Enseignant-chercheur en marketing à l’université de Montpellier, Pierre-Louis Dubois est depuis 6 ans le délégué général de la FNEGE (Fondation Nationale pour l’Enseignement de la Gestion des Entreprises). Ardent défenseur des établissements de gestion,  il est aussi passionné par le marketing, une science ancrée dans la vie.

Pierre- Louis Dubois, spécialiste du marketing, est le délégué général de la FNEGE.

Pierre- Louis Dubois, spécialiste du marketing, est le délégué général de la FNEGE.

Quelle est la mission de la FNEGE ?
Notre mission est d’aider au développement de l’enseignement et de la recherche en gestion en France, et d’assurer leur rayonnement à l’international. Nous travaillons pour le bénéfice et au service des 80  principales institutions d’enseignement de la gestion des réseaux universitaires et des grandes écoles. Nous travaillons également avec les associations scientifiques qui rassemblent 4 000 enseignants-chercheurs en sciences de gestion. Les étudiants en management forment 18,4 % des effectifs étudiants, sans compter ceux qui abordent la gestion dans d’autres cursus.

 

Quelles sont vos initiatives pour valoriser  la recherche en gestion ?
LA FNEGE rassemble l’ensemble des associations académiques  de la discipline au sein d’un Collège scientifique. Ce Collège conduit de nombreuses actions en faveur du développement de  la recherche. Il a notamment établi un classement des revues  scientifiques en sciences de gestion qui sert de référence pour  évaluer les publications des chercheurs. Ce classement a été retenu par le CNU, l’AERES, la commission CDEFG qui habilite les Masters des grandes écoles.  Pour donner de la visibilité aux travaux de recherche, nous décernons aussi des prix tels que des prix de thèses ou des prix pour  les meilleurs ouvrages. Nous avons une commission d’habilitation des ouvrages et, au plan pédagogique, nous remettons des  prix pour les meilleures études de cas de PME en lien avec la CCMP et ARIANE- Compétences et Management. Nous organisons au profit des enseignants-chercheurs des séminaires avec les rédacteurs en chef de grandes revues mondiales, séminaires nommés « Meet the editors ». Nous avons également lancé un baromètre des attentes des  entreprises  vis-à-vis de la recherche en gestion. Ce baromètre des préoccupations managériales permet aux enseignants-chercheurs de mieux faire le lien avec les besoins des entreprises. La prochaine étape est de mettre en place des séminaires pour développer  encore les interactions entre recherche et entreprises. Dans la même démarche, nous avons construit un observatoire des thèses qui  permet de recenser et d’analyser la production des thèses en gestion (à peu près 360 par an).

 

Quel est votre soutien aux formations en gestion ?
La FNEGE a monté dès 1987 un programme pour les doctorants, le CEFAG (Centre européen de formation approfondie à la gestion). Il leur apporte des compléments de connaissances épistémologiques et méthodologiques dans un cadre international et leur permet  de développer leur réseau académique. Une quinzaine d’étudiants le suivent chaque année. La FNEGE recense l’ensemble des professeurs en sciences de gestion et a mis en place une plateforme appelée FAN of management (French Academic Network), bientôt accessible en ligne sur le site de la FNEGE. Pour soutenir de jeunes professeurs et leur ouvrir la possibilité  de post-docs, nous remettons des prix de 10 000 €, les JPA (Junior Professor Awards) pour effectuer un séjour de recherche de 6 mois à l’étranger. La FNEGE s’engage actuellement pour augmenter le nombre de doctorants en gestion qui reste trop faible pour répondre aux besoins des institutions et des entreprises. Nous souhaitons attirer des doctorants de disciplines connexes pour obtenir un doctorat en 2 ans environ en VAE grâce à un programme dédié. Ce système qui débutera en 2015 pourrait aussi bénéficier à des professionnels ayant une expérience de la recherche en gestion, par exemple de sociétés d’études.

 

Autour de quelles actions fédérez-vous  la communauté ?
Nous réunissons chaque année les directeurs des établissements pour échanger et débattre sur les principaux problèmes concernant l’enseignement et la recherche dans notre domaine. Nous avons organisé en 2014 la première « Semaine du Management » qui rassemblait plusieurs congrès des disciplines de gestion et des conférences avec l’intervention de scientifiques de renom international et d’associations professionnelles. En 2016, nous organisons des « Etats généraux du management » pour faire un point sur l’état des connaissances en management. En 2018, la Semaine du management correspondra aux 50 ans la FNEGE. Notre collège de 21 associations académiques se réunit lui aussi pour échanger sur des questions disciplinaires, thématiques ou transversales.  La FNEGE édite des rapports sur des thèmes comme les accréditations, l’évaluation des chercheurs, le lien écoles/entreprises.  Le prochain Livre blanc sur « Le rôle des business schools dans  l’innovation » paraît ce mois ci.

