« Si je devais définir Marie Stuart, je dirais qu’elle était une très grande dame, tolérante et éclairée. »
Isaure de Saint Pierre

 

Marie Stuart

Marie Stuart

Une reine de la Renaissance
J’ai tendance à reprocher aux autres biographes de ne pas avoir assez considéré Marie Stuart comme une princesse de la Renaissance alors qu’elle était pourtant empreinte d’humanisme. Contrairement à sa cousine Elizabeth, elle aimait les arts, appréciait la littérature mais ne possédait pas vraiment le sens de la politique. C’est le personnage dans son ensemble que j’ai voulu restituer sans prendre aucune liberté avec les acteurs du drame et les faits historiques.

 

Le travail in concreto
Six mois de documentation et six mois d’écriture sur ordinateur, essentiellement le matin, ont été nécessaires pour venir à bout de cet ouvrage pour lequel j’ai longuement visité l’Ecosse. Les enquêtes historiques ressemblent aux enquêtes journalistiques avec visite des lieux, étude de tous les documents dénichés et parfois sensations plus fortes quand on ouvre des archives peu visitées.

 

Un point d’histoire franco-anglais
Je ne pense pas que Marie Stuart aurait pu faire rebasculer l’Angleterre dans le catholicisme car Marie Tudor avait quelque peu traumatisé les Anglais en versant dans un fanatisme catholique épouvantable. D’ailleurs, Marie Stuart a prétendu à la triple couronne anglaise, écossaise et française lorsqu’elle était une toute jeune dauphine de France, manipulée par Henri II et ses oncles Guise. Elle n’est pas vraiment responsable de cet acte politique néfaste car comment aurait pu-t-elle s’opposer au roi de France à 15 ans ?

 

Aux élèves des grandes écoles
Ce livre peut être aussi considéré comme une leçon de politique. Marie Stuart a essayé de jouer la carte de la tolérance à une époque qui l’était moins qu’elle. Elle a louvoyé au mieux dans une situation internationale difficile et complexe.

 

Retour aux sources
Avec un grand-père historien et un père écrivain, j’ai grandi dans des maisons remplies de livres d’histoire. Dans mes auteurs de prédilection, je considère Herman Hesse comme mon maître en littérature car ses livres ouvrent un regard sur soi-même ce qui me ramène à Marie Stuart qui, de jeune femme frivole à ses débuts, s’est révélée très grande dans l’adversité et la mort. J’ai toujours admiré les grandes tragédies de Racine et les oeuvres de Montherlant qui était un cousin de mon père. J’en ai gardé le goût du tragique et des personnages qui se révèlent dans l’adversité quand leur destin bascule.

 

Le goût des voyages
Les voyages, inhérents au métier de journaliste, me permettent de comprendre ce qui se passe ailleurs, me donnent des idées de personnages ou m’aident à me replonger dans le contexte d’une époque. Ils complètent idéalement ce que l’on apprend dans les écoles. J’ai souvent emmené mon fils dans mes voyages car c’est une ouverture à la compréhension, à la tolérance, à la culture.

 

Lectures en prévision…
Je suis en train de terminer un ouvrage sur Aliénor d’Aquitaine,grande rebelle, qui paraîtra chez Perrin. Un autre livre va bientôt sortir chez Albin Michel, qui raconte l’histoire d’une femme berbère confrontée à la première vague déferlante arabe aux premiers âges de la religion musulmane.

 

Sur l’ouvrage…
Si Marie Stuart a préféré le panache de sa mort plutôt que d’être oubliée dans un cloître, le livre d’Isaure de Saint Pierre restitue avec brio l’atmosphère d’une période féroce et raffinée dans laquelle des personnages romanesques entrechoquent leurs passions, leurs ambitions, leurs haines et leurs amours jusqu’à sacrifier leur propre vie à la grandeur historique.

 

Patrick Simon

 

Contact : isauredesaintpierre.blogspot.com