Dans le cadre de la réforme ferroviaire, Véronique Wallon vient de se voir confier le pilotage du projet d’unification des fonctions foncières et immobilières de SNCF et RFF. Pour cette agrégée de maths, sortie de l’ENA à l’IGAS , qui aime faire bouger les choses, la diversité est un levier de changement qu’elle contribue à faire avancer, au sein d’un secteur encore très masculin.

 

Première directrice d’un groupe qui n’existe pas encore, Véronique Wallon, agrégée de mathématiques, ENA 1987, directrice du projet « Foncier immobilier SNCF-RFF, va bientôt expérimenter un bureau virtuel entre SNCF et RFF

Première directrice d’un groupe qui n’existe pas encore, Véronique Wallon, agrégée de mathématiques, ENA 1987, directrice du projet « Foncier immobilier SNCF-RFF, va bientôt expérimenter un bureau virtuel entre SNCF et RFF

Un parcours dédié au service public
L’envie de faire bouger les services, les personnes, les organisations et le désir de voir le résultat de ses actions ont guidé le parcours de Véronique Wallon. Entrée à RFF en 2003, elle est nommée 6 ans plus tard, directrice générale adjointe en charge du pôle stratégie et gouvernance. Première directrice d’un groupe qui n’existe pas encore, elle vient de se voir confier, par les présidents de SNCF et RFF, la création de la fonction unifiée de gestion et de développement foncier et immobilier des deux EPIC. Pour construire cette fonction, définir le modèle économique et constituer le management, elle s’appuie sur les directions immobilières et foncières des deux entreprises, dont les activités sont complémentaires. RFF est le 2ème propriétaire foncier de France, SNCF le 4ème opérateur de logement social. Ce travail essentiellement managérial comporte plusieurs volets, la création d’un schéma de valeur, gage d’efficacité pour l’externe et pour le groupe en interne, et amène Véronique Wallon à faire jouer un de ses ressorts, les allers retours permanents entre le pratique et le théorique, entre le concret et la stratégie. « Dans une période de transformation collective, pleine d’incertitudes pour les personnes, il faut donner à voir l’avenir à nos collaborateurs, les remettre sur la bonne trajectoire, leur redonner le goût de se projeter en les faisant participer à l’élaboration de la solution, en les faisant travailler sur des réussites concrètes. »

 

« J’aime fonctionner comme un chef d’orchestre, c’est ce
que je voulais faire quand j’étais petite. »

La mixité, un levier de changement
Véronique Wallon considère qu’une équipe est mixte dès que chacun des deux genres est représenté au moins à 30 %. Ce seuil, cet équilibre dans une assemblée sont nécessaires et procurent un certain confort : la vie est difficile pour une femme seule au sein d’un comité exécutif ! Dans le chemin de fer, un secteur viril, on acquiert sa légitimité auprès du terrain, par ses réalisations. « Je n’ai aucune raison de me « masculiniser », j’essaie d’être là où l’on ne m’attend pas, cela peut consister à jouer du registre féminin, de l’influence, à résoudre les sujets par la discussion et le consensus plutôt que les muscles, à réexpliquer ma légitimité, à marquer mon autorité. » Dans le transport, la valeur de diversité avance, les femmes font bouger les choses, elles ne refusent pas d’être différentes les unes des autres, elles impriment leur marque avec des couleurs différentes. Elles y progressent régulièrement et conquièrent des secteurs d’avenir, notamment à la SNCF avec les directions de Transilien, des gares, du TGV, etc. « C’est aussi une affaire de tempérament, il faut trouver sa propre voie. » « Le monde ferroviaire est technique, il faut faire en sorte que la technique rayonne, qu’elle ne se stérilise pas, le ferroviaire doit encore s’ouvrir. » Véronique Wallon aime recruter des gens vivants, dont la compétence professionnelle leur donne envie d’avancer, intelligence des situations, capacité d’ouverture et de mouvement.

 

Des loisirs de « matheuse »
Pour se ressourcer, cette femme pour qui les réussites sont toujours collectives, pratique, comme beaucoup de matheux, des loisirs « pratiques ». Pour se laver l’esprit elle cuisine pour toute sa famille composée de 4 générations qu’elle aime voir réunies, et fait de la marche, « j’aime fonctionner comme un chef d’orchestre, c’est ce que je voulais faire quand j’étais petite. » D’une famille musicienne, mariée à un photographe, lui-même très bon musicien, elle écoute beaucoup de musique et lit de tout. « J’ai toujours transformé les choses, aujourd’hui on me demande de construire, de monter une organisation, j’ai plus d’autonomie, moins de contraintes, et, pour reprendre la métaphore musicale, une marge d’interprétation beaucoup plus large. »

 

A.M.O.

 

Contact : veronique.wallon@rff.fr