essaye de casser cette image. Aujourd’hui, nous atteignons 30 % d’étudiantes, j’en suis fier et j’espère que ça ne fera qu’augmenter. Tout comme j’étais fier que la SMS E-sport Cup, un énorme tournoi de e-sport, soit en grande partie drivé par des étudiantes. Ça me fait plaisir de les voir oser, s’impliquer, innover. Je suis persuadé qu’elles sont l’avenir. Tout comme le sport féminin est l’avenir du sport. A tous les niveaux.

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