Télécom Lille, dès sa création en 1990, s’est délibérément tournée vers la formation à distance, mixant formation en face à face, classe virtuelle via Internet, formation en entreprise, e-learning sur le poste de travail depuis une plate-forme, classe inversée, accompagnement. Mooc ou Spoc (Small Private Open Course) complètent les ressources propres que l’école a développées. – Par Véronique Misery, Responsable du pôle digital learning de Télécom Lille pendant 17 ans, aujourd’hui en charge de la mise en place de la gouvernance de l’information

 

 

DU BLENDED LEARNING POUR LES ETUDIANTS DE TELECOM LILLE DEPUIS 22 ANS

Nos étudiants peuvent ainsi apprendre sur leur lieu de travail, au moment où ils sont disponibles (et non à un moment imposé par la structure), à leur rythme, tout en ayant leur rendez-vous temps réel avec l’enseignant pour faire le point de leur apprentissage. Ce sont plus de 500 ingénieurs, apprentis et salariés d’entreprise dans le cadre de la formation tout au long de la vie, qui ont ainsi été formés par ces nouvelles modalités de formation à distance. Cependant, bien que les bienfaits et les avantages de ces activités variées soient avérés, l’éloignement physique des étudiants et des enseignants amène quelques difficultés qu’il convient d’identifier et de résoudre afin d’améliorer encore et encore notre formation et donc la réussite de nos étudiants. En effet, doit-on par exemple toujours distribuer un support de cours papier, à l’heure où nous devons tous nous préoccuper de réduire notre impact écologique, dans la mesure où ces supports sont accessibles en ligne ? Comment être sûr, avant l’évaluation, couperet final, que la progression de l’étudiant est satisfaisante ? Comment interpréter l’absence d’expression d’un étudiant dans un forum de discussion, le silence d’un autre lors d’une classe virtuelle ?

 

DU BLENDED LEARNING À L’ADAPTATIVE LEARNING, GRÂCE AUX LEARNING ANALYTICS

Autant de questionnements qui peuvent trouver réponse dans l’analyse des données d’apprentissage (Learning Analytics). Les étudiants laissent tous des « traces » au cours de leur formation, dès l’instant où ils se connectent sur le site de l’établissement pour obtenir des informations en vue de candidater, jusqu’au moment où ils sont diplômés et rejoignent l’association des anciens. Entre ces deux moments, ils suivent le cursus de l’école, contribuent aux forums de discussion, à la vie étudiante, se connectent sur leurs environnement d’apprentissage, etc… La dématérialisation d’un grand nombre de processus et la traçabilité facilitée par les outils mis en œuvre (Learning Managment System, Content Managment System, logiciel de scolarité, suivi des compétences, espace d’échange, Environnement numérique de travail) permettent de récupérer l’ensemble de ces données d’apprentissage, de les analyser, d’y chercher des corrélations dans le but d’évaluer les progrès, de prédire les performances et/ou d’identifier les problèmes. Au fur et à mesure que ces données s’accumulent et sont analysées, de nouvelles questions peuvent être posées et les enseignements, le contexte, les ressources peuvent être améliorées dans un processus itératif continu. Il devient possible d’identifier des profils étudiants et de savoir y associer les conséquences en termes de réussite, de difficultés pour un étudiant ou pour un autre. L’enseignant dispose alors d’un modèle prédictif qui lui donne les moyens d’agir de façon préventive.

Grâce à cet accompagnement et à ces prescriptions individualisés, nous mettrons en place ce que l’on nomme « Adaptative Learning ».

DES « LEARNING ANALYTICS » A LA « GOUVERNANCE DE L’INFORMATION »

Pourquoi ne pas gérer d’une façon similaire l’ensemble des données, des informations, voire de la connaissance de notre école ? Comment améliorer la performance globale de notre école ? L’information est ici à interpréter comme un regroupement de données qui a une valeur pour l’école, variable dans le temps, exploitable par des systèmes humains ou techniques. La cible des analyses porterait alors sur le financement et le budget, sur une meilleure répartition des locaux, le développement des relations avec les entreprises, l’image, etc.

Pour cela, il convient d’organiser l’accès et le partage des données, de s’assurer de leur qualité, de leur fiabilité, de leur intégrité, de leur sécurité, au service de toutes les composantes de la structure, de proposer des tableaux de bord à destination de chacun. Des données fiables, de l’information partagée et sécurisée accessible à tous, des processus de gestion maitrisés, afin de prendre des décisions éclairées. Ce sont les objectifs que se donne Télécom Lille, qui ambitionne de devenir une école apprenante, agile, ouverte et toujours aussi innovante.