La station polaire Princess Elisabeth est la première station scientifique « zero emission ». Elle a été inaugurée en 15 février 2009, au cœur de l’Année Polaire Internationale.

 

« Il est fascinant de se dire que c’est au bout du monde, là où l’humain ne peut vivre, qu’on apprend pour le futur » A. Hubert, Président de la Fondation Polaire Internationale

Dans le cadre d’un mécénat de compétences sur la première station polaire « zero emission » en Antarctique, la station Princess Elisabeth, le Groupe GDG SUEZ a présenté le projet au cours d’un débat sur le changement climatique. L’explorateur Alain Hubert, Président de la Fondation Polaire Internationale et porteur du projet, Brice Lalonde, Ambassadeur chargé des négociations internationales sur le changement climatique et Valérie Masson-Delmotte, climatologue correspondante pour le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), sont venus partager leur engagement en faveur d’un développement durable.

Une station à la pointe des technologies vertes

C’est l’engagement viscéral d’A. Hubert qui a convaincu le Groupe GDF SUEZ de s’engager dans l’aventure humaine et technologique de la première station « zero emission » et autonome en Antarctique, via ses filiales Electrabel et Laborelec. Sept collaborateurs ont apporté leurs expertises en énergies, traitement des eaux et des déchets. Le mécénat de compétences aura mobilisé 300 personnes dans le groupe. La station est neutre en émission de CO2 grâce à la production de neuf éoliennes conçues pour résister aux conditions climatiques extrêmes de l’Antarctique, de panneaux solaires thermiques et photovoltaïques. Un réseau intelligent smart grid permet d’optimiser l’énergie et de l’allouer en fonction de la criticité des équipements.

Pour mieux comprendre le réchauffement climatique

« Étudier les évolutions en Antarctique est essentiel pour comprendre le réchauffement climatique, a rappelé A. Hubert. L’étude de carottes de glace nous permet de remonter 800 000 ans en arrière. Nous pouvons ainsi reconstituer l’histoire du climat naturel. Il est fascinant de se dire que c’est au bout du monde, là où l’humain ne peut vivre, qu’on apprend pour le futur. »

Et démontrer les chemins du possible

La Belgique, l’un des 12 signataires fondateurs du Traité Antarctique ( 48 États l’ont depuis ratifié ), a mené la première expédition et hivernage scientifique en 1887. C’est avec une approche d’ingénieur formé à l’École Polytechnique de Louvain, qu’il envisage la conception d’une station « zero emission » en réponse au défi énergétique mondial. L’IPF a fait dont de la station à l’État belge afin qu’il en fasse un investissement scientifique et politique en faveur du développement durable, l’ouvrant aux chercheurs du monde entier. « Le plus important est d’avoir pu concevoir un réseau énergétique intelligent et un système trois fois plus performant que ce qui existe aujourd’hui. Je crois profondément que l’environnement est le chemin du développement économique et social de nos sociétés. » « Montrer qu’il est possible de concevoir et faire vivre des habitations « zero emission » dessine un futur possible et permet de se projeter vers le mode de vie qu’il nous faudra adopter, insiste Brice Lalonde. La station, sur la base d’une même énergie produite, peut en fournir trois fois plus que d’autres installations. » Pour la climatologue V. Masson-Delmotte la prouesse technologique est inédite. « La station représente une opportunité extraordinaire pour les scientifiques avec la possibilité d’un suivi sur site comme à distance, dans un secteur du continent jusqu’ici réservé aux aventuriers. » « Le rôle de la science c’est de toujours progresser, a conclu A. Hubert. Il faut des lieux pour comprendre et s’identifier. Car à un moment, la science s’arrête et la société prend le relais. »

  

A. D-F

Contact :
www.polarfoundation.org
www.alainhubert.com
www.antarcticstation.org