Depuis plusieurs années, le sujet de la Qualité de Vie au Travail (QVT) a fait son entrée par la grande porte des entreprises. Décryptage d’un concept qui allie bien-être, autonomie, organisation et valorisation du travail.

 

La notion de Qualité de Vie au Travail (QVT) est née il y 50 ans aux Etats-Unis et n’est arrivée en France que récemment. Là où les Américains ont une approche tournée vers le développement individuel, la France a longtemps préféré utiliser le terme d’« amélioration des conditions de travail » avec une connotation « risques professionnels et prévention ». La thématique est désormais définie et figure au cœur des préoccupations des entreprises.

L’ambiance au travail : un élément clé

Beaucoup de chefs d’entreprise ont compris qu’une bonne ambiance permet une plus grande cohésion des équipes. À l’instar de Thibaut Ceyrolle, Vice-président des ventes de Bazaarvoice : « Notre espace détente accueille un écran géant, une PlayStation et un baby-foot. De même, personne ne porte de cravate car je considère que l’on n’a pas besoin de jouer un rôle pour être sérieux au travail. » De plus en plus d’entreprises ont pris conscience des liens entre QVT et efficacité, à en croire Florence Servan-Schreiber qui accompagne les dirigeants. « Lors de mes interventions, au lieu de parler de ce qui ne va pas, on met en avant le meilleur de ce que chaque salarié apporte. Ça change tout. » Pour autant, il n’est pas facile de démontrer scientifiquement le lien entre QVT et performance de l’entreprise. « Les DRH peinent à trouver des liens de cause à effet directs, souligne Sylvie Brunet, Vice-présidente de l’Association nationale des directeurs des Ressources Humaines (ANDRH). Il n’y a pas encore d’instruments de mesure efficaces comme dans la finance. »

Former au management collectif

Mais pour Sylvie Brunet, la source du bien-être ou du mal être au travail reste l’organisation du travail donc la répartition des tâches. « Nous sommes passés d’une culture franco-française hiérarchisée et individualiste à une approche participative. C’est bien, mais il faut former les futurs managers à cette nouvelle organisation du travail. » Pour la responsable, notre modèle de management est en train d’exploser car désormais, grâce à Internet et aux réseaux sociaux, les salariés ont accès à toute l’information possible. « La question est : qu’attend-t-on aujourd’hui d’un manager ? Car les salariés ont besoin d’un chef, même s’ils ont l’information. Si le dirigeant ne montre pas la bonne direction, le collectif ne peut pas fonctionner. C’est l’ambition de mes cours en tant que Professeur associé à Kedge Business School. J’apprends aux futurs dirigeants à devenir acteurs à part entière de leur fonction et à prendre en compte les risques psychosociaux. C’est l’ambition de notre Guide Wellness distribué à nos étudiants qui traite à fois du stress, des addictions, de la santé morale et physique. »

 

La QVT dans le texte L’accord national interprofessionnel, ratifié le 19 juin par une partie des organisations syndicales représentatives et par les représentants des entrepreneurs, définit la Qualité de Vie au Travail (QVT) comme « un sentiment de bien être au travail perçu collectivement et individuellement qui englobe l’ambiance, la culture de l’entreprise, l’intérêt du travail, les conditions de travail, le sentiment d’implication, le degré d’autonomie et de responsabilisation, une reconnaissance et une valorisation du travail effectué. » Pour Julien Pelletier, Responsable de la Prospective et de l’International à l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail, « la QVT entend agir sur les causes, l’organisation du travail et les parcours professionnels là où le bien-être renvoyait seulement à une dimension psychologique. C’est un point significatif d’avancement. »

 

 

F.B