Elle n’arrête pas d’agir et de parler, de dénoncer, d’exiger et de négocier car depuis qu’elle en a pris la tête, l’économie française ne connaît pas de répit, ni de forte croissance… mais ce n’est pas la faute de Laurence Parisot qui l’accompagne tant bien que mal dans cet univers chaotique.

Si ce n’est pas la Bérézina, ça y ressemble…
Elle a d’ailleurs affirmé très précisément au Figaro  « Nous savons tous que la situation économique est gravissime. Nous sommes passés d’un avis de tempête à un avis d’ouragan. Certains patrons sont en état de quasi-panique. D’un côté, le rythme des faillites s’est accéléré durant l’été et aucun secteur d’activité n’affiche de prévisions autres que pessimistes jusqu’à la fin de l’année. Et par ailleurs, nous assistons à une défiance généralisée des investisseurs, résidents comme non-résidents. Lorsque, pour investir, ils ont le choix entre plusieurs pays, les grands investisseurs étrangers excluent maintenant la France d’emblée. Dans ce contexte qui devient réellement dramatique, chacun doit prendre la mesure de l’urgence des décisions. »

 

Se serrer les coudes en évitant les débordements idéologiques
Il faut donc mobiliser les énergies en commençant par ne pas décourager les entrepreneurs et par suite l’entrepreneuriat. Sur ce point, elle s’en prend indirectement à la pensée politique au Gouvernement en affirmant sur Europe1 Invitée de Bruce Toussaint, le vendredi 21 décembre « Est-ce qu’on est bien conscients du fait qu’aujourd’hui nous passons notre temps, dans les médias, dans les commentaires, à désigner des boucs émissaires, et au fond à faire exactement le contraire de ce que François Hollande avait dit qu’il ferait ? Il a toujours dit dans sa campagne électorale et dès son élection (…) qu’il fallait pacifier le pays, qu’il fallait réduire les antagonismes. » De fait elle renchérit sur BFMTV et RMC : « Peut-on encore être vraiment entrepreneur aujourd’hui en France ? C’est plus difficile en France que dans les autres pays européens, sans parler des Etats-Unis ou de l’Asie. »

 

Pour une fiscalité de combat et non pas de gaspillage
La fiscalité constitue un de ces terrains de prédilection. Invitée de l’émission BFM Politique avec Le Point et RMC dimanche 16 décembre, elle note que « la fiscalité en France est dissuasive et que les entreprises qui ne se créent pas aujourd’hui vont nous manquer dans cinq ans. » De fait, cette folie fiscale « répond à une autre folie qui est la folie de la dépense, une folie de la dette. Il me semblerait beaucoup plus sain que nous ayons un débat apaisé mais constructif pour savoir comment éviter cette augmentation générale des impôts sur les entreprises et sur les personnes. » C’est pourquoi elle demande la mise en place d’un débat pour « éviter cette augmentation générale des impôts sur les entreprises et sur les personnes. »

 

Le volet social, ça coince !
Elle plaide pour que la France repousse au moins à 63 ans l’âge minimum de départ en retraite afin de financer les pensions. « Nous disions déjà en 2010 qu’il faudrait au moins 63 ans, et je le redis aujourd’hui. Il faudra à nouveau repousser l’âge légal de départ à la retraite, allonger la durée de cotisations ». Certes, les Français meurent plus tard, mais combien sont-ils sans emploi ou avec un statut précaire ? Repousser l’âge de la retraite dans une économie de plein emploi a un sens, sinon cela ne change rien à la donne, sauf à faire le calcul mesquin qu’un retraité coûte moins cher qu’un jeune au chômage qui vit chez ses parents ou tente de s’en sortir avec des stages peu rémunérés ou des contrats précaires peu payés. Elle est également d’avis de baisser les salaires et de réduire la durée du travail (chômage partiel) en cas de difficultés, mais « en échange on maintient les effectifs. »

 

Un bon point pour le gouvernement
Interrogée par Europe 1 sur la mise en place du crédit d’impôts de 20 milliards d’euros susceptible de créer des postes, elle répond : « Je ne le crois pas dans un premier temps, ce que j’espère, c’est que ça va freiner la destruction d’emplois, ce qui serait déjà beaucoup. » Car elle considère qu’il existe une « peur de l’embauche chez les patrons de TPE et de PME qui est très grande. »

 

Appel en faveur des entreprises et des entrepreneurs !
Elle demande aux pouvoirs publics « d’orienter la politique économique de notre pays pour favoriser la compétitivité », ce que tente de faire le Gouvernement, et considère « qu’il faut aussi avoir un discours général qui renforce l’attractivité de notre pays, celle-ci étant très abîmée aujourd’hui compte tenu du discours, des propos, qui sont tenus par certains responsables politiques, compte tenu aussi des choix fiscaux qui sont faits par le gouvernement. »

 

Pour ou contre les nationalisations temporaires ?
« Quand Arnaud Montebourg à la Une du Monde dit que les nationalisations temporaires sont l’avenir de la politique économique de la France, c’est évidemment tout à fait effrayant pour n’importe quel investisseur. »

 

Patrick Simon