Les échanges académiques des 6 écoles avec le Brésil

 

Si l’on évoque beaucoup le développement du Brésil, il reste une destination rare pour les étudiants des grandes écoles, encore choisie par des passionnés ou connaisseurs du pays. Mais l’engouement ne saurait tarder

Élisabeth Crépon, Directeur des relations extérieures de l’École Polytechnique
L’X a noué des relations au Brésil dès 2000. « Elles sont stratégiques avec un pays émergent, notamment dans les domaines de l’énergie, des transports, de l’agroalimentaire. » L’X reçoit une quinzaine d’étudiants brésiliens en cycle ingénieur, un ou deux Français part en stage de recherche. Partenaires : École Polytechnique de l’Université de São Paulo, Université fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ), Université de Campinas (Unicamp). « Nous avons noué des alliances avec l’Institut technique aéronautique et l’Institut militaire d’ingénierie. Nous collaborons surtout en mathématiques et physique. Nous avons d’ailleurs un programme avec l’Institut de mathématiques de Rio (IMPA), et sommes associés à un prix de l’Institut de physique théorique de São Paulo pour de jeunes talents. » Ces collaborations s’inscrivent plus largement dans le cadre de ParisTech. « Le gouvernement brésilien a lancé un programme Sciences sans frontière et offrira sur 5 ans plus de 75 000 bourses pour des séjours d’études à l’étranger. C’est une belle opportunité pour nos écoles. »

 

Alain Chevalier, DGA de ES CP Europe
« Outre les échanges, nos alliances ont pour objectif fondamental de monter un double diplôme et d’établir des relations professorales, un accord devant être incarné dans les équipes. Nous ciblons des établissements accrédités. Ce n’est pas encore le cas au Brésil, mais le pays évolue très vite et nous investissons sur des institutions qui ont vocation à l’être. » Partenaire : Fundação Getulio Vargas (EBAPE Rio et EAESP São Paulo) avec accord d’échanges, double diplôme, study trip (Executive MBA), échanges de professeurs, recherches communes. « Nos étudiants (6 issus de chaque pays) passent un semestre en M2, et nous allons très vite lancer le double diplôme. La destination commence à intéresser les jeunes et les institutions brésiliennes se renforcent. Nos accords sont donc très prometteurs. Les étudiants Brésiliens sont surtout intéressés par le thème « doing business in Europe ». La FGV a une expertise intéressante en management des projets internationaux. 5 de nos élèves ont réalisé des stages longs au Brésil cette année. »

 

Jean-Paul Larçon, doyen associé au développement international d’HEC Paris

Jean-Paul Larçon

Jean-Paul Larçon

« Le Brésil est le seul pays au monde où les entreprises européennes rémunèrent plus un manager local qu’un expatrié. La pénurie de talents ouvre un champ d’opportunité unique. Les entreprises y investissent largement, le pays vit une période très excitante. C’est donc le moment de le cibler pour HEC et pour ses étudiants. » Partenaire : Fundação Getulio Vargas (EBAPE Rio et EAESP São Paulo) avec 3 double diplômes (grande école, MBA et en développement durable). « Nos terrains d’entente sont nombreux car le Brésil est un pays ouvert et friand de vivacité intellectuelle. Nos diplômés qui vivent au Brésil sont le plus souvent à Rio ou à São Paulo. HEC se doit donc d’être familier de ces environnements. La sensibilité de nos élèves pour le pays est récente. Nous l’avons encouragée en créant il y a 3 ans un cours de portugais. Et la motivation est là, ils ont compris son dynamisme et son attractivité. Le nombre d’étudiants brésiliens venant à HEC est lui aussi croissant, en échange comme en double diplôme. »

 

Christopher Cripps, directeur des relations internationales de l’ECP
« C’est une chance de pouvoir faire partie des pionniers. C’est aujourd’hui possible avec le Brésil ! » « Notre ambition est d’être là où l’avenir se fait, où sont d’excellents étudiants. » L’ECP reçoit une quinzaine de Brésiliens en double diplôme et 5 en échange, attirés par son expertise en énergie, eau et santé. « Nous entendons augmenter ces flux en doctorat et grâce au programme de bourses du gouvernement brésilien. Nous menons campagne depuis 3 ans pour faire connaître le potentiel du pays à nos étudiants. Nous emmenons chaque année une vingtaine d’élèves de 1ère année des Écoles Centrale en voyage et ils sont nombreux à revenir passionnés. Une quarantaine part depuis en double diplôme, échange ou stage long. » Partenaires : Pontifícia Universidade Católica do Rio de Janeiro, Universidade Estadual de Campinas (UNICAMP), Universidade Federal do Rio Grande do Sul, Universidade Federal do Rio de Janeiro, Universidade de São Paulo – Escola Politécnica, Universidade Federal do Ceará. En 2012, l’ECP fête les 10 ans du programme 5 (Écoles Centrale) + 6 (universités brésiliennes) avec un colloque à São Paulo « et un forum emploi avec tous les jeunes formés dans ce programme. »

