« Pour moi qui viens du monde public, il est intéressant de retrouver ici cette idée, d’éthique professionnelle au service de l’intérêt général »

 

Hervé Boullanger, IEP Bordeaux 87, Ecole du commissariat de la marine 90, licence en droit 92, ENA 96, secrétaire général du Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts Comptables

Hervé Boullanger, IEP Bordeaux 87, Ecole du commissariat de la marine 90, licence en droit 92, ENA 96, secrétaire général du Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts Comptables

Du commissariat à la marine, où il a débuté, au Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts Comptables, dont il a été nommé secrétaire général en avril 2010, Hervé Boullanger, ENA 96 a nourri sa passion pour l’intérêt général et le développement économique. Il s’explique sur ce métier d’une grande diversité, dynamique.

 

Quels principes ont gouverné votre parcours ?

J’ai toujours été passionné par l’intérêt public et par le développement économique, qui ont été les fils conducteurs de mon parcours. Après le commissariat à la marine, j’ai fait l’ENA pour être un peu plus au coeur de l’activité économique. Que ce soit au ministère des Finances, à la Cour des Comptes, en cabinet ministériel, puis à Bruxelles en qualité de diplomate, j’ai toujours été passionné par l’instauration des règles du jeu au niveau national ou européen, qui permettent aux acteurs économiques de jouer leur rôle dans un cadre juridique équitable. En avril 2010, j’ai été nommé secrétaire général du Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts- Comptables.

Pouvez-vous vous expliquer sur la vocation de cet organisme ?

Cet organisme privé, chargé d’une mission de service public, a vocation à représenter l’Ordre des Experts Comptables. Il se compose de 66 élus experts comptables, bénévoles, et de 130 salariés permanents que je dirige dans le cadre des directives que me fixe le président. Je suis chargé de la préparation et de l’exécution des décisions des 66 élus. A ce titre, je soumets des propositions d’actions, j’interviens dans les différentes instances délibératives, avec voix consultative, je coordonne la préparation des projets de budget, des comptes annuels, et de notre congrès annuel de la profession auquel participent 4 000 experts comptables, je suis gérant des nos deux revues mensuelles et de la société d’édition qui publie une dizaine d’ouvrages par an. Nos activités sont de deux types, nous avons d’une part des missions régaliennes : contrôle du respect de la déontologie, gestion du tableau des experts-comptables, de formation professionnelle et d’autre part des activités de vente de produits et de services que nous proposons en concurrence avec le marché : édition, hot line juridique, congrès, revues mensuelles, portail de télédéclaration « jedeclare.com ».

Quelle perception avezvous du rôle de secrétaire général ? Quel en est l’intérêt principal ? Quelles qualités requiert-il ?

J’ai avant tout un rôle d’animation et de management d’une équipe de 130 personnes que je dois coordonner et organiser. Hormis mon rôle de patron opérationnel, j’ai un rôle d’accompagnement de la mission dévolue aux élus de représentation, de porte parole, de lobbying de la profession, à l’égard de la sphère publique et professionnelle, au niveau national et international. J’ai également un rôle de conduite des projets décidés par les élus, au profit des 19 000 experts-comptables, comme l’organisation annuelle du congrès, les grands projets numériques et de télé-déclarations et le développement des nouveaux marchés, comme celui des particuliers. Ce qui rend ce métier passionnant, c’est sa grande diversité, le métier d’expert comptable est au coeur de l’économie, avec près de 2 millions d’entreprises qui ont un expert comptable. L’expertise-comptable est un métier dynamique, où les professionnels, généralement amoureux de leur métier, se caractérisent par une très grande droiture, une déontologie forte, ce qui rend la profession attachante. Pour moi qui viens du monde public, il est intéressant de retrouver ici cette idée d’éthique professionnelle au service de l’intérêt général. Les qualités qui me sont demandés dans ce métier de secrétaire général sont, outre le management, l’écoute, la capacité à prendre des décisions. Il faut aussi un grand sens du dialogue, du compromis et de la conciliation et un certain sens de la diplomatie. Ma fonction requiert également un niveau d’expertise assez élevé car les pouvoirs publics, qui font souvent appel à nous pour avis, attendent de nous que nous soyonsles meilleurs connaisseurs de la mise en oeuvre par les entreprises des dispositions légales en matière sociale et fiscale.

Quels types de profils recrutez-vous ?

Essentiellement des experts comptables et des juristes, jeunes diplômés ou personnes expérimentées. Nous essayons d’avoir une vraie diversité et privilégions les qualités rédactionnelles, la capacité à comprendre les enjeux de politique professionnelle et de management, et l’expertise technique. Les jeunes que nous recrutons, comme partout aujourd’hui, devront posséder un métier, une vraie compétence pour répondre à un besoin d’un marché tout en étant capables de prendre de la hauteur de vue et d’évoluer dans le temps.

 

AM

 

Contact : hboullanger@cs.experts-comptables.org