La diversité s’impose comme facteur de performance et de préoccupation de ressources humaines de premier plan dans les entreprises. Les choses se sont accélérées ces dernières années, portées par l’Etat avec les labels mais aussi par les entreprises via des politiques relayées par de nouvelles pratiques managériales.

L’Afnor, Association française de normalisation, contribue par la labélisation à la promotion de la diversité dans les entreprises. Comment ces outils fonctionnent-ils et quel est leur impact ? Les réponses de Thierry Geoffroy, chargé de mission à la DG de l’Afnor.

Quel est le lien entre diversité et performance ?
L’entreprise déploie une politique de promotion de l’égalité des chances et de non discrimination aboutissant à l’expression d’une diversité dans le cadre de sa rentabilité économique. Promouvoir la diversité vise à être à l’image de leurs clients afin de répondre au mieux à leurs attentes. En outre, l’entreprise qui a un bon dialogue social gagne en productivité et engagement de ses salariés. L’image de la diversité vise aussi à séduire les talents via la définition d’une marque employeur.

Quels sont critères de diversité ?
On constate quatre sujets de discriminations récurrents en France : le genre avec une accentuation des discriminations durant la crise ; le handicap avec des progrès ces dernières années ; l’âge avec des discriminations avérées aux deux extrémités de la vie professionnelle ; et l’origine ethnique corrélée à des problématiques sociales. Récemment, on voit émerger deux nouvelles questions : le fait religieux et l’orientation sexuelle.

Quel est le rôle des Labels dans ce contexte ?
Ils sont un excellent outil pour donner des pistes et solutions pour s’assurer que toutes les diversités s’expriment sans discrimination et contribuent à la performance de l’entreprise. Les Labels sont la propriété de l’État qui est impliqué avec les partenaires sociaux et l’Afnor dans leur attribution. Un tiers de dossiers sont en moyenne refusés. Le Label Égalité femmes/hommes et mixité a été attribué à 78 organisations et le Label Diversité à 261. Par ailleurs, après cinq ans de négociations, la norme internationale ISO 26 000 de responsabilité sociale vient d’être promulguée. Elle n’est pas un certificat de conformité, et l’Afnor fera une évaluation des entreprises par rapport aux critères définis par la norme.

Ingrid Bianci, cofondatrice de l’AFMD (Association Française des Managers de la Diversité), VP du Club XXIe siècle, DG fondatrice du cabinet Diversity Source Manager

Ingrid Bianci, vous êtes VP du Club du XXIe siècle, quel est son objet ?

Ingrid Bianci, cofondatrice de l'AMFD, VP du club XXIe siècle, DG fondatrice du cabinet Diversity Source Manager

Créé en 2004, ce club de réflexions a pour objectif de faire changer le regard sur les personnes issues de la diversité et montrer leur réussite. Nous sommes passés de l’idée d’un think thank à celui d’un do thank afin de transformer nos réflexions en actions. Nous avons aussi constaté que les entreprises avaient besoin de partager sur le thème de la diversité et le Club a été à l’initiative de la création de l’Association Française des Managers de la Diversité, lieu d’échanges sur les pratiques managériales.

Pourquoi un Forum européen de la Diversité ?

Désormais, la question n’est plus de savoir s’il faut ou non mener une politique diversité, mais comment.

Pour cette première édition nous avons souhaité croiser les regards de personnes issues de la diversité, de chercheurs et praticiens afin d’être concrets et vivants dans notre approche. Nous avons pu mesurer l’hétérogénéité des problématiques selon les secteurs ou encore de la mesure de la performance de la diversité selon les pays. Dans tous les cas, il est apparu que la diversité est promue en impliquant les managers, en responsabilisant les collaborateurs et en favorisant l’intégration de toutes les diversités. Nous souhaitons organiser un forum tous les 18 mois, avec un second opus en mars 2012.