Le BNEI s’interroge sur l’annonce par un petit nombre d’universités de la création du réseau Figure (Formation à l’Ingénierie par les Universités de Recherche) visant à « développer un modèle complémentaire de formation aux métiers de l’ingénieur ».
Ces quelques universités ont décidé de reprendre les points principaux du rapport AERES sur une labellisation « masters en ingénierie », pourtant dénoncé par l’ensemble des acteurs institutionnels. La ministre avait notamment clôt la controverse en déclarant qu’elle ne « voyait pas l’opportunité de créer un nouveau label risquant de déstabiliser un système qui fonctionne ».

Nous ne voyons pas en quoi cette formation est «complémentaire» aux formations existantes, puisqu’il existe déjà une formation universitaire d’ingénieur, reconnue par la CTI, dispensée par les écoles internes à une université.
C’est un véritable manque de considération des élèves-ingénieurs de ces formations de ne pas les prendre en compte, alors que la quasi-totalité des universités ayant une composante scientifique possèdent ou sont actuellement engagées dans une création de formation d’ingénieur interne à l’université, accrédité par la CTI.

Plus grave, la mise en place d’un système parallèle aux écoles internes, favorisant l’émergence d’une concurrence au sein d’un même établissement, va dans le sens de la création d’un système à deux niveaux, où ce seront ainsi les étudiants les mieux informés qui sauront où se diriger. Comment favoriser la diversification des profils si seuls ceux bénéficiant d’un environnement social connaissant toutes les subtilités de l’enseignement supérieur et leur crédit sur le marché de l’emploi peuvent s’en sortir ? Mettre en place des formations aboutissant à des diplômes différents mais jouant sur une sémantique proche ne contribue pas à cette visibilité auprès des étudiants. Nous dénonçons ainsi le jeu dangereux des universités signataires de cette charte, nuisant à la visibilité externe des formations, et, ce qui est plus grave encore, à leur compréhension par les étudiants.
Ainsi, plutôt que de chercher à recopier un système sous un autre nom, introduisant une confusion supplémentaire dans l’orientation des étudiants, il serait par exemple préférable de poursuivre la dynamique actuelle, favorisant l’appui des universités sur leurs écoles internes plutôt que leur mise à l’écart.

Guillaume PERRIN, Président du BNEI