Pays, région, centre de production, magasin… : chaque groupe a sa propre définition de la business unit. S’il n’y a pas une BU qui ressemble à une autre, elles ont toutefois toutes en commun d’être hétérogènes, autonomes et de jouir d’une liberté de moyens dans l’atteinte de leurs objectifs. Mais qui se cache derrière le dirigeant de ces structures singulières ?

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Un performeur
Son objectif premier est toujours de maximiser le chiffre d’affaire de sa BU. Très axé business, il a, « sans être expert, un socle important de compétences en gestion et en management (analyse financière, conduite du changement, gestion de projets) » précise Xavier Weppe, Responsable du parcours Executive du Master MGBU de l’IAE de Lille. En développeur, il n’a de cesse de faire évoluer sa BU, son marché, ses clients, sans toutefois dépasser son périmètre d’action.

 

Un opérationnel
S’il peut être expert dans un domaine clé (vente, finance, marketing,…), il est extrêmement polyvalent, disponible, agile et empathique. « Ce n’est pas un stratège mais c’est lui qui décline, fait vivre et adapte la stratégie de son Groupe aux réalités de sa BU. Il est doté d’une réelle liberté de moyens pour atteindre ses objectifs. Un bon directeur de Business Unit doit avoir les pieds sur terre et une proximité avec ses équipes ». Une proximité avec le terrain renforcée par les responsabilités administratives ou de site qu’il assure souvent en parallèle.

 

Un ambassadeur
Il remplit ce rôle dans et hors de sa BU en en assurant la visibilité auprès des gros clients mais aussi des partenaires commerciaux et de la DG. « C’est un intermédiaire à double titre : il fait le lien entre ses équipes, sa BU et la Direction Générale, mais aussi entre sa BU et les directions fonctionnelles du Groupe ». La négociation et la persuasion font donc partie de ses principales qualités.

 

Un entrepreneur
Entité économique autonome mais pas indépendante, la BU est une entreprise à échelle réduite. A ce titre, son Directeur s’inscrit dans une logique intrapreneuriale de plus en plus appréciée des entreprises et promue dans les formations spécialisées comme c’est le cas à l’IAE de Lille qui propose à ses étudiants en M2 Management General des BU de travailler sur un mémoire ou un projet de création d’entreprise.

 

Un futur dirigeant
« Le Directeur de BU et le DG ont beaucoup de qualités en commun : commencer dans une BU permet de tester ses aptitudes de top manager sur un périmètre plus réduit et donc moins risqué. Dans certains secteurs comme la grande distribution, c’est même devenu un passage obligé », insiste Xavier Weppe. Diriger une BU est ainsi une étape particulièrement fructueuse pour les profils de cadre commercial ou d’ingénieur prometteurs. C’est un poste accessible après 3 à 5 ans d’expérience même si certains secteurs comme le BTP privilégient souvent des profils plus expérimentés.

 

Ses défis pour demain ?
« Inscrits dans un fort mouvement de décentralisation, les entreprises auront à l’avenir un besoin accru de responsables de BU. Face à un environnement économique de plus en plus mouvant et impacté par les restructurations, un de leurs principaux défis sera la conduite du changement. Ils devront aussi faire preuve d’une grande agilité : dans cet environnement, on ne cherche plus uniquement des managers qui comprennent et appliquent les process mais bien de managers capables de faire preuve d’innovation et de créativité dans la capacité à utiliser intelligemment des ressources locales pour en faire des choses extraordinaires. »

 

CW.