De nombreux leaders de la bancassurance ont en commun leur background d’actuaire. Quelle est la valeur ajoutée de ces profils au carrefour des mathématiques, de la finance et de la communication ? Olivier Lopez, Directeur de l’ISUP et Michel Fromenteau Responsable du Master Finance de marché spécialité actuariat au CEFAB (CNAM) partagent leur analyse.  – Par Clarisse Watine

 

 

UN BOOSTER DE CARRIÈRE

Si l’actuariat est indéniablement un bon accélérateur de carrière dans la bancassurance c’est avant tout parce qu’une telle formation insuffle toute l’adaptabilité nécessaire à une évolution réussie dans ce secteur en constante mutation. « La grande force d’un diplômé en actuariat c’est de savoir toucher à tout. Recruté sur un poste en assurance-vie, il peut ensuite se diriger vers l’assurance non-vie, ou le management financier de façon très naturelle » indique Olivier Lopez. Car même si « les matheux tombent souvent un peu par hasard dans la bancassurance, une formation reconnue par l’Institut des Actuaires leur donne la capacité à rebondir » affirme Michel Fromenteau. Ainsi, après quelques années il pourra par exemple s’orienter vers la vente, la gestion ou encore la commercialisation. « On n’est pas actuaire toute sa vie ! », ajoute-t-il.

 

OBJECTIF ADAPTABILITÉ

Un jeune actuaire peut par conséquent rapidement atteindre des postes à responsabilités dans l’assurance-vie et non-vie, la modélisation des produits financiers ou des risques (attentats, catastrophes naturelles…). Les demandes en matière de sciences de données ne cessant de croitre, les spécialistes du Big data ont aussi de beaux jours devant eux.

Michel Fromenteau © Dircom Cnam@L. Benoit

Michel Fromenteau © Dircom Cnam@L. Benoit

UN ENVIRONNEMENT TRÈS INNOVANT

Loin des clichés qui lui sont encore affublés, l’actuariat est donc un job très innovant qui touche des secteurs en pleine évolution. Ainsi, la transformation numérique va-t-elle incontestablement redéfinir les missions de l’actuaire. De même, la recherche va se développer. Pour preuve, l’UPMC pousse une recherche la plus avancée en mathématiques, en statistiques et en sciences des données. « Notre ancrage dans l’environnement scientifique de l’UPMC nous permet d’être une des premières unités mondiales en la matière » affirme le Directeur de l’ISUP. Une dynamique innovante poussée par la connexion des actuaires aux réalités de l’entreprise. « Au CNAM, nous proposons une formation continue compatible avec une activité professionnelle. Un vrai plus pour évoluer avec succès dans le secteur très mouvant de la bancassurance », affirme Michel Fromenteau.

 

L’ « ACTUAIRE IDÉAL » ?
« A son entrée à l’école, c’est un matheux qui sait modéliser et appuyer ses conclusions par des éléments issus des sciences dures. A sa sortie, il est encore plus fort en maths mais n’est pas pour autant perdu dans ses équations ! Il a développé une connaissance pointue des contraintes règlementaires, commerciales, technologiques et des réalités des métiers qui lui permet de critiquer les résultats qui lui sont soumis » indique Olivier Lopez. « On a coutume de dire qu’un actuaire introverti qui vous parle regarde ses chaussures et lorsqu’il est extraverti il regarde les vôtres ! Si la communication n’est pas forcément une de ses qualités naturelles elle est pourtant essentielle. Il doit bien sûr savoir réaliser des calculs mais aussi, si ce n’est surtout, savoir les transformer en informations et les expliquer », ajoute Michel Fromenteau.

 

OÙ SONT LES FEMMES ?

S’il y a plus de jeunes femmes dans les formations en actuariat que dans les masters de maths, il reste beaucoup de chemin à faire avant d’atteindre la parité. C’est pourquoi l’ISUP lance une campagne de sensibilisation pour susciter des vocations et promouvoir les femmes dans la bancassurance.

 

LE LABEL DE L’INSTITUT DES ACTUAIRES
Outre celles de l’ISUP et du CNAM, l’Institut des Actuaires reconnait 8 autres formations diplômantes : ISFA, UDS, EURIA, Paris-Dauphine, ESSEC Business School, ENSAE ParisTech, le CEA et le Collège des Ingénieurs. Des formations qui ouvrent à des carrières pavées d’opportunités, le nombre d’actuaires formés chaque année ne suffisant en effet pas à pourvoir tous les besoins des entreprises des secteurs de la banque et de l’assurance.