Comment aider le plus grand nom bre de jeunes à poursuivre des études selon leurs capacités ? Voici le challenge que Georges Pau -Lange vin , ministre de la Réussite éducati ve, s’est donnée pour tâche de rele ver . Elle encourage les associations des grandes écoles et des uni versités à la persé vérer dans leur démarche altruiste .

Quels sont les projets phares que vous souhaitez mettre en oeuvre pour favoriser la réussite de tous les élèves ?
Je souhaite poursuivre le travail de lutte contre le décrochage scolaire. Cela implique un nouveau dispositif pour prévenir l’absentéisme et nous y travaillons. Je souhaite améliorer le statut des assistants de vie scolaire (AVS) afin de garantir la continuité de leur travail auprès des élèves en situation de handicap. L’accès à la cantine scolaire est une question importante, car ce lieu de vie ne doit pas être un lieu de discrimination, il doit pouvoir accueillir tous les élèves. Je serai aussi à l’écoute des lycéens. Dernièrement j’ai entamé un cycle de rencontres avec les élus du conseil national de la vie lycéenne (CNVL). Plus globalement, je veux mettre en lumière ce qui se fait de mieux en matière de réussite éducative, car sur le terrain je constate de nombreuses initiatives innovantes qui pourraient être appliquées sur d’autres territoires. C’est pourquoi, le 15 mai dernier a eu lieu la journée nationale de la réussite éducative à La Sorbonne au cours de laquelle les acteurs de la réussite éducative se sont rencontré, pour échanger sur leurs expériences et rendre plus visible ce qu’ils mettent en place localement.

 

Le sport est souvent considéré comme le parent pauvre de l’apprentissage à l’école.
Pourtant, c’est aussi durant la pratique sportive que l’on apprend différemment, que l’enseignant peut enseigner autrement.

 

Comment pouvez-vous aider les élèves issus de milieux défavorisés à intégrer les grandes écoles et les universités ?
L’objectif de la politique de réussite éducative que je mène est de lutter contre les inégalités scolaires. Les facteurs sociaux et territoriaux jouent dans la réussite des élèves. Si ces inégalités prennent leurs sources à l’extérieur de l’école, nous ne pouvons plus uniquement répondre en apportant des solutions à l’intérieur de l’établissement. Je travaille donc avec les ministères chargés de la Ville, de la Famille, du Handicap et de la Jeunesse. Le socle commun de connaissances, de compétences et de culture prévu par le projet de loi pour la refondation de l’école est un outil qui permet de mettre sur un pied d’égalité tous les élèves. Le travail d’orientation doit aussi être conduit aux différentes étapes de la scolarité dans le second degré dans le cadre d’un parcours d’information, d’orientation et de la découverte du monde professionnel. Ce parcours au lycée doit permettre de préparer la poursuite des études dans l’enseignement supérieur dès la classe de première. Les lycéens doivent avoir toutes les cartes en main pour réfléchir à la suite donnée à leurs études. Tous les établissements doivent sensibiliser les élèves pour élargir et soutenir leurs ambitions scolaires afin de lutter contre toutes les discriminations. Démocratiser l’accès aux grandes écoles pour les catégories défavorisées me semble nécessaire.

 

Les associations d’étudiants de l’enseignement supérieur peuvent elles vous soutenir dans votre démarche, et de quelle manière ?
J’ai pour habitude d’aller sur le terrain, de rencontrer les acteurs qui participent à la politique de réussite éducative de l’enfant : les élus, les associations, la communauté éducative et les parents. J’encourage les interactions et les discussions car pour garantir la réussite éducative il faut parfois partir de ce qui se fait sur le terrain. Le passage de l’élémentaire au secondaire est important. Le passage du secondaire au supérieur l’est tout autant. Je crois beaucoup au partage d’expériences, cela peut être une vraie source de motivation. Faire connaitre son parcours, faire partager ses questionnements, ses ressentis sont un véritable atout pour créer une passerelle entre les différents cycles. J’aimerais mieux échanger avec ces associations d’étudiants pour mieux prendre en compte leurs préoccupations.

 

L’utilisation du numérique et le sport constituent-ils des outils permettant d’améliorer la réussite éducative et quelles sont vos actions en ce sens ?
L’entrée du numérique à l’école est un axe fort du projet de loi de refondation de l’école. Vincent Peillon et moi-même considérons qu’il est un outil pour améliorer l’efficacité des enseignants et aider les élèves. Il facilitera la mise en oeuvre d’une aide personnalisée pour les élèves en difficulté issus d’établissement d’éducation prioritaire. En principe, dès septembre 2013, 30 000 élèves en difficulté en bénéficieront. L’outil numérique peut aussi être utilisé comme un service d’accompagnement à l’apprentissage de l’anglais à l’école primaire. Le dispositif sera décliné pour les enseignants et pour les élèves. Pour les parents, l’outil numérique sera un dispositif interactif qui leur permet de se rapprocher de l’institution scolaire : ils pourront suivre l’apprentissage des fondamentaux de leurs enfants. Vous avez raison de souligner que le sport permet d’améliorer la réussite éducative. Le sport est souvent considéré comme le parent pauvre de l’apprentissage à l’école. Pourtant, c’est aussi durant la pratique sportive que l’on apprend différemment, que l’enseignant peut enseigner autrement, sensibiliser les élèves à des sujets importants comme la santé, détecter certains problèmes invisibles en classe. La pédagogie par le sport est une clé trop peu souvent utilisée alors qu’elle permet de changer les rapports entre élèves et avec le corps professoral, et peut valoriser certains élèves parfois moins brillants dans d’autres disciplines. Je tiens également à souligner l’importance de la culture. En faciliter l’accès est un véritable levier pour réduire les inégalités sociales ou leurs représentations.

 

Message de Madame la ministre aux élèves des grandes écoles et des universités
La France de demain et l’Europe du futur reposeront sur des sociétés de la connaissance où la qualification des nouvelles générations sera de plus en plus élevée. Ecoles, grandes écoles, et universités ont donc une mission fondamentale à remplir avec une exigence permanente de justice et le souci de favoriser l’accès aux savoirs des plus fragiles et des plus défavorisés. La réussite des meilleurs passe par la réussite du plus grand nombre. La réussite de notre pays dans la compétition internationale en dépend.

 

Patrick Simon