Fady Fadel, Dean de l’American School of Paris, accompagnait la délégation gouvernementale en Inde au mois de mars 2018. Une destination très prometteuse pour l’enseignement supérieur français et en particulier son établissement.

 

Quels enseignements retirez-vous de ce voyage en Inde ?

La France s’engage dans un partenariat stratégique avec l’Inde dont l’éducation est l’un des pans centraux avec le commerce, l’agriculture et l’énergie solaire. Nous avons appris que 5 000 étudiants indiens se formaient en France actuellement. Ils seront deux fois plus nombreux dès 2020 ! Ce sont en outre des étudiants de qualité qu’il est très intéressant d’attirer. J’ajoute qu’ils seront demain les meilleurs ambassadeurs de notre système de formation et de notre économie au sein de leurs futures entreprises. Cela crée un cercle vertueux pour recruter et entretenir nos relations économiques dans le futur. Ils véhiculent aussi les valeurs de la France !

Quels sont les enjeux pour l’enseignement supérieur français dans ce contexte très porteur ?

Le président Macron nous a donné deux consignes : « Foncez, ne soyez pas craintifs ! » et « Améliorez l’accueil des étudiants internationaux dans vos établissements ». De fait, être très motivé et engagé dans la promotion de son école à l’étranger est indispensable tant la compétition est féroce sur notre marché. L’accueil est un élément très différenciant pour les étudiants internationaux que nous devons particulièrement soigner.

Lors du Knowledge Summit les outils pour concrétiser ces flux vers la France ont été évoqués ?

Deux choses sont apparues cruciales : monter des partenariats avec des entreprises désireuses de recruter de jeunes indiens bien formés, et des partenariats avec des universités indiennes pour générer ces flux vers nos établissements. L’enjeu de ces partenariats est de répondre aux besoins des entreprises et bien entendu de cibler des étudiants de qualité. Ce Sommet a aussi permis d’entériner la reconnaissance française des diplômes indiens. Cette reconnaissance étatique va donner confiance et faciliter les mobilités dans les deux sens.

American Business School / Trip avec le directeur Fady Fadel

© American Business School / Trip avec le Dean Fady Fadel

De quelle image jouit la France en Inde ?

Ce Sommet a boosté les coopérations avec des universités indiennes, nous avons signé des accords. Il a aussi clairement valorisé la réputation de la France, dans un pays traditionnellement en relation avec les pays anglo-saxons. Je crois que nous avons clairement une carte à jouer face à l’administration Trump et suite au Brexit. La France et son enseignement supérieur apparaissent plus que jamais attractifs au plan géopolitique. Nous offrons un cadre et un contenu d’études attractifs, la possibilité d’étudier en anglais et en plus d’apprendre le français, et nous véhiculons des valeurs humanistes et républicaines fortes.

Avez-vous beaucoup d’étudiants Indiens à l’American School of Paris ?

Ils sont actuellement plus de 50, ce qui représente une belle part de nos étudiants internationaux (qui forment eux-mêmes les deux-tiers de nos effectifs totaux). Jusqu’ici les étudiants indiens arrivent à l’American School of Paris via Campus France, en candidats libres, via des agents spécialisés, des prescripteurs. Nous avons pris la décision d’adhérer à la Chambre franco-indienne pour être encore plus visibles. Nous développons aussi de nouveaux partenariats avec des entreprises intéressées par ces profils. Je suis très enthousiaste à l’idée de ces nouveaux développements très prometteurs !

A lire l’interview de Prodatta Sengupta, jeune diplômée indienne de l’American School of Paris

Jeune indienne, pourquoi j’ai choisi la France et American School of Paris pour étudier