Le Journal des Grandes Ecoles inside

 

Eric Lauer, 23 ans, HEC 2012

1/ Eric Lauer – Une ouverture sur la sphère publique
Engagé en double cursus HEC-Science Po «Master en management public et privé», Eric souhaite exercer une activité à la jonction des secteurs public et privé, afin de favoriser les interactions entre ces deux sphères, qui, selon lui, «ont autant besoin l’une de l’autre». Il était d’ailleurs en stage dans l’équipe d’investisseurs du FSI (Fonds Stratégique d’Investissement) qui lui a permis «d’utiliser des techniques financières apprises en banque d’affaires tout en gardant en tête des problématiques d’investisseur socialement responsable, notamment sur les sujets de la création d’emploi, de la gouvernance et de l’environnement ». Eric avait développé son intérêt pour les affaires publiques au sein de l’association HEC Débats, dont il est devenu président, où il animait une fois par mois des conférences faisant intervenir des personnalités publiques. «C’était l’opportunité d’échanges sans langue de bois avec des personnalités du monde politique et économique. Il s’agissait de sensibiliser les gens à des questions de choix de société en abordant des sujets sérieux avec franchise et simplicité», souligne Eric.

Une culture de la différence
Eric a grandi à Hongkong de 6 à 17 ans, où il a eu la chance d’apprendre le mandarin, qu’il a poursuivi en prépa puis à HEC. La maîtrise de la langue lui a permis d’échanger et de tisser des liens avec ce peuple, dont il apprécie le caractère « fier et ambitieux ». « J’ai été confronté à la différence au départ comme au retour. En Chine, j’étais le français parmi la population locale. A mon retour en France en Terminale, j’étais l’étranger dans mon propre pays, je n’avais pas suivi des années d’actualité française en termes de musique, de cinéma, de mode, etc. et étais surpris par certains codes », témoigne Eric.

Un engagement pour les autres
Au sein de Cible, l’association des anciens de sa prépa, Eric était professeur bénévole auprès de lycéens lors de stages de soutien et de préparation au bac et aux concours. « Expérience hautement enrichissante que d’agir au sein d’une association, qui favorise le brassage social et le recul des préjugés en s’adressant à un public lycéen diversifié. Les recettes étaient ensuite reversées à des associations humanitaires », explique Eric. Un engagement qu’il entend retrouver dans son avenir professionnel : « La question du sens du travail est pour moi essentielle, j’ai vraiment besoin de me sentir utile et de participer à une aventure collective qui a un impact sur la vie de l’entreprise ». Comment ? « Sans doute en m’engageant dans une aventure entrepreneuriale ou dans un cabinet de conseil ».

 

Matthieu Dardaillon

Matthieu Dardaillon, 22 ans, ESCP Europe 2013

2/ Matthieu Dardaillon – L’ouverture sur la nature
Du haut de ses 2 mètres 02, Matthieu est déjà un grand entrepreneur. Passionné par la nature et amoureux de la montagne depuis ses inoubliables aventures de scout, Matthieu a fondé en 1ère année d’école, une association étudiante, Star Trekk’ ESCP Europe, organisatrice d’un éco-raid. Emprunts des valeurs écologiques, Matthieu et ses collaborateurs se sont engagés à compenser l’impact environnemental de leur événement en reversant une partie de ses fonds à Coeur de Forêt, une association impliquée dans un projet de reforestation en Ile de France. « Nous avons fait le choix de sensibiliser les étudiants à leur responsabilité environnementale de manière ludique. Nous souhaitons que nos participants prennent conscience de la beauté de la nature et de leur devoir de la préserver », précise Matthieu.

