Les présidentiables

Désamorcer une bombe à retardement
pour le pays par un engagement collectif. « 150 000 jeunes sortent chaque année du système éducatif sans qualification ou diplôme, soit 3 millions de personnes en 20 ans » rappelle Pierre Tapie, président de la CGE, qui propose de créer des « Instituts Horizon Métiers » avec les entreprises. Des espaces dans lesquels ces jeunes vont se réapproprier des compétences et connaissances afin de construire leur qualification. « Ils passeraient 2/3 de leur temps en entreprise, et un tiers en institution pour reconstruire leur socle de connaissances, accompagnés par des étudiants ou de jeunes retraités. » Deux ans en « Institut Horizon Métiers » constitueraient un sas vers des formations qualifiantes.

 

Engager une dynamique de solidarité.
La CGE propose de reconstruire un univers social, « sans déchirure entre les jeunes. Au travers d’un service citoyen, chaque jeune ayant eu la chance de mener des études réussies, rendrait au pays un peu de son temps, et s’ouvrirait à d’autres univers sociaux en tant que moniteur d’enseignement auprès de jeunes qui ont quitté le système scolaire sans qualification. »

 

Pour une démarche « compétences » dès le primaire.
Si l’acquisition de connaissances est essentielle, « un objectif d’insertion sociale et professionnelle suppose aussi de savoir utiliser des compétences et des savoirs en action, souligne Hervé Biausser, président de la commission amont (relations avec le secondaire) de la CGE. Nous proposons la mise en place d’une démarche pour exprimer les acquis des élèves en termes de compétences, dans le primaire et le secondaire. L’expérience des grandes écoles pourrait servir de référence. Cette démarche permettrait de plus de mieux apprécier et faire s’exprimer la diversité des talents.»

 

Pour une meilleure orientation des lycéens.
La CGE propose, que dans le cadrede leur mission d’orientation, les professeurs de lycées développent leur compréhension du monde du travail au contact de professionnels. « Ils seraient invités à réaliser des stages d’été une fois tous les 3 à 5 ans en entreprise, administration ou laboratoire, précise Pierre Tapie. Dans cette optique d’orientation, nous souhaitons aussi multiplier les rencontres entre enseignants du secondaire et du supérieur. »

 

Investir un point de PIB dans les dépenses de l’enseignement supérieur et la recherche.
Depuis 2009, l’investissement dans l’ESR est passé de 2,05 à 2,2 % du PIB. Pour la CGE, il faut poursuivre l’effort, sous peine d’être distancés par nos principaux partenaires. « Compte tenu d’un contexte de finances publiques contraintes, nous proposons que l’effort soit réalisé sur 10 ans, à hauteur de 0,1 point de PIB supplémentaire chaque année, à répartir entre État, entreprises et familles » annonce Pierre Tapie. L’augmentation d’un point de PIB représente 20 milliards d’euros. La CGE suggère notamment 7 milliards en provenance des jeunes diplômés. « Ils seraient invités à contribuer au coût de leur formation à hauteur d’un mois de salaire par année de formation supérieure aboutie. Ainsi, un titulaire de licence reverserait à son institution 3 mois de salaire, les sommes pourraient être payées sur une durée de 5 ans. »

 

5 milliards d’euros de recettes supplémentaires par an.
« Donnons à la France l’ambition de former massivement les élites mondiales, propose Pierre Tapie. Accueillir plus d’étudiants de qualité est clé pour une influence accrue sur la scène mondiale. » Il y a 7 millions d’étudiants de plus par an dans le monde. La CGE propose d’accueillir sur 10 ans, chaque année 50 000 jeunes étrangers de plus. En considérant que 85 % de ces 500 000 étudiants suivront des cursus payants, la CGE calcule que cela représente 5 milliards d’euros de recettes par an, soit 7 fois le grand emprunt.

 

A. D-F