La Bourse de Londres

Bien que le niveau d’embauche n’ait pas retrouvé son niveau pré-crise, la City de Londres, 1ère place financière européenne, attire largement les jeunes diplômés issus des grandes écoles françaises qui souhaitent pratiquer les métiers de la finance. C’est pourquoi, Finance Grandes Ecoles s’est plongé au coeur de la City et y a rencontré ses jeunes acteurs français afin de comprendre les fondements de ce succès légendaire.

Un vivier d’opportunités diverses et variées

Un grand nombre de banques, d’assurances et de fonds d’investissements internationaux exercent leurs activités à Londres, offrant aux jeunes diplômés un volume important d’opportunités dans l’ensemble des fonctions financières. La finance de marché des banques européennes et mondiales (anglo-saxonnes, françaises, allemandes, suisses, etc.) se concentre à Londres ainsi qu’une grande part de leurs activités de finance d’entreprise. Aussi, 70 % des fonds d’investissements mondiaux sont implantés à Londres.

« La plaque tournante de la sphère financière »

Travailler à la City, c’est aussi être au coeur de l’actualité financière. « Tout se passe à Londres, on voit tous les dossiers même ceux de Paris, ce qui réciproquement n’est pas le cas, il s’agit d’une réelle plaque tournante », précise Frédéric. Ce statut de première place financière européenne accorde à la City un caractère particulièrement prestigieux, qui séduit les jeunes diplômés et représente un atout de 1ère classe pour leur future carrière. « Avoir la City sur son CV change beaucoup de choses, cela représente un réel tremplin », remarque Jérôme. En effet, cela permet aux jeunes actifs de développer une compréhension globale et générale du monde financier et d’acquérir de solides bases qui seront très appréciées par leurs futurs recruteurs.

Le célèbre « Gherkin » (cornichon) dominant la City londonienne

Le mythe des carrières et des rémunérations

La concentration des activités et la multiplicité des organisations optimisent les perspectives d’évolution et de carrière. La visibilité dont bénéficient les jeunes actifs sur la plateforme financière et le réseau professionnel dense qu’ils ont tissé sur place facilitent assurément la mobilité vers d’autres institutions ou d’autres fonctions. En revanche, le mythe d’une rémunération plus généreuse s’effondre progressivement. Un effort d’harmonisation et d’alignement des rémunérations a été engagé depuis quelques années par les grandes institutions internationales, cependant un écart en faveur de la City demeure. En effet, cette différence se justifie par une intense concurrence entre les banques qui cherchent à attirer et à retenir leurs talents et par une faible sécurité de l’emploi. Cet écart correspond donc à une prime de risque pour l’employé et au prix de la flexibilité pour l’entreprise. Toutefois, à partir de 5 à 6 années d’expérience, les bonus ont la réputation d’être plus élevés à Londres.

Un processus de recrutement et des « Graduate Programs » alléchants

Les banques londoniennes ont développé une politique de pré-recrutement unique, apte à capter les jeunes diplômés à leur sortie d’école. En effet, le stage court de pré-embauche (3 mois) au terme duquel on peut se voir offrir une offre d’emploi à un an attire beaucoup d’étudiants, qui de surcroît sont alléchés par des gratifications de stage équivalentes aux salaires des juniors (environ 700 à 800 livres bruts / semaine). «Dès que tu as mis un pied dans une banque de la City, il est difficile d’en sortir. Tout est pensé pour que tu y restes» explique Haroun.

La plupart des jeunes diplômés sont également conquis par les « Graduate Programs » proposés à Londres. Il s’agit de programmes de plusieurs mois débutant par une période de formation et de « teambuiling » de plusieurs semaines. C’est le moyen de tisser d’emblée un réseau au sein du groupe bancaire et d’être également entrainés et formés aux examens des certifications exigées par les autorités financières britanniques.  Malgré une plus grande flexibilité de l’emploi, les institutions londoniennes prennent paradoxalement grand soin de leurs jeunes talents, qu’elles considèrent comme de l’actif à part entière.

Une culture anglo-saxonne séduisante

Elément aussi fondateur de sa légendaire attractivité, la City a développé une culture qui lui est propre. Les financiers y apprécient la diversité et l’excellence de leurs collaborateurs et des différents participants. En effet, les institutions financières de la City recrutent des candidats du monde entier, rendant leurs organisations profondément internationales et diversifiées. « Il y a là l’excellence de la terre entière », évoque Haroun. L’ambiance générale de travail semble aussi plus détendue et plus agréable et les règles plus flexibles. «Finalement bosser dans la finance est presque banal ici, on ressent moins d’arrogance qu’à Paris, chacun n’est que le énième petit ouvrier de la finance» explique Jérôme.

Sexy London

Londres est une ville qui séduit les jeunes adultes pour sa vie nocturne trépidante etson ambiance décalée alors que la vie parisienne leur paraît plus « posée ». Et ce n’est pas les quelques inconvénients comme la cherté du logement et du transport, le sentiment d’éloignement par rapport à la famille et les amis ou l’absence de pause déjeuner à la « française » qui rendront les autres places financières européennes plus « sexy », plus élégantes et plus raffinées que Londres.

Jérôme Sterckx, 25 ans, ESSEC, (Promotion 2010) : « La vive compétition nous invite à nous battre un peu plus, en cela, la City est une très bonne école » Jérôme poursuit un « Graduate Program » en Equity Research (Recherche Actions) depuis six mois dans une grande banque d’investissement. Il apprécie particulièrement la culture d’entreprise anglo-saxonne et compte sur cette première expérience pour booster sa carrière avant de se diriger vers New York ou les places financières asiatiques.

Haroun El Mdaghri, 22 ans, ESCP Europe (Promotion 2011) : « Il y a des hasards, des opportunités, et on se retrouve dans la fourmilière. Ce n’est pas toujours un choix» Au terme d’un stage en fusion-acquisition dans une grande banque d’investissement de Londres, Haroun refuse le poste qui lui est proposé. Il effectue aujourd’hui un stage dans un grand groupe de l’économie sociale et solidaire.

Frédéric Méreau, 26 ans, Paris Tech (Promotion 2007) : « Il ne faut pas hésiter à tenter sa chance, j’en suis un parfait exemple, avec aucune expérience à l’étranger, j’ai été directement recruté en CDI » Les places dans les fonds d’investissement parisiens étant peu nombreuses, Frédéric a atterri à Londres un peu par hasard, où il travaille maintenant depuis 4 ans en tant qu’analyste crédit dans un fond d’investissement. Son expérience de la City ne lui a apporté que de bonnes surprises et il envisage d’y rester encore quelques années.

 

AB