Acteur du changement
Cette initiation à l’« entrepreneurship » et au « social business » a donné envie à Matthieu d’aller plus loin. Avec un des ses acolytes du Star Trekk’, il a donc décidé de monter son propre projet, ci-nommé, « Destination Changemakers » pour découvrir le monde de l’entrepreneuriat social. Dès septembre 2012, Matthieu apportera, en tant que bénévole, son soutien auprès de trois jeunes entrepreneurs sociaux issus de 3 continents différents (Asie, Afrique et Amérique du Sud), pour une durée de 2 à 3 mois pour chacune des missions. Son action visera à leur fournir les outils de gestion, de management, et de rentabilité pour promouvoir la viabilité de leur activité. Pour gagner en compétences et en expertise, Matthieu est parti à la rencontre d’entrepreneurs sociaux en France et en Angleterre, et a mené cet été une mission pilote de formalisation du business plan d’un entrepreneur social français. « Notre objectif est de se rendre utile auprès d’entreprises qui ont besoin d’aide et de contribuer aux projets sociaux de ces professionnels engagés ». Autre dimension du projet : la sensibilisation des étudiants aux questions sociales : « Nous souhaitons également montrer aux étudiants des grandes écoles que le social business constitue un itinéraire professionnel alternatif crédible aux autoroutes classiques de la finance, du conseil et de l’audit ». Pour cela, Matthieu a l’intention de réaliser un blog (www.destinationchangemakers.com), un livre et un film. « Je crois vraiment en un modèle économique qui met l’entreprise au service de l’homme, je crois en cette alternative crédible », une conviction qui le mènera sans aucun doute à créer sa propre entreprise sociale. Mais avant, Matthieu et son ami seront « autour du monde, à la rencontre des acteurs du changement ! »

 

Guillaume Léchappé

Guillaume Léchappé, 23 ans, EMLyon BS 2013

3/ Guillaume Léchappé – L’ouverture outre-atlantique
Après un mois en tant que bénévole au sein du « Guthrie Theater » de Minneapolis, Guillaume, séduit par la culture américaine, multiplie depuis ses stages d’entreprise à New York, « amazing city », dont il s’est définitivement épris. « J’apprécie leur culture du « self businessman » et leur vision décomplexée de la réussite », explique Guillaume. Dans les années qui viennent, il envisage de travailler dans une société de conseil pour accompagner les entreprises françaises à s’implanter aux USA. « Cela représenterait une combinaison parfaite entre ces deux cultures ». Ville ouverte sur le monde, NYC incarne la diversité culturelle et sociale, que Guillaume se plait à découvrir au détour de chaque quartier.

Des projets pour la diversité
« J’ai tenu à ne pas m’enfermer dans un milieu, je suis comme un électron libre, entouré d’individus d’origines diverses ». Cette ouverture sur l’altérité, Guillaume l’a mise en oeuvre au travers de multiples projets. Ainsi, durant sa deuxième année d’école, alors responsable communication de l’association inter-écoles accompagnant une quarantaine de jeunes issus de la banlieue lyonnaise défavorisée. Au nom de son association, il a animé une conférence sur le thème des banlieues, qu’il a mis sur scène sous forme de plateau-télé. Il a aussi participé à un projet de rénovation d’infrastructures et de commerce équitable lors d’un voyage humanitaire au Maroc. Aujourd’hui, il lance un site web « Discovering People and Making Diversity an Asset » (http://guillaume-lechappe.com/), où il propose des portraits et des interviews de personnes profondément différentes : du directeur financier au vendeur ambulant, il souhaite susciter la réflexion et faire s’ouvrir les gens les uns aux autres. « Dans une société aussi diverse que la nôtre, il me semble nécessaire de créer des ponts et de faire tomber la barrière des préjugés », souligne Guillaume.

La gastronomie en images
Guillaume a travaillé dans le milieu de la gastronomie new-yorkaise, où il a été stagiaire dans la société d’Ariane Daguin, D’Artagnan, distributeur de produits d’épicerie fine pour les restaurants et magasins hauts de gamme. Pris de passion pour la gastronomie et grand amateur de vidéo, il y réalise un grand nombre de vidéos éducatives, sorte de démonstrations culinaires pour faire découvrir aux Américains des produits et un art de la cuisine, qu’ils ne connaissent pas. Pour les 25 ans de la boîte, il réalise un film anniversaire où il fait témoigner plus de 30 grands chefs parisiens et newyorkais. Puis, il enchaîne chez Feast & Fêtes, filiale traiteur du grand chef français Daniel Boulud, en tant que « Staff booker » en charge du suivi d’une cinquantaine de serveurs sur des évènements new-yorkais prestigieux.

 

AB