DEPUIS 2011, LA LOI DITE « COPÉ-ZIMMERMAN » PRÉVOIT L’INSTAURATION PROGRESSIVE DE QUOTAS POUR RENFORCER LA FÉMINISATION DES INSTANCES DE GOUVERNANCE ET FAVORISER UNE REPRÉSENTATION ÉQUILIBRÉE DES FEMMES ET DES HOMMES AU SEIN DES CONSEILS D’ADMINISTRATION (CA) ET DE SURVEILLANCE. AINSI, LES SOCIÉTÉS COTÉES ET CELLES DONT LE CHIFFRE D’AFFAIRES DÉPASSE 50 MILLIONS D’EUROS, DEVRAIENT COMPTER A MINIMA 20 % DE FEMMES EN 2014 ET 40 % D’ICI À 2017. LA PREMIÈRE ÉTAPE A ÉTÉ RAPIDEMENT FRANCHIE, EN EFFET, LES FEMMES REPRÉSENTAIENT 24 %  DES MEMBRES DES CONSEILS D’ADMINISTRATION DÈS 2013. MAIS LES EFFORTS RESTENT À POURSUIVRE POUR FRANCHIR LE SEUIL DES 40 %.

© F. Sénard, Audencia Group

© F. Sénard, Audencia Group

Pour que les portes de ces cénacles, encore très masculins, s’ouvrent doiton les forcer avec des quotas ? Quelles peuvent en être les conséquences ? Les avis sur ces questions sont partagés. Imposer 40 % de femmes dans les CA signifie un changement de 30 % des membres. Et dans certains cas en fonction des compétences présentes au sein du Conseil cela peut s’avérer compliqué.
Certaines études démontrent qu’il existe des corrélations positives entre la présence de femmes dans les CA et les performances financières de ces entreprises. Plusieurs arguments sont avancés dans cesens : les femmes sont en général plus jeunes lorsqu’elles intègrent les CA, et apportent ainsi de nouvelles solutions et de nouvelles approches. Elles peuvent influencer les discussions des membres du « board » parce qu’elles ont d’autres manières de penser et d’autres parcours professionnels. Ainsi, au delà de la question du richesse des différents parcours qui peuvent faire la différence pour développer des idées et trouver des solutions.
Le principal frein à l’intégration des femmes dans des CA, tient du fait que les femmes sont perçues comme très différentes par les administrateurs hommes et donc leur nomination leur parait plus risquée. Les quotas peuvent alors sembler un bon moyen de « déconstruire » ou de faire évoluer ces stéréotypes. Si les entreprises ont besoin d’être accompagnées dans leur recherche de femmes talentueuses, ces dernières doivent être encouragées et soutenues pour se lancer, développer les compétences dont elles auront besoin dans leur future mission.
L’Institut Français des Administrateurs (IFA) constate que de nombreuses femmes ayant par leur fonction Dirigeante et leur expérience, le profil pour devenir Administrateur, hésitent à se positionner.
Par les liens qui les unissent aux entreprises et à leurs dirigeants, par leur pertinence en matière de formation, les grandes écoles sont légitimes pour accompagner cette professionnalisation et ce ré-équilibrage des instances de gouvernance des entreprises du territoire.
A Audencia Nantes les actions concrètes portent leurs fruits. Pour accompagner cette évolution dans la gouvernance des organisations, Nantes Atlantique Place Financière, l’IFA et Audencia Nantes ont mutualisé leurs expertises afin de développer un parcours dédié aux futurs administrateurs, femmes prioritairement, mais aussi hommes, pour veiller à l’équilibre !
L’objectif de ce parcours est de préparer les participants à l’exercice du mandat aussi bien dans ses dimensions techniques que comportementales. La complémentarité des interventions de  les clés de compréhension de l’environnement et des finalités des conseils et les aide à développer une posture d’administrateur. Un programme qui a rempli ses objectifs auprès d’un premier groupe et qui verra l’ouverture d’une 2e promotion en octobre 2014.

 

Par Charlotte Bouchet,
Responsable Pôle, Audencia Group Executive Education