Alors que les pionnières ont développé des cursus en apprentissage il y a 20 ans déjà en démontrant les atouts, le dispositif se déploie progressivement dans les formations les plus qualifiées. Retour d’expérience avec Florence Podevin, responsable de formation à Grenoble INP – Phelma et Michel Gordin, directeur du CFA de l’ESSEC Business School.

 

Grenoble INP et l’ESSEC font partie des pionniers de l’apprentissage, une décision qui fut décriée à l’époque, mais que ne regrette pas Michel Gordin : « l’apprentissage permet une synergie entre le monde professionnel et le monde académique. Il nous aide dans notre mission d’accompagnement des étudiants depuis vingt ans. »

 

Se projeter dans la vie active

L’avantage premier de l’apprentissage est de former les étudiants, tout en leur permettant de développer leur expérience professionnelle. « Un étudiant a besoin de trois compétences pour exercer un métier : des compétences académiques, des compétences de savoir-faire et des compétences de savoir-être et de compréhension des codes de l’entreprise. L’apprentissage permet de les développer », explique Michel Gordin.
Ce dispositif est de plus en plus plébiscité par les élèves, comme le souligne Florence Podevin : « ce qui intéresse les étudiants, c’est de se projeter très vite dans la vie active. Cela leur permet d’appréhender les études avec plus d’attention et de concentration. De plus, ce dispositif leur offre une certaine maturité. À l’embauche, les ingénieurs qui ont fait un apprentissage ont un meilleur salaire. »

 

L’apprentissage : voie d’excellence

À INP-Phelma, la sélection est très pointue, afin de recruter les meilleurs étudiants. La responsable de la formation Électronique, Micro-électronique et Télécom explique : « nous avons des critères de sélection assez sévères. Nous ne recrutons que des étudiants qui présentent une réelle motivation, car nous proposons des petites formations avec une spécialisation en circuits intégrés qui est rare en France. »
À l’ESSEC, on se félicite de proposer l’apprentissage. « Deux tiers de nos étudiants en Programme Grande École se voient proposés un contrat de travail par l’entreprise ou ils ont effectué un apprentissage à l’issue de celui-ci. Ce dispositif fait le lien entre les formations et le monde professionnel et est un accélérateur d’entrée dans la vie active », commente Michel Gordin.
Aujourd’hui, l’apprentissage se dessine donc comme une voie royale pour ceux qui souhaitent acquérir de l’expérience dans leur champ professionnel en parallèle de leurs études.

 

 

Pauline Dransart, étudiante d’AgroParisTech en cursus en apprentissage : « Etudier en apprentissage permet d’être confronté concrètement à ce que l’on apprend à l’école »

Étudiante en 3e année en industrie alimentaire et technologie des aliments, Pauline est en apprentissage chez Renault en caractérisation sensorielle des corps présents à l’intérieur des véhicules et travaille sur la sensation du toucher du cuir. Rencontre 

Pourquoi avoir choisi ce cursus ? Pour trois raisons. Tout d’abord, l’apprentissage permet une transition plus douce entre la vie étudiante et le monde professionnel. Ensuite, cela me permettait d’être autonome financièrement puisque je suis rémunérée. Enfin, j’acquiers une expérience professionnelle importante.

Quels sont ses avantages ? Les apprentis sont inclus dans l’entreprise, ils sont considérés comme des membres de l’équipe. L’avis de l’apprenti est pris en compte. L’apprentissage permet de comprendre l’entreprise, son fonctionnement, c’est une plus-value sur le marché du travail. Cette formation permet à l’étudiant d’être confronté à ce qu’il apprend. Car apprendre ce n’est pas qu’avoir des bonnes notes, c’est aussi savoir ne pas faire d’erreurs une fois en entreprise. De plus, l’apprentissage permet de rendre certains cours très théoriques, de les rendre plus concrets.

Ndlr : AgroParisTech fait aussi partie des pionnières de l’apprentissage parmi les grandes écoles