Jean-Charles Pomerol

Jean-Charles Pomerol

 

« L’université est un monde en mutation qui apporte innovation et créativité. »

De l’autonomie des universités
Elle apparaît comme une nécessité pour faire face
à la compétition internationale, la plupart des établissements de recherche et d’enseignement étant déjà autonomes, à commencer par les grandes écoles. Depuis cette réforme, le budget des universités inclut toutes les charges y compris celles concernant les ressources humaines. Ce nouveau statut nous permettra d’innover plus facilement en matière de pédagogie et de recherche. Toutefois l’autonomie impliquant des coûts supplémentaires et notre budget n’ayant pas augmenté pour autant, nous avons besoin de nous procurer de nouvelles ressources. « Nous nous efforçons de satisfaire tous nos publics en offrant des parcours différents. » Pour les universités, il est impératif de diversifier leurs enseignements car nous sommes dans l’obligation d’accueillir tous les bacheliers, d’où un ensemble hétérogène que nous devons répartir dans différents cursus de licence. De fait, à cause d’un déficit de connaissances, certains étudiants sont amenés à faire leur 1ère année de licence en trois semestres. En revanche, pour les étudiants d’un meilleur niveau, nous offrons des parcours plus exigeants intellectuellement comme les licences renforcées ou les doubles cursus en partenariat avec Paris II et Paris IV. « Notre action dans le PRES se concentre sur l’innovation pédagogique. » Nous allons lancer un Master d’ingénierie ainsi qu’une licence pluridisciplinaire dans laquelle on trouvera des unités d’humanités et de sciences de sorte que, parvenu en L3, l’étudiant ne soit plus indécis quant à son orientation. J’estime que l’orientation précoce est une des plaies du système français qui facilite la reproduction sociale. Avec Georges Molinié et Louis Vogel, nous mettons en place, à Paris, des universités pluridisciplinaires de grande qualité afin de redonner des lieux de vie aux étudiants. Il me paraît très important de ne pas vider le coeur des villes de la vie estudiantine.

Recherche
En matière de recherche, la puissance des universités est sans commune mesure avec celle des grandes écoles. Nous avons conclus de nombreux accords avec le CNRS et l’INSERM selon les domaines d’application.

Des projets innovants
Paris étant un centre d’attraction pour l’innovation, nous lançons, dans le cadre du grand emprunt, un grand projet d’Institut de Recherche Technologique (IRT) à Paris – Plaine St Denis dans le cadre de la créativité médias (film, animation, publicité) à laquelle nous voudrions associer les nouvelles technologies de l’information et de la communication. La créativité des petites entreprises doit rester centrée à Paris et dans la proche couronne. La robotisation de la production étant essentielle pour la productivité, cet enjeu capital nécessite des personnels à haute valeur ajoutée et par conséquent des universités comme la notre pour les former. Dans cet esprit de robotisation, nous travaillons sur les services à la personne âgée et le maintien à domicile avec des dispositifs adaptés comme le monitoring à distance, par exemple.

A l’international
Nous proposons dix huit masters internationaux enseignés en anglais, en accord avec des universités étrangères dans lesquelles les étudiants vont passer obligatoirement un semestre. « L’insertion professionnelle des étudiants fait maintenant partie des missions des universités. » Concernant nos diplômés des Masters de mathématiques, physique ou informatique, le taux de placement est comparable à celui des grandes écoles. De plus, nos masters sont assortis d’un conseil de perfectionnement dans lequel des industriels sont parties-prenantes afin de comprendre les besoins des entreprises pour adapter nos enseignements. Dans le domaine des sciences, nous sommes assez privilégiés car les titulaires de nos 18 licences professionnelles trouvent facilement un emploi. J’ajoute que la moitié de nos 1400 étudiants en apprentissage sont inscrits à Polytech’Paris-UPMC, notre école de formation d’ingénieur.

 

Patrick Simon