L’Homme et de la santé sont au cœur du projet scientifique, académique et pédagogique de l’université Paris-Descartes. Son président Frédéric Dardel qui est aussi un enseignant passionné, dévoile ses pistes pour faire réussir Paris-Descartes et ses étudiants.

 

® F POLETTI

L’Homme et de la santé sont au cœur du projet de Paris-Descartes ?

Paris-Descartes est présente en sciences sociales, sciences humaines, droit, économie, sciences dures et santé. Nous considérons l’Homme dans son développement psychique et physique, son épanouissement, ses interactions sociales, ses transactions et conventions, ses maladies et leurs traitements. La santé est notre plus important pôle avec plus de 15 000 étudiants. Ce prisme santé est un vecteur de recherches originales sur des thèmes transversaux comme le droit de la santé, l’optique pour l’imagerie ou la chimie du médicament.

« C’est une hypocrisie de dire que tous les bacheliers peuvent réussir en Licence générale »

A Paris-Descartes comme ailleurs la réussite en licence est un défi majeur ?

La solution pour réussir c’est d’avoir le bon profil pour telle ou telle filière ! Nous savons par expérience qu’un bachelier technologique ne réussit jamais en médecine par exemple. Or, chaque année, certains s’y inscrivent … Pour cela il faut de l’orientation, de l’information. La non-sélection à l’entrée de nos formations fabrique de la sélection sociale. Ceux qui manquent d’informations étant lésés. Favoriser la réussite, c’est aussi permettre la baisse des effectifs dans nos formations avec moins de redoublants ou de jeunes mal orientés. Cela est souhaitable pour nos étudiants, le système universitaire comme pour le pays qui a légitimement des attentes vis-à-vis de nos institutions.

Quelles réponses concrètes déployez-vous ?

Pour accompagner des étudiants motivés pour se réorienter, nous avons développé le dispositif Pareo (Passeport pour réussir et s’orienter). Cette année propédeutique est validée par un DU et se déroule en deux phases : des méthodologies de travail et de la réorientation pour trouver sa voie, puis une remise à niveau soit à dominante scientifique, soit en SHS, éco et droit, pour préparer sa rentrée dans une nouvelle filière. Nous ouvrons 180 places cette année contre 80 l’an dernier. Selon les moyens que nous aurons j’espère l’étendre à toutes nos Licences. Pareo a été distingué par le MESRI et d’autres universités s’en inspirent déjà.

Fin du redoublement en Paces, qu’est-ce que ça va changer ?

L’innovation est aussi numérique à Paris-Descartes ?

Nous avons commencé à numériser des cours dispensés en doubles Licences. Il s’agit de formats pensés, courts, séquencés, et permettant l’interaction avec le professeur à distance. Le relâchement des contraintes horaires en présentiel dans le cadre de la réforme de la Licence va nous permettre de pousser plus loin ces innovations, clés pour engager et motiver nos étudiants.

« L’un de nos plus grands défis est de faire des choses astucieuses et jolies avec d’importants effectifs étudiants »

Vous continuez à donner deux cours, quels sont vos astuces de prof ?

Je mène l’enquête auprès de mes étudiants pour ajuster mes cours, revoir les points trop ardus, la cohérence de l’enchaînement des notions. Ils ont les cours, exercices et corrigés à disposition durant les examens. Cela me permet d’évaluer leurs capacités à raisonner et à chercher l’information. Savoir par cœur ne sert à rien sans cela. Dans un cours de 3ème année sur la recherche, je ne traite que d’expériences scientifiques qui ont échoué. Analyser les causes de quelque chose qui n’a pas fonctionné est la base du raisonnement scientifique. Pour créer l’interaction en amphi je ménage des silences, j’interpelle.

Le saviez-vous ? Paris-Descartes prépare sa fusion avec Paris-Diderot qui donnera naissance à l’Université de Paris en janvier 2019. Elle intégrera aussi l’Institut de physique du Globe pour former le premier pôle académique et scientifique en sciences de la vie et de la santé, et en sciences de la terre et des planètes. https://universiteparis2019.fr/

 

#Innovation à tous les étages… de l’université