Le Big Data : QUÈSACO ?
Le concept de Big Data reste encore mal compris en France. Il désigne pourtant une chose simple : le fait de collecter, explorer et analyser une grande masse de données. S’il crée l’émulation chez les ingénieurs californiens depuis quelques années déjà, il est apparu au grand public avec l’affaire Edward Snowden, emportant avec lui des stéréotypes d’espionnage rendant son exploitation tout aussi opaque que fascinante. Il a pourtant déjà démontré l’étendue de ses potentialités dans de nombreux domaines. La politique tout d’abord : la campagne 2008 de Barack Obama a par exemple été la première à être remportée grâce à l’analyse des données électorales via le Big Data. La sécurité intérieure ensuite : le logiciel Blue Crush est utilisé par la police de Memphis pour décrypter dans un énorme volume de données les plus fortes probabilités de localisation de crimes. La santé est également impactée. Grâce au Big Data, on peut améliorer les diagnostics ou permettre à l’industrie pharmaceutique de meilleurs ciblages thérapeutiques. Drainant des enjeux se chiffrant en dizaines de milliards d’euros, l’exploitation du Big Data ne doit pas pour autant en oublier l’éthique. En France notamment, se pose la question de la conciliation de l’exploitation des données personnelles via le Big Data avec la Loi Informatique et Libertés. Il faut ainsi instaurer un subtil équilibre entre la sauvegarde de l’intimité des données, la lutte contre une privatisation des données personnelles par les géants du web (Google, Facebook, Apple et Amazon en détiennent 80 % à travers le monde) et une immobilisation des données qui impliquerait de facto la mort du Big Data, un concept voué par nature à l’évolution.

 

Big Data. Ce mot mystérieux qui fait bouillonner la Silicon Valley est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Mais alors que les termes évolution, explosion et… manipulation lui sont souvent associés,
quels sont les enjeux
et les applications
de cette évolution technologique vouée
à bouleverser notre quotidien ?

L’IMPACT du Big Data dans la stratégie des entreprises
Le potentiel économique du Big Data est bel et bien phénoménal. Source d’évolution sociale comparable à celle engendrée par l’explosion de l’Internet dans les années 2000, il est aussi un incroyable moteur pour la transformation des entreprises dont il impacte toutes les fonctions. Il y est d’abord entré par le biais du marketing et du commercial. Grâce à une analyse en temps réel des comportements des clients et à leur meilleure segmentation, il crée en effet une manière inédite d’analyser le comportement des consommateurs, de mieux les cibler et d’améliorer les relations clients. Le Big Data permettrait aussi à la fonction RH de renforcer son rôle stratégique dans l’entreprise. Les avantages de l’optimisation des innombrables données rattachées aux membres du personnel et aux futures recrues sont en effet multiples : tri ciblé des CV, amélioration de la gestion des compétences et de la mobilité interne, diminution du turn-over, plus grande anticipation des métiers et des compétences,… Cet impact économique n’a pas échappé aux Etats. Aux USA, le Programme R&D Big Data s’est vu alloué un budget de plus de 200 millions $. En France, il fait l’objet d’un des 34 plans de développement de la Nouvelle France Industrielle impulsé par le Ministère du Redressement Productif et la Commission Innovation 2030 en a fait un de ses 7 défis d’avenir.

 

Un besoin accru de SPÉCIALISTES
Et qui dit investissements dit évidemment emplois. Phénomène éminemment porteur mais résolument neuf, l’exploitation du Big Data implique l’émergence de nouveaux experts. L’enseignement supérieur multiplie d’ailleurs les cursus dédiés, écoles d’ingénieurs en tête. Par exemple, le Big Data est intégré à plusieurs majeures de l’EPITA (« Sciences Cognitives et Informatique Avancé », « Multimédia et Technologie », « Système d’Information et Génie Logiciel »,…), l’ECE Paris a lancé à la rentré 2013 une formation « Data Scientist avec HADOOP », l’EISTI a créé un Mastère « Systèmes décisionnels : architecture, exploration de données et optimisation » et Télécom ParisTech va proposer dès la rentrée prochaine un Mastère Spécialisé « Big Data : gestion et analyse des données massives ». Les business schools ne sont pas en reste. HEC, soutenu par IBM, a lancé cette année le cursus « Big Data & Business Analytics » pour former consultants et managers à l’identification des opportunités de croissance liées à l’exploitation intelligente des données et Télécom Ecole de Management va mettre en place en septembre 2014 un « Master of Science in Social Media » afin de développer des profils de marketing scientists. De quoi nourrir l’appétit numérique des jeunes diplômés pour cette incroyable et passionnante décennie qui s’ouvre à eux.

 

Le Big Data révolutionne AUSSI l’industrie pétrolière
Porté par ses deux co-fondateurs Aymeric Préveral et Antoine Trihoreau (Mines Paris 2009 et 2000), IDMOG met le Big Data à l’heure de l’industrie pétrolière. S’inspirant du concept du digital oil field (le pendant des smartgrids de l’industrie électrique), cette jeune société tout juste sortie de l’incubateur ParisTech Entrepreneur développe des solutions technologiques pour aider les opérateurs pétroliers et gaziers à gérer des données de production, toujours plus nombreuses et variées. « La FieldBox d’IDMOG permet de récupérer l’ensemble des données générées sur le terrain, de les contextualiser et de les mettre en relation. Nos outils donnent aux opérateurs la possibilité d’avoir une meilleure visibilité du terrain, de comprendre et d’analyser les données et, in fine, d’optimiser leur production. » Un vrai plus pour une industrie pétrolière qui manque encore et toujours d’ingénieurs et de temps. Aujourd’hui IDMOG est une société en pleine croissance qui recrute, notamment des jeunes diplômés capables de l’épauler dans la commercialisation de ses produits à l’international.
Pour en savoir plus : www.idmog.com

 

Le Big Data, ce n’est pas que de la technologie
Tout juste accrédité par la CGE, le Mastère Spécialisé « Big Data : analyse, management et valorisation responsable » lancé par l’Ensimag (Grenoble INP) et l’EMSI Grenoble (GEM) et activement soutenu par 18 entreprises partenaires, l’affirme haut et fort : le Big Data, c’est aussi une question de business. « Gérer le Big Data, c’est appréhender 5 composantes : la technique, les statistiques / mathématiques, l’évolution des business model, la transformation des entreprises et l’éthique (un incontournable lorsqu’on manipule des données personnelles). Notre objectif n’est donc pas de former des hyper spécialistes de la statistiques ou du business model mais des personnes capables de piloter les équipes en charge de la problématique du Big Data dans l’entreprise comme des data scientists ou des data strategists ». Cette formation pour les Bac +5 et plus s’adresse donc aux ingénieurs mais aussi aux profils business schools ayant une forte appétence pour les chiffres.

 

CW.