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A TBS, les femmes occupaient en 2013 plus de 46 % des fonctions dans les instances internes de gouvernance (COMEX, Commission mixte d’évaluation, Comité de programmes, Comité de Responsabilité Sociétale). Avec 3 femmes à la tête des 3 grands programmes de formation (Bachelor, Grande Ecole et Mastères spécialisésformation continue), les femmes sont donc avantageusement représentées au COMEX. Une bonne nouvelle qui traduit certains progrès qui fissurent dans les Ecoles, comme dans les entreprises, le célèbre plafond de verre. Mais ce chiffre encourageant ne doit pas masquer les inégalités de représentation encore grandes dans le corps enseignant, composé de seulement 34 % de femmes à TBS (la Finance demeure une discipline essentiellement masculine) et dans l’encadrement administratif. En outre, si les étudiantes des Ecoles de commerce sont également représentées par rapport à leurs collègues masculins, elles n’échappent pas aux injonctions et signaux flous adressés depuis l’enfance qui les conduisent à orienter leurs parcours vers certains métiers (RH, Marketing, Communication par exemple). Les enjeux de mixité professionnelle ne concernent pas que les Ecoles d’ingénieurs !

 

ENCORE BEAUCOUP D’IDÉES REÇUES…
Si l’écart de salaire entre les hommes et les femmes est stable depuis les années 90 autour de 27 %*, en dépit d’un arsenal législatif imposant, c’est bien souvent parce qu’il se prépare dès le 1er emploi, par une forme d’auto- censure des femmes en matière de prétentions salariales. Nous avons pu le constater en interrogeant 400 étudiants de L3 qui assistaient à une conférence-débat animée par l’ANACT et notre collègue Alain Klarsfeld sur l’égalité H/F. Nous avons retrouvé, dès la 1ère année d’étude, le même écart de 5 000 euros annuels en matière d’aspirations salariales que celui mis en lumière par l’enquête étudiante Universum 2013. Quelle ne fut pas notre surprise d’entendre une étudiante intervenant au débat, de chercher à expliquer cet écart de la façon suivante : « Mais en fait, c’est normal, car nous, on a le risque d’avoir des enfants…». Au fil de cette conférence, organisée sous forme de quizz nous permettant d’évaluer en direct les représentations des étudiants sur les questions de mixité au travail, de temps de travail, de conditions de travail et de parcours des femmes et des hommes en France, les étudiants ont pu constater le fossé entre les idées reçues de leur promotion et la réalité des chiffres de l’ANACT. On ne progresse que par rapport à ce que l’on mesure, puis que l’on fait savoir et dont on débat.

 

LA CHARTE POUR L’EGALITÉ F/H, UNE INITIATIVE DE LA CONFÉRENCE DES GRANDES ECOLES (CGE)
La CGE s’est emparée du sujet en incitant les Ecoles adhérentes à s’engager, en signant la Charte pour l’Egalité F/H de 2013 et en organisant ce type de conférence. Notre expérience nous invite à continuer dans cette voie, car le chemin est long, y compris dans les écoles de commerce pour déconstruire les stéréotypes et résistances si ancrées et génératrices de violents débats, comme ont pu l’illustrer les polémiques sur les ABCD de l’Egalité et sur une pseudo « théorie du genre ». Le genre n’est pas une théorie mais un concept permettant de réfléchir ! Pour appréhender les questions d’égalité H/F sereinement, nous devons nous doter d’outils de mesure comme le baromètre Egalité F/H déployé par la CGE en septembre 2014. Et nous devons aussi coacher les jeunes filles et les encourager à prendre confiance en leur valeur !

 

* Selon les chiffres clés de l’Egalité H/F de la DARES en 2011 ( il est de 17%, ramené en équivalent temps plein).

 

Par Corinne Delpuech,
Professeur pôle Organisation Responsable et Ressources Humaines, Référente RSE et Egalité F/H, Toulouse Business School