« Give a man a fish, he’ll eat for a day. Give a woman microcredit, she, her husband, her children and her extended family will eat for a lifetime. »

Un village du Quiché, Guatemala

Un village du Quiché, Guatemala

Une petite histoire jusqu’au microcrédit
Maria Menchu Tojin, 19 ans, vit à Chamac, un hameau constitué de quelques maisons éparpillées sur le flanc d’une colline, uniquement atteignable par une route en terre qui remonte en zigzag depuis le village d’Uspantan situé à une demi-heure à pied en contrebas. Les seules richesses de Chamac sont sa vue imprenable sur toute la vallée et un sol suffisamment fertile pour y faire pousser un peu de maïs. La maison de Maria est composée de quatre murs avec une porte, une fenêtre, deux lits et une armoire. Le sol est en terre, et il n’y a ni salle de bains ni cuisine. C’est assez peu pour sa famille de cinq (elle est l’aînée des trois enfants), mais en se serrant un peu on n’y vit pas trop mal.

Maria n’a jamais connu la faim ; la douzaine de poules de ses parents lui apporte de quoi manger quelques oeufs régulièrement, et son petit champ de haricots, décimé l’an dernier par une maladie inconnue, s’est bien remis depuis et lui donne une petite récolte, qui, agrémentée de riz acheté à Uspantan, permet de déjeuner convenablement. En chauffant de l’eau, elle peut rester propre et laver ses deux tenues régulièrement. Son champ de maïs et l’élevage de poulets donne à sa famille un peu d’argent pour acheter les denrées essentielles à la survie.

Réunion de groupes solidaires à Uspantan

Réunion de groupes solidaires à Uspantan

Ses deux petits frères, âgés de 8 et 11 ans vont tous deux à l’école, que Maria a dû quitter après l’âge de 15 ans car pour continuer à étudier, il aurait fallu aller à Santa Cruz del Quiché, la capitale régionale, et elle n’avait pas l’argent nécessaire pour y aller régulièrement. Rien qu’un aller-retour coûte 80 quetzales, soit près de 8 euros ! Le prix d’un poulet ! Donc, pour avoir un revenu régulier, elle a commencé à apprendre à coudre. En effet, même si la vie n’est pas si mauvaise, un peu d’argent permettrait tout de même d’acheter quelques poulets et un peu de terrain en plus. Et si elle venait à tomber malade, elle aurait un peu d’argent pour chercher des soins. Et, qui sait, peutêtre assez pour payer des études à un de ses frères, ou ses futurs enfants.

Mais pour être couturière, il faut avoir du tissu et du matériel ! Et ce n’est pas donné ! Sa famille a quelques économies, mais n’ose pas tout lui donner de peur de se retrouver sans argent si un problème devait survenir. De toute façon elle n’aurait pu s’acheter que du tissu de mauvaise qualité avec la petite somme de ses parents. Ses voisins n’ont pas d’argent non plus, les banques refusent de lui prêter sans des garanties qu’elle ne peut pas apporter et les quelques personnes aisées à Uspantan lui claquent la porte au nez. Avec ce qu’elle a, elle commence à coudre des petits porte-monnaies qui se vendent assez mal et rapportent peu. Son projet de couturière n’a donc que très peu d’espoir de décoller un jour.

Le microcrédit a pour vocation d’aider les personnes comme Maria à lancer leurs projets en leur apportant le financement initial qui leur manque. Des élèves de l’Ecole Polytechnique, voulant s’investir pour les populations défavorisées, ont ainsi créé l’association X-MicroFinance en 2006, active au Guatemala où elle emploie actuellement deux personnes. L’été 2010, neuf membres de l’association sont partis au Guatemala accorder des prêts à 276 personnes dans 14 villages différents dans la région du Quiché, au nord du pays.

Cette année, X-MicroFinance organise en plus de cela les Rencontres de la Microfinance qui auront lieu à l’Ecole Militaire autour du thème « Quelle croissance pour les instituts de Microfinance » sous le parrainage de Martin Hirsch, ancien Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté. Des heures de travail associatif intensif qui devraient s’avérer gratifiantes !

Des heures pendant lesquelles Maria Menchu Tojin continue à coudre des tenues traditionnelles dans son village de Chamac près d’Uspantan, grâce à son premier prêt de 500 quetzales, soit environ 50 euros, accordé l’été 2010 par X-MicroFinance. Si son projet marche bien et si elle a démontré sa capacité à rembourser, l’association sera prête à lui accorder un nouveau prêt deux fois plus grand en 2011 pour qu’elle puisse continuer à développer son activité.

William Clements, pour X-MicroFinance

XMicroFinance organise le 5 avril les Rencontres de la MicroFinance pour la deuxième fois, dans les salons de l’Ecole Militaire à Paris. Le thème de cette année sera « Quelle croissance pour les IMF ». Si vous êtes intéressés, nous vous invitons à nous écrire à contact@xmicrofinance.com.

Contact : contact@xmicrofinance.com