Une formation d’excellence articulée autourde l’ENSAELa formation des administrateurs de l’INSEE est la raison d’être originelle de l’ENSAE, qui bien que largement diversifiée continue d’accueillir tous les ans une vingtaine d’élèves-fonctionnaires, pour la plupart polytechniciens, mais pas uniquement (cf encadré). Ils choisissent librement une des 7 voies de spécialisation offertes par l’école en 3ème année, puis disposent d’un an avant leur premier poste, qui leur permet d’effectuer un stage long ou un master à l’étranger, ce qui est un atout certain dans un monde économico-financier où les références sont internationales et encore souvent anglo-saxonnes.

 

Des carrières variées, ouvertes sur l’international et le secteur privé
Les administrateurs de l’INSEE peuvent aisément être détachés dans des organismes internationaux (FMI, OCDE,…)
ou européens (Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE à 42 ans), et le besoin croissant de régulation devrait encore amplifier cette tendance. Même au sein des administrations françaises, il faut noter qu’un grand nombre des postes au Trésor sont positionnés à l’étranger. L’expertise de l’INSEE est largement reconnue dans le privé et permet aux administrateurs d’évoluer par exemple vers le monde bancaire (Patrick Artus est directeur des études et de la recherche de Natixis).

 

Entretien avec Julien Pouget (X96, ENSAE 2001, MSc Sciences Po), directeur de l’ENSAE :
Lequel de vos postes était à votre avis le plus intéressant, et pourquoi ?
J’ai eu la chance d’occuper des fonctions de diverses natures, allant de la recherche à des postes plus managériaux et opérationnels. Il n’est pas aisé de distinguer celui qui aurait été le plus intéressant ! Le plus intense et dense, en revanche, peut-être : comme Directeur de cabinet du Directeur général de l’Insee de 2008 à 2011, j’ai eu tout à la fois un rôle de conseil stratégique, des activités scientifiques, et des fonctions relationnelles avec les cabinets ministériels, les partenaires institutionnels et aussi avec la presse.

Quel est l’intérêt de la recherche en économie, notamment à l’Insee ?
Parallèlement à sa production statistique, l’Insee réalise des études et des recherches économiques : c’est ce qui fait sa spécificité par rapport à la plupart des instituts statistiques des autres pays. Et c’est une spécificité très précieuse : les activités de recherche viennent en effet souvent inspirer et nourrir les travaux plus statistiques ou plus opérationnels.

Comment voyez-vous le futur de l’ENSAE ?
L’ENSAE ParisTech va rejoindre d’ici quelques années le Plateau de Saclay, dans un nouveau bâtiment. Elle s’investira ainsi dans le projet d’Université Paris-Saclay, en se rapprochant de ses partenaires (Polytechnique, HEC, l’ENS de Cachan, les universités, les autres grandes écoles et les organismes de recherche) pour former un grand pôle d’économie, finance, management et sciences sociales. Elle devrait en constituer le pivot, notamment par la qualité des compétences scientifiques d’analyse quantitative qu’elle réunit.

Quel pourrait être le rôle des administrateurs de l’INSEE dans le contexte de la crise actuelle ?
Les administrateurs de l’Insee, mais aussi, plus largement, les anciens élèves de l’ENSAE ParisTech, ont certainement un rôle particulier à jouer dans la réflexion sur les outils à mettre en place pour assurer un rétablissement économique pérenne. Il s’agira par exemple de disposer, dans les différents organes de contrôles, qu’ils soient internes ou externes, d’hommes et de femmes capables d’analyser les chiffres avec tout le recul et les capacités de jugement nécessaires.

 

Benoît de Laitre

 

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