ENTREPRENEURS OU PENSEURS, ILS SONT D’ACCORD SUR UN POINT : LA RÉUSSITE, QU’ELLE SOIT PERSONNELLE, CELLE D’UNE ENTREPRISE, D’UNE IDÉE OU D’UN PAYS, NÉCESSITE UNE BONNE CAPACITÉ D’ADAPTATION ET SURTOUT À ÊTRE AUDACIEUX, À ACCEPTER DE CHANGER CAR LE MONDE ÉVOLUE RAPIDEMENT ET N’ATTEND PAS CEUX QUI N’OSENT PAS.

FAUT-IL CROIRE EN LA FRANCE ?
AU COURS DU FORUM « OSONS LA FRANCE » ORGANISÉ EN DÉCEMBRE 2014 AU GRAND PALAIS À PARIS, HOMMES POLITIQUES, DIRIGEANTS D’ENTREPRISES OU D’ORGANISATIONS SONT VENUS PARLER DE LEUR CONCEPTION D’UNE FRANCE QUI RÉUSSIT, DE SES ATOUTS ET DE SES DÉFIS.
ANDRÉ COMTE-SPONVILLE, philosophe « La France doit s’adapter à la mondialisation et non l’inverse. Le monde ne s’adaptera pas aux nostalgies françaises ! » « La France doit recaler son GPS sur le monde contemporain ! a confirmé PASCAL LAMY, ex-président de l’OMC. Le futur c’est la société civile qui le pense et le construit. Ce sont les personnes, les entrepreneurs qui croient en la France et se bougent ! »
MICHEL COMBES, DG Alcatel-Lucent dit côtoyer le désir de conquête, de croissance et d’entreprendre quotidiennement. « Ce n’est pas un hasard si nos compatriotes reçoivent des Prix Nobel, battent des records du monde en sport. En 2000, 200 000 entreprises étaient créées, en 2010 c’était 500 000 ! 17 % des Français déclarent vouloir créer leur business, c’est seulement 13 % aux Etats-Unis et moins de 5 % en Allemagne. La France est prête, elle a la volonté d’avancer et d’entreprendre. Pour libérer cet élan, il faut simplifier la vie de l’entrepreneur. »
Le ministre de l’Economie, EMMANUEL MACRON a prononcé un mot d’ouverture déterminé et optimiste en ouverture du Forum. « Je crois en la France et en son économie, car le pays a l’énergie et l’envie de faire. Il est doté des meilleures infrastructures au monde, bénéficie d’une démographie dynamique, ses jeunes sont bien formés et son système de solidarité est sophistiqué. Accepter le changement pour se réinventer : Ce serait trahir notre histoire que de nous croire condamnés à un lent déclin, à l’échec, à la honte de soi. Nous sommes exposés à deux risques. La langueur, croire que l’on peut continuer sans changer. Il faut prendre des risques, comme le font les bâtisseurs mis à l’honneur par « Osons la France ». Ce sont eux qui font la France de demain, qui la rêvent et l’osent.
Le second risque est de se mentir à soi-même, de nous installer dans un malentendu confortable. Si on ne se dit pas la vérité, il y a peu de chances de trouver le bon traitement. La France doit risquer le mouvement, donner place aux outsiders, accepter le changement pour se réinventer, protéger les femmes et les hommes pour les aider à oser. »

LA CITÉ DE LA RÉUSSITE SE TIENT CHAQUE ANNÉE À LA SORBONNE. POURVOYEUR D’IDÉES ET DE RÉFLEXIONS, POUR SON ÉDITION 2014, L’ÉVÈNEMENT AVAIT POUR AMBITION DE LAISSER « PLACE À L’AUDACE ! ».

 

COMMENT IMAGINER LES 20 PROCHAINES ANNÉES ?
Les pistes de JOËL DE ROSNAY, président de Biotics International. Il se dit futurologue, prospectiviste et technologue humaniste. « La question est comment choisir le futur qui nous semble le plus souhaitable ? Je vois trois raisons d’espérer :
• Le partage de l’information nous permet de mieux comprendre la complexité du monde, d’aimer le différent, le nouveau, l’exploration ; et donc de construire ensemble ce futur.
• La possibilité, l’audace d’avoir une vision positive existe en nous du fait de nos neurones miroirs qui génèrent l’empathie chez l’humain. Cela nous donne l’enthousiasme et la motivation pour construire le futur.
• La génération qui arrive et les de l’échange, du partage, de la confiance. Ils mettent en oeuvre une pratique du solidaire. Les femmes, car elles déploient une vision plus systématique et globale, concrète des choses. Cette vision est essentielle sur nos grands enjeux du futurs comme l’éducation, la santé, l’environnement. »

