Le 15 avril se tenait la 3ème édition de la Journée Nationale de l’Ingénieur (JNI). Organisé par l’IESF (Société des Ingénieurs et Scientifiques de France), cet événement d’ampleur invite les étudiants, élus locaux et professionnels à réfléchir sur l’évolution du métier d’ingénieur au bénéfice de notre compétitivité industrielle. Résumé d’un après-midi dans un cadre exceptionnel : le ministère de l’Économie et des Finances de Bercy.

Une formation française de qualité

À mon arrivée dans la gigantesque salle du centre de conférence Pierre Mendès France, Marwan Abdelhamid, président de la Fédération Mondiale des Organisations d’Ingénieurs (FMOI), introduit le thème de cette JNI 2015 : « Ingénieurs et Scientifiques, architectes de la compétitivité et du redressement de la France ». Pour lui, le défi des employeurs est de recruter des ingénieurs « capables de travailler en équipe et disposant de solides capacités managériales. Dans cette optique, la FMOI se veut une plateforme internationale de rencontres entre professionnels et jeunes diplômés au bénéfice de leur employabilité. » J’assiste dans la foulée à une table ronde sur la thématique « Ingénieurs – Des révolutions en perspective dans tous les secteurs ». Christophe Tiraby, ingénieur diplômé de l’ENSAM et de SUPELEC, y insiste sur les points forts de la formation française : « les formations dispensées par nos écoles d’ingénieur permettent aux diplômés de comprendre l’architecture du système scientifique et technologique. Les connaissances théoriques et pratiques engrangées pendant mes études m’aident à aborder plus sereinement les défis auxquels je suis confronté quotidiennement. »

L’ouverture, atout phare de l’ingénieur moderne

Je rencontre également Dominique Brogi, présidente de la SSII Meetphone spécialisée dans la communication web et mobile. Au-delà d’un parcours académique, cette femme d’action défend l’importance d’appliquer des connaissances directement sur le terrain pour un ingénieur. « Un jeune ingénieur doit cultiver son ouverture d’esprit, sa curiosité et sa capacité de remise en question. Dans un monde numérique et globalisé, il ne doit pas hésiter à casser les codes et à bousculer des modèles établis ! Ainsi, il développera ses compétences et sera apte à aborder les transformations de sa profession. » La JNI réunit près de 5 000 participants dans plus de 20 grandes villes françaises. Preuve s’il en faut que la promotion du métier d’ingénieur porte ses fruits ! Emmanuelle Jardat, directrice Innovation et RSE d’Orange, précise toutefois que certains défis restent à relever dans l’évolution des mentalités professionnelles. « L’ingénierie est souvent perçue comme un monde exclusivement masculin. En 1985, 36 % de femmes étaient diplômées en Information Technology dans le monde contre 16 % en 2014. L’ouverture de la profession d’ingénieur aux femmes est l’un des défis de demain. C’est une nécessité pour renforcer notre compétitivité internationale. »

Jean Baptiste Najman