 

Françoise Rey, DGA de l’ESSEC

Françoise Rey

Françoise Rey

L’ESSEC entretient des relations depuis 1983 avec des universités du pays. « Ces partenariats donnent lieu à des échanges d’étudiants, des visiting professors, des collaborations de recherche. Nous enseignons le portugais à l’ESSEC, avec une ouverture sur la compréhension du pays dans toutes ses dimensions. » Les étudiants brésiliens viennent chercher une expertise en marketing, luxe ou finance à l’ESSEC. Les Français veulent plutôt s’ouvrir à une économie en croissance en y étudiant. « Ils sont aussi intéressés par le développement durable et la RSE dont certains de nos partenaires ont fait une spécialité. Ils partent en 3e année et choisissent leurs cours en fonction de leur projet professionnel. Nous avons 17 % d’élèves en échange en Amérique du Sud et leur intérêt est croissant pour cette zone. » Partenaires de la grande école : Fundação Getulio Vargas (EBAPE Rio et EAESP São Paulo), Coppead UFRJ (Rio), PUC (Rio), USP (São Paulo).

 

Sciences Po est partenaire de l’Escola de Administração de Empresas de São Paulo de la Fundação Getulio Vargas (FGV-EAESP).
Les élèves ont la possibilité de préparer un double diplôme : le master en relations internationales, management et commerce international de la FGV et le diplôme de Sciences Po. Autres partenaires : Pontificia Universidade Catolica de Rio de Janeiro, Pontificia Universidade Catolica de São Paulo, Universidade Mackenzie, Universidade Federal da Bahia (UFBA), Universidade Federal Pernambuco (UFPE), Universidade Nacional de Brasilia, Universidade de São Paulo ; et la Pontificia Universidade Católica de São Paulo pour le Campus euro-latino-américain de Sciences Po à Poitiers.

 

Vincent Cotte, élève à ESCP Europe, a fait un échange de 7 mois à la Fundação Getulio Vargas à Rio
« Après des voyages au Brésil, j’ai souhaité y étudier dans une institution reconnue. J’ai suivi des cours en administration et politique publiques complémentaires de ceux sur l’entreprise à ESCP Europe, et appris le portugais. » Vincent a d’abord logé chez des amis puis vécu en colocation. « Se loger est très cher à Rio, comme globalement la vie. Vivre en colocation à Copacabana coute 650 € par mois, une chambre 300 €. » Le conseil de Vincent : apprendre le portugais, « c’est un avantage indéniable. Venir en VIE ou en échange académique pour partir dans les meilleures conditions. »

 

Augusto Da Silva Urbano, étudiant brésilien en échange à l’ESSEC
« J’ai connu l’ESSEC en me renseignant sur les partenaires français de mon établissement,  la Fundação Getulio Vargas. Je souhaite débuter comme chef de produit, j’ai donc choisi d’intégrer la Chaire en marketing des produits de grande consommation. Étudier à l’ESSEC me permet de me forger un profil international, rencontrer des gens très intéressants, vivre dans un lieu agréable et étudier avec plaisir ! Car notre accueil est très bien organisé. »

 

Florian Cleyet-Merle, élève à l’ESSE C, a fait un échange à São Paulo à la Fundação Getulio Vargas
« Je conseillerais de bien choisir son université et de se limiter aux meilleures, de se renseigner sur les procédures administratives et dans l’idéal de se faire aider par un lusophone. L’association My Little Brasil peut vous donner de bons conseils. Le Brésil est un pays passionnant et très attractif, sûrement le pays émergent qui maximise le couple potentiel/facilité d’accès. J’ai suivi le programme de management international (MIM-MPGI) de la FGV. Outre une formation sur les économies émergentes, j’ai pu ajouter à mon CV le nom d’une institution très reconnue et apprendre le portugais. Une stratégie payante puisque j’ai reçu une offre d’un cabinet de conseil en stratégie pour leur bureau de São Paulo. Les étudiants internationaux sont très bien accueillis à la FGV. L’ambiance est celle de tout campus international. Mais dès que vous sortez de cette bulle, vous réalisez que vous vous trouvez dans un pays où seul 1/3 de la population a une maîtrise parfaite de la communication écrite, où le taux d’alphabétisation n’atteint pas 90 % et où la productivité est très loin des standards européens. »

 

A. D-F