JACQUES ATTALI a évoqué 3 forces à l’oeuvre dans le monde au 21e siècle. « Trois forces avancent dans le monde : le grand mouvement du chaos sous la forme des nationalismes ; les grandes compagnies et celle qui peut porter la révolution. Cette dernière passe par l’altruisme, les ONG, l’économie positive, ceux qui s’intéressent au sort des générations à venir. Ils sont des millions dans le monde à porter ce mouvement. »

 

DE L’ÉCHEC À LA RÉUSSITE, OÙ EST LA FRONTIÈRE ?
Ils ont témoigné de leur conception de la réussite et des bienfaits de l’échec ; démontrant qu’il y a mille manières de réussir mais aussi que sans audace et sans travail, il n’y a pas de réussite possible.

MICHAËL BOUMENDIL, Designer musical, fondateur de Sixième son. « Le succès peut être une entrave à la réussite. C’est un danger de se dire que l’on a réussi. Lorsqu’on est dans une position confortable on a rarement envie de bouger ! Il faut se mettre en danger pour continuer à avancer. L’enjeu quand on échoue, ce n’est pas d’avoir raté quelque chose, c’est la durée nécessaire pour s’en remettre. L’entêtement étant la meilleure façon de ne pas apprendre de ses échecs. »

PATRICK BOURDET, PDG d’Areva Med « Placé, j’ai eu une enfance très compliquée. Puis, j’ai eu la chance de rencontrer des gens sous le regard desquels je me sentais aimé et reconnu. Mon parcours montre que tout est possible et qu’il faut rêver. La plus belle réussite est le sentiment de liberté suscité par la rencontre de soi. Car on ne peut pas tracer sa route sans savoir qui on est vraiment. »

MANUEL CARCASSONNE, DG des Editions Stock « Au lieu d’apprendre les clés de la réussite, le plus important est d’apprendre à apprendre de ses échecs et à les surmonter. Car nous en connaissons tous.»


CHANTAL DESBORDES, première femme Contre-Amiral « J’ai opté pour la stratégie de l’action en douceur. Mon maître à penser est l’auteur de l’Art de la guerre Sun Tzu. Il dit « Regardez l’eau, elle suit toujours la ligne de moindre résistance ». C’est ce que j’ai fait, en saisissant les opportunités dès qu’elles se présentaient. Pour réussir il faut de l’humilité et du courage. Car rien ne vous est confié définitivement. La réussite vient à 80 % de la préparation. Mettre toutes les chances de son côté donne confiance et rend audacieux. »

 

BENOÎT LECINQ, président d’Entrepose Contracting (Vinci) « La réussite est un accomplissement ; celui de se fixer des objectifs et de les atteindre en prenant des risques. La clé est de donner de soi, de ne pas attendre qu’on vous dise quoi faire. Donner le maximum donne confiance en soi et à vos supérieurs en vous. On m’a donné ma chance, j’ai aussi pris des claques. L’échec est un élément de la réussite. La recherche de ses raisons est constructive, elle pousse à inventer de nouvelles solutions. Il ne faut pas avoir peur et croire en soi avec lucidité. »

 

COMMENT RENDRE LA FRANCE PLUS AUDACIEUSE ?
La proposition de NICOLAS BAVEREZ (avocat essayiste) « Arrêtons de nous regarder le nombril et réformons ! Il faut une réforme globale qui casse les corporatismes. Il n’existe pas de modèle à suivre. La France doit inventer sa voie originale pour se redéployer dans le monde du 21e siècle. La solution viendra des citoyens et non de l’Etat. Le pays possède les atouts immatériels et matériels pour opérer un retournement en moins de 2 ans si il se bouge vraiment dans les 5 ans à venir. »

Le constat de FRANCIS CHARHON (DG Fondation de France) « On assiste à l’émergence d’une forme d’individualisme collectif. La société civile révèle le visage d’une France batailleuse, de gens qui s’engagent et prennent des paris. Elle démontre le courage de s’engager, d’accepter l’échec, d’être indépendant, de faire des ruptures. »

La clé de JEAN-MICHEL BLANQUER (DG ESSEC) « Pour préparer l’avenir de la France et des Français, l’éducation est clé. La France a une forte tradition de transmission, du raisonnement, de l’excellence. Ces atouts sont un socle pour modifier le système avec audace et le concilier avec les nouveaux enjeux. Il nous faut trouver notre modèle, créer la confiance par la liberté. La liberté de savoir prendre des risques, de l’initiative, de travailler collectivement, de comprendre autrui ; la liberté de se construire aussi au travers de nos erreurs. »

 

A.D-F