SKEMA

 

Avant les années 70, les organisations ne recrutaient pas de jeunes à des postes à responsabilités dans la fonction Ressources Humaines. Ces fonctions étaient pourvues par des militaires retraités, ou des comptables spécialisés en gestion administrative, dont la mission essentielle consistait à relever les fiches de pointage. A cette époque, nul ne se souciait d’internationalisation, de nouvelles technologies, d’attractivité, ou encore du management de la diversité…

Béatrice Toustou professeur de Ressources Humaines à SKEMA

Béatrice Toustou professeur de Ressources Humaines à SKEMA

En 2013, il est désormais impossible de débuter une carrière de Gestionnaire des Ressources Humaines sans avoir en poche son Master de GRH. Plus encore, les recruteurs privilégient l’embauche de jeunes cadres issus d’écoles de commerce bien classées, ou diplômés de Sciences Politiques, avec une spécialisation en GRH. Si aujourd’hui 8 offres d’emploi de la fonction RH sur 10 sont publiées dans le secteur des services (associations, banques et assurances, conseil en recrutement…), c’est que la notion de service dans la fonction RH est à l’honneur.

 

LES ÉVOLUTIONS DES DRH SONT CELLES DU MONDE GLOBAL
Dans l’entreprise, l’internationalisation nécessite une nouvelle répartition du pouvoir de décision : ainsi, les RH doivent ajuster la stratégie de l’entreprise aux spécificités locales. Pour ce faire, et plus que jamais, elles recrutent des jeunes talents, mobiles, rodés à la multi-culturalité, s’intéressant aux spécificités de la gestion des Ressources Humaines à la dimension de ce monde global. Pour réaliser leur mission, les DRH s’internationalisent et développent leur utilisation des nouvelles technologies. Les diplômés sont désormais capables de travailler en anglais, et sont d’excellentsutilisateurs des ressources du Web.

 

COMMENT ATTIRER LES TALENTS ?
Dans les entreprises ayant un fort volume de recrutement ou ayant à conduire des embauches sur un marché de compétences tendues, le Campus manager assure un rôle de communication de l’enseigne et de présence auprès des écoles, pour améliorer l’image de l’entreprise et augmenter le flux de candidatures ciblées. Dans le rôle de Chargé(e) de recrutement en entreprise, de Chargé(e) de recherche en cabinet de conseil, le/la jeune diplômé(e) devra également mettre en avant des qualités commerciales pour séduire les candidats potentiels et valoriser l’entreprise. Il convient de préciser que la fonction du chargé souvent de pair avec des missions de mobilité interne, ou de communication, de formation. Dans ce dernier cas, il/elle devient Chargé(e) d’emploi.

 

COMMENT FIDÉLISER LES TALENTS ?
Dans certains secteurs à haute valeur ajoutée technologique (biotechnologies…), la fidélisation des salariés devient une variable stratégique. Nos jeunes diplômés ont ainsi des propositions de postes de Chargé(e) d’études RH visant à seconder les responsables Compensation & Benefits, missionnés pour fidéliser les talents par une gestion individualisée de la carrière (formations diplômantes types MBA, mission d’expatriation…), ou des pratiques touchant à la rémunération (stocks options, plan d’épargne entreprise, avantages en nature…). Le/la Chargé(e) d’études peut aussi assurer le reporting des données sociales ou devenir Chargé(e) de missions RH junior en cabinet d’études/audit.
Un des postes prisé des jeunes diplômés RH est celui de Chargé(e) de formation, dont le rôle est d’établir et de mettre en oeuvre les actions décidées au plan de formation. Notons que de plus en plus d’entreprises externalisent la gestion de la formation (au même titre que la paie et le recrutement), en conséquence de quoi ces mêmes postes existent en sociétés prestataires de service. Les débutants ont aussi accès au poste de Chef de projet SIRH dont la mission est d’automatiser les services RH (évaluations individuelle, gestion de l’avancement, de la formation), de développer des interfaces en extranet (sites de recrutement…), et intranet (partenaires sociaux…). Peu de temps après avoir obtenu leur diplôme, les jeunes diplômés sont attendus sur le rôle de RH business partners, à même de contribuer à la performance de l‘entreprise. Pour cela, ils devront se préparer à comprendre des logiques très opposées, par exemple psychologiques et financières ; opérationnelles et juridiques. Réussir aujourd’hui dans la fonction RH, c’est posséder des convictions personnelles et proposer des solutions combinant ces contradictions. Pour cela, il importe que les entreprises recrutent de jeunes cadres ouverts avec de grandes qualités d’écoute et de questionnement.

 

Par Béatrice Toustou
professeur de Ressources Humaines à SKEMA