Considérant que la formation est investissement pour l’avenir, le financement de l’enseignement supérieur induit un modèle de société, avec au coeur du débat une question : le coût des études doit-il être pris en charge par la collectivité ou par chacun à hauteur du bénéfice qu’il peut espérer tirer de son diplôme sur sa carrière ?

 

Étudier, c’est investir pour l’avenir

 

Stéphane Gregoir

Stéphane Gregoir

Stéphane Grégoir, Directeur du pôle de recherche en économie de l’Edhec a développé un modèle de financement alternatif pour l’enseignement supérieur
« L’accès à l’enseignement supérieur est à plusieurs vitesses selon les origines sociales des parents. Ce problème d’égalité des chances est accentué par notre retard sur les aides aux études. En outre, les dépenses publiques sont polarisées sur certains diplômes. Une façon de traiter ce problème serait un système où l’étudiant bénéficiaire de la formation contribuerait à son coût une fois en activité. Avec un confrère, nous avons analysé les carrières de 750 000 personnes pour établir un modèle. Les informations sur le salaire, la position sur le marché de l’emploi, l’âge, le diplôme, l’ancienneté, nous permettent de décrire en moyenne et en variabilité dans le temps, les évolutions de salaires, les périodes de chômage. Nous ainsi simuler pour les générations à venir les salaires selon les diplômes, et établir un barème de remboursement du coût de leurs études lissé dans le temps et tenant en compte des aléas de la vie professionnelle. Nous pouvons également estimer les remboursements cumulés sur une génération et leur abondement pour le financement des études des générations suivantes. »

 

Kamyou Christian

Kamyou Christian

Christian Kamayou (HEC 2000) a créé le premier courtier en ligne spécialiste du prêt étudiant, www.financetesetudes.com. Sa start-up est hébergée au sein de l’incubateur d’HEC.
«Comme beaucoup d’étudiants, j’ai souscrit un prêt pour mes études, en comparant les offres mais sans négocier. En sortant d’HEC, j’ai travaillé dans la banque où j’ai notamment analysé le marché des jeunes et constaté que les établissements se livrent une guerre féroce pour les conquérir. L’incapacité de nombreux étudiants à mettre en oeuvre leur pouvoir de négociation lors d’achats de services financiers m’a conduit à créer le premier courtier, chargé de négocier les financements pour les étudiants. Ce service mis en ligne en février 2010 est entièrement gratuit et a déjà été utilisé par 1 000 étudiants. J’ai développé un logiciel bancaire d’analyse des dossiers des étudiants mêlant aspects quantitatifs (négociations segmentées par populations d’étudiants) et qualitatifs (tenant compte des futurs revenus potentiels selon les études). La société incubée à HEC, a remporté 5 prix lors de la fête de l’entrepreneur à ESCP Europe. J’ai convaincu des investisseurs et suis en train de nouer des partenariats avec des écoles, universités et associations étudiantes.»

 

L’INSEAD : un programme innovant de prêt international

 

L’INSEAD propose avec Prodigy Finance (société spécialisée dans le financement international des études), un nouveau programme de prêt sans intervention bancaire. La société fournit aux étudiants une place de marché où trouver des prêts (fondés sur leurs revenus potentiels futurs) pour financer leurs diplômes auprès d’investisseurs. L’obligation MBA Prodigy pour l’INSEAD permet à ces derniers de financer un ensemble d’étudiants, et d’obtenir un retour sur leur investissement. Le programme est un point d’orgue du « community education bond » de 50 M€ développé par Prodigy Finance pour financer des étudiants de l’INSEAD au cours des cinq prochaines années. Les premières tranches d’obligations ont été cotées à la bourse irlandaise. L’expérience pilote démarrée en 2007 concerne déjà plus de 350 participants de MBA de l’INSEAD.

 

A. D-F

 

Contacts :
info@financetesetudes.com
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