Lamartine se demandait si les objets avaient une âme qui s’attache à notre âme… Aujourd’hui, si les poètes se posent toujours la question, les ingénieurs ont commencé à apporter leur réponse. Les objets ont beaucoup à nous dire pour peu qu’on les connecte en Bluetooth, Wi-Fi ou autres systèmes. Le récent salon CES 2016 à Las Vegas a une fois de plus montré à quel point l’objet connecté était associé à la plupart des innovations actuelles du numérique. Le smartphone reste la passerelle incontournable de tous ces objets connectés à l’usage grand public. On vit en accéléré le même type de révolution que celle que l’électrification a produit en son temps : les objets du quotidien sont devenus électriques à l’époque, ils deviennent maintenant connectés. Plus intéressant encore, de nouveaux usages sont rendus possibles par l’apparition d’objets qui jusqu’alors n’existaient pas sans connexion.

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Souriez, vous êtes connectés !
Ces objets observent, captent, mesurent et envoient des données qui souvent ont pour effet de faciliter notre quotidien ou de changer nos comportements par des mécanismes de gamification. Depuis 20 ans, le téléphone portable s’est progressivement imposé comme l’objet central voire unique qui intègre tous les services en mobilité. Il a provoqué la disparition ou le déclin de nombreux autres appareils portables. Le même type de sélection naturelle pourrait oeuvrer aujourd’hui dans la chaine de valeur des objets connectés. On peut en objets qui nous entourent et le frein que peut représenter dans leur usage la multitude d’applications et d’interfaces auxquelles l’utilisateur est confronté. On imagine aisément le rôle que prendront les quelques plateformes capables de rassembler dans un même univers et à leur format, les données des différents objets qui nous entourent. Connectés entre eux et non plus seulement à l’utilisateur du smartphone, les objets peuvent ainsi se répondre et interagir. On peut déjà citer les applications IFTT ou Netvibes qui, avec leurs “recettes“ ou “potions“, permettent de définir des scénarios d’usage simples. Vous pouvez par exemple déclencher une action sur un thermostat connecté en fonction de la personne présente dans la pièce et reconnue par votre caméra connectée.

 

Nous ferons l’objet de l’observation des objets
Reste qu’il revient toujours à l’utilisateur de programmer ces scénarios. Tout comme il était simple, mais ennuyeux de programmer un magnétoscope dans les années 80, on peut imaginer que ce type de gestion de l’interaction entre objets suscite les mêmes réactions et ne reste qu’une étape. L’intelligence artificielle (IA) peut alors apporter une solution à ce dialogue des objets que la grande majorité d’entre nous n’a pas envie d’orchestrer. Tout comme Prizm apprend vos goûts musicaux et vos humeurs pour envoyer sur vos haut-parleurs la musique la plus appropriée, l’usage de l’IA peut être généralisé à de nombreuses situations. Exploiter les informations provenant de différentes sources, comprendre qui nous sommes, quels sont nos besoins ou nos envies, les satisfaire sans avoir à nous solliciter, ce sera sans doute la prochaine étape dans la construction de ce monde où les objets parlent aux objets.

 

Par FRANK BIÉTRIX,
Responsable de Majeure Objets Connectés, Réseaux et Services ECE Paris – Ecole d’ingénieurs
bietrix@ece.fr