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Proposée par de nombreuses écoles d’ingénieurs entre la deuxième et la troisième année d’étude supérieure, l’année de césure donne l’opportunité aux étudiants de professionnaliser leur cursus. Une expérience enrichissante pour les futurs diplômés.

Fréquemment proposée par les écoles d’ingénieurs, l’année de césure permet aux étudiants de s’engager dans la vie professionnelle par le biais de stages en entreprise et d’appréhender le monde du travail avant de terminer leur cursus. Si l’appellation et le contenu de cette année diffèrent d’un établissement à l’autre, la plupart des écoles d’ingénieurs veillent à la qualité du projet de l’étudiant et au sérieux de l’offre de stage qui lui est proposé. Du reste, le décret du 25 janvier 2010 impose désormais aux établissements la mise en place d’un contrat pédagogique, en annexe à la convention de stage, qui permet de contrôler les compétences acquises pendant cette année et sa cohérence par rapport au cursus suivi par l’étudiant.

Conforter son projet professionnel
L’École des Ponts ParisTech a été pionnière à proposer à ses étudiants de s’immerger dans le monde de l’entreprise avant de poursuivre leur troisième année. « Depuis 30 ans, les élèves ont le choix entre un stage de deux mois (juillet et août) ou un stage long de 11 mois, indique Valérie Joly, Responsable des stages sur la formation d’ingénieur à l’École des Ponts ParisTech. Chaque année, 150 élèves sur 200 choisissent le stage long. Nous encourageons les étudiants à rester dans la même entreprise et à ne pas scinder en deux leur stage.
L’objectif : conforter leur projet et avoir des responsabilités croissantes en tant qu’ingénieur débutant. 25 % des stages se déroulent à l’étranger (Europe, États- Unis, Asie…). » Pour Valérie Joly, cette expérience permet aux jeunes ingénieurs de tester un métier afin de conforter ou de réorienter leur projet professionnel.

« Cela donne une valeur ajoutée à leur recherche du projet de fin d’étude et de leur premier emploi. » À Supélec, 10 % des élèves profitent de cette opportunité, soit 43 élèves en 2010. Selon une enquête du Bureau national des élèves ingénieurs (BNEI) datée de 2008, 77 % des étudiants tirent un bilan positif de leur année de césure. « Environ 20 % de nos étudiants partent en année de césure, assure Lucie Prouvost, Responsable de la communication de l’Ecole Centrale Lille. La plupart ont un projet professionnel précis. Certains cumulent deux expériences en entreprises. Un petit nombre d’élèves nous proposent un projet dans l’humanitaire. Nous analysons avec soin toutes les demandes car on n’improvise pas son année de césure. »

Une acquisition de savoir-faire
Une conviction partagée par Claudine de Vaux Bidon, attachée de direction à l’ESME Sudria et responsable du groupe « Stage » à la Conférence des Grandes Ecoles. « Nous avons beaucoup de demandes, mais nous étudions chaque dossier au cas par cas. La motivation de l’étudiant est essentielle, tout comme la cohérence avec son projet professionnel et l’adéquation avec sa formation. Chaque année, depuis plus de 20 ans, quelques élèves (6 sur 180 en 2010) partent en année de césure qui reste une véritable acquisition de savoir-faire et de savoir-être. »
Pour beaucoup d’étudiants, cette année de stage est un atout supplémentaire pour intégrer le marché du travail une fois leur cursus scolaire terminé. Initiés au monde de l’entreprise et à ses codes, ils sont en effet plus rapidement opérationnels sur leur premier poste. « À la sortie de l’école, le jeune diplômé ayant effectué son année de césure est propulsé dans le monde du travail avec un réel avantage financier, assure Claudine de Vaux Bidon.
En mettant en avant cette expérience professionnalisante, il est embauché sur des postes plus intéressants et à un niveau de rémunération un peu plus élevé que les autres étudiants. » À en croire les témoignages qui fleurissent sur le Web, les étudiants plébiscitent l’année de césure et insistent sur leur capacité à poursuivre leurs études avec un oeil aguerri.

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