Depuis une quinzaine d’années, le nombre d’étudiants en mobilité dans le monde ne cesse d’augmenter de manière exponentielle : en 2000 il y avait 2 millions d’étudiants en mobilité et en 2010, 4 millions. À l’heure actuelle, on parle de 8 millions. Cette évolution est due à un monde globalisé qui exige des formations professionnelles et académiques plus uniformisées et universelles. En dehors de ces mobilités des étudiants qui cherchent un diplôme dans un autre pays, il y a aussi un grand nombre d’échanges d’étudiants non diplômants de courte durée, souvent un semestre, qui s’effectuent dans le cadre des programmes d’échanges bilatéraux entre les établissements partenaires, par exemple les échanges Erasmus.

© Fotolia

© Fotolia

Une formation diplômante internationale
Entre ces deux formules, diplômante de longue durée et non diplômante de courte durée, les doubles diplômes offrent une troisième formule qui dure pour la plupart des cas la moitié du temps de formation d’un diplôme. Les doubles diplômes consistent à donner une formation diplômante dans plusieurs établissements appartenant à deux pays pour la plupart des cas. Ils ont des objectifs différents selon la formule. La première formule est de compléter une formation dans le premier établissement par l’enseignement donné dans le deuxième établissement. La deuxième formule est d’élargir les compétences des étudiants à un deuxième domaine professionnel, très utile dans le monde globalisé d’aujourd’hui. Quelle que soit la formule, un double diplôme exige la maîtrise de la langue du pays d’accueil et un niveau disciplinaire suffisant, voire élevé, pour réussir les examens et les contrôles dans un autre système de formation et dans une autre langue. Les critères du recrutement des étudiants pour un programme de double diplôme sont donc plus exigeants.

 

Des diplômes adaptés au monde de l’entreprise
De ce fait, les doubles diplômes garantissent une meilleure employabilité. Les entreprises d’aujourd’hui ont besoin de cadres polyvalents, de compétences multiples et multilingues. Ces besoins sont inévitables de nos jours surtout dans des secteurs d’activité économiques, financiers, gestionnaires, sociaux… qui sont largement internationalisés. Dus à ces besoins, les doubles diplômes ont été massivement crées dans des écoles de commerce avant que les universités le fassent à leur tour. Les universités multiplient les créations de doubles diplômes ces dernières années car de plus en plus elles développent elles aussi des formations professionnelles dans les secteurs des sciences humaines et sociales. Un jeune ayant réussi un double diplôme démontre non seