Pierre Aliphat, délégué général de la Conférence des Grandes Écoles, insiste, l’égalité des chances  est « multi-facettes » : égalité des chances entre hommes et femmes, entre Français et étrangers, entre différentes catégories sociales, entre personnes handicapées et valides…

 

Pierre Aliphat, délégué général de la Conférence des Grandes Ecoles,

Pierre Aliphat, délégué général de la Conférence des Grandes Ecoles,

Les grandes écoles offrent-elles une vraie parité ?
Dans les écoles de management, il y a aujourd’hui un peu plus de filles que de garçons ce qui représente une vraie évolution : dans les années 80 le pourcentage était proche de 30. Dans les écoles d’ingénieurs, en revanche, le taux est autour de 25 %. Après un Bac S les choix d’études ne sont pas les mêmes dans les deux segments de population hommes et femmes. Les écoles d’ingénieurs essaient donc d’attirer les filles avec des sites comme « Mademoiselle fait Centrale ». Mais il y a un background culturel qui fait qu’en France les jeunes filles vont plus vers les sciences de la nature et médicales que les sciences dures.

 

Et qu’en est-il de l’égalité des chances entre catégories sociales ?
Conscients que l’inégalité des chances se joue avant les grandes écoles, nous menons un certain nombre d’actions, dont “ Une grande école : pourquoi pas moi ?”, et nous participons de manière active aux “ Cordées de la réussite ” qui ont pour but de donner envie aux lycéens d’entreprendre des études supérieures longues, pas forcément dans les grandes écoles. Nos études montrent en effet qu’il y a trois censures chez le jeune de condition modeste :
– personnelle : c’est long donc cela apparaît comme un risque.
– familiale : une famille qui ne connaît pas les parcours possibles peut avoir tendance à dire à son enfant que ce n’est pas pour lui.
– de l’environnement professoral et du lycée : un lycée qui a des BTS veut garder ses bons élèves de terminale au lieu de les diriger vers des études supérieures longues.
Il est donc nécessaire d’informer pour casser cette auto-censure.

En revanche, nous ne croyons absolument pas aux systèmes dérogatoires. Nous pensons qu’il faut conserver une équité républicaine dans les modes de sélection, les concours. Baisser les exigences serait pénalisant par rapport au contexte international.

 

Claire Bouleau
Twitter @ClaireBouleau