Dans le contexte de crise que nous connaissons et sur fond de scandales financiers à répétition force est de constater que l’environnement financier a changé. Or « Lorsqu’une chose évolue tout ce qui est autour évolue de même ». Ainsi dans le denier numéro de Finance Grandes Ecoles (Nov.2012. ndlr.), il était question de s’interroger sur l’impact de ces phénomènes sur l’enseignement de la finance. Il est désormais temps d’envisager la recherche en finance et d’en faire état des lieux…

 

Les étudiants de Grenoble Ecole de Management en déplacement à New-York (NASDAQ).

Les étudiants de Grenoble Ecole de Management en déplacement à New-York (NASDAQ).

Avant d’entrer dans le vif du sujet, rappelons que le mot « finance » peut et doit être entendu dans son sens le plus large. C’est cette acception qui sera retenue ici car jugée plus pertinente bien que plus complexe.
En effet comme le souligne L.KERMICHE, enseignante chercheuse en Finance à Grenoble Ecole de Management (GEM) « Il n’est pas possible de donner une réponse unique à cette question. En effet, ce type de recherche peut prendre des formes aussi variées que les questions que peuvent se poser les entreprises ou les marchés. Certains chercheurs se spécialisent en Corporate finance, tentant d’apporter des réponses à des problématiques de financement d’entreprises innovantes, ou encore de politique de dividendes des entreprises ou de questions de gouvernance. D’autres se spécialisent en Market finance, avec des problématiques de gestion des risques ou de volatilités sur les marchés. Les approches adoptées sont également diverses, autant quantitatives que qualitatives. » On perçoit dès lors deux domaines phares de recherche : la Corporate et la Market Finance. Il faut toutefois préciser que certaines institutions s’attachent plus à la Market ou à la Corporate et qu’au sein de ces deux domaines de recherche un certain nombre de réorientations ont été
effectuées conséquemment à la crise.

Ainsi en Corporate Finance, C.BONNET, enseignant chercheur à GEM réalise la majeure partie de ses recherches « sur la finance entrepreneuriale, c’est-à-dire le financement des premières années de la vie des entreprises, en particulier des start-ups ». Des thématiques plus « classiques » restent toutefois au centre des recherches en la matière, citons alors en ce sens les travaux sur des aspects plus juridiques débouchant souvent aux questions de gouvernance,  ou encore ceux liés à la structure bilantielle.

S’agissant de la Market Finance, domaine certainement le plus « remué » du fait et depuis la crise (voir les propos de F.DESMOULINS-LEBEAULT dans Finance Grandes Ecoles (Nov-2012)), les réflexions portent principalement sur l’évaluation du risque et sa prise en compte, sur l’éthique et les comportements, ainsi que sur la formation des bulles spéculatives et leur détection.

Enfin, il est impossible de traiter ce sujet, qui plus est dans le contexte actuel, sans évoquer la recherche en finance « éthique » c’est-à-dire la micro-finance et la finance islamique principalement. Ce segment « alternatif » a le vent en poupe. Comme le souligne S.JAUMIER (GEM) membre d’un groupe pluridisciplinaire au coté de V.MONVOISIN, économiste spécialisée dans les questions de micro crédit et micro finance : « mes recherches portent sur les coopératives (…), le financement alternatif, et les banques mutuelles ».  Toutefois si ce domaine de recherche attire, les objets de recherches ne présentent pas spécialement ces solutions comme des solutions miracles et, alors qu’il s’agit d’un essor récent, des travaux critiques font déjà, leur apparition.

La recherche en finance est fondamentalement très vivante et prend une tournure toute particulière en Business School du fait de la proximité avec les entreprises qu’elles appartiennent ou non au secteur financier. Le chercheur est en somme l’âme du
progrès financier !

 

Ugo Mahin, rédacteur en Chef du « Crack40 », le mensuel « éco & business »
de Grenoble EM édité par TradersGEM, l’association
financière de l’Ecole.

 

Contact :
Traders@grenoble-em.com
12 rue pierre Semard Grenoble