 

Un mot sur le BSIS ?
La FNEGE a créé un outil qui permet de mesurer l’impact économique, financier, médiatique, social  et sociétal des « business schools » sur leur environnement. Il connaît un bel essor en France, et depuis un an à l’international en collaboration avec l’EFMD. Basé sur une centaine de critères, il permet aux écoles de mesurer leur impact et surtout de le faire savoir à leurs parties prenantes.  A l’issue de son étude, la FNEGE leur remet aussi des recommandations pour développer encore leur impact.

 

Avez-vous des dispositifs pour les étudiants ?
La FNEGE met au point les tests d’évaluation ou de sélection TAGE Post bac, TAGE 2 (Bac+2) et TAGE MAGE (Bac+3 et Bac+4).  Nous sommes en train de lancer un programme Educ’Entreprise afin de sensibiliser les élèves et étudiants de toutes disciplines  à l’entreprise, à sa place dans l’économie et à son fonctionnement par le biais de livres numériques disponibles sur tablettes et sur le Web. Nous mettrons en place une certification  pour ceux qui le
suivront et passeront les tests.

 

www.fnege.org

 

Le marketing, de nouveaux territoires à explorer pour  les jeunes diplômés
Qu’est-ce qui est attractif pour vous dans le marketing ?
Le marketing intègre à la fois des aspects des sciences humaines et des sciences exactes ou expérimentales. C’est une science de la décision et de l’action, en tant que  science de gestion, qui comporte des connaissances parfois très techniques. Ses aspects conceptuels et son substrat théorique sont passionnants. Ils le sont d’autant plus que le marketing les met en pratique, il est ancré dans la vie. Le marketing est à la fois du côté des idées et de l’action.
Ses évolutions sont-elles aussi des éléments d’attractivité pour les jeunes ?
Le marketing a évolué considérablement depuis 50 ans, et de nouveaux phénomènes entraînent une modification très sensible du champ disciplinaire et de ses pratiques depuis 15 ans. La mondialisation et  le développement accéléré des outils de télécommunications et des réseaux ont un impact fort sur des domaines comme le e-commerce, et donc  sur le marketing appliqué, par exemple à des points de vente virtuels ou à des communications via le Web. Ces évolutions dans la mise en œuvre du marketing ne sont pas achevées. De nouveaux métiers se développent liés à l’accumulation et à la structuration des données sur les clients. Leur analyse est d’autant plus essentielle que le contact est virtuel. Le marketing doit savoir exploiter les multiples canaux pour toucher le consommateur.Des problématiques fondamentales du marketing telles que – quels nouveaux services peut-on rendre, comment les communiquer et comment les distribuer –  s’appuient sur le développement du Web et des réseaux sociaux, avec des métiers à la clé pour les jeunes : le community management, la logistique intégrée, la communication on line, l’expertise du multicanal…  Le marketing qui hier était plutôt séquentiel, doit du fait des évolutions technologiques, être très réactif sur les nouveaux marchés car on constate souvent que « the first takes all ». Celui qui fonde le réseau est le premier qualifié. Tout se joue sur la capacité à faire des offres et à les mettre en présence sur tous les canaux ; et dans la manière de prendre contact avec le client via le marketing relationnel et le marketing expérientiel. Tout cela a un impact considérable sur la gestion de la relation client, avec là encore de belles opportunités pour des jeunes formés à ces enjeux et outils.
Un dernier conseil  aux étudiants en marketing ?
Ces évolutions créent des besoins de connaissances et de compétences nouvelles. Pour bien les appréhender, l’idéal est l’immersion en entreprise pendant ses études (stages ou alternance), y compris à l’international.  Je leur dis aussi de ne pas oublier une fonction traditionnelle mais qui s’appuie sur de nouvelles techniques : la vente. Je sais qu’ils ne sont pas spontanément attirés par le commerce qui demande une bonne capacité de résilience; pourtant les opportunités y sont belles pour des gens biens formés !
www.educentreprise.fr
www.tagepostbac.fr
www.tage2.fr
www.tagemage.fr

 

A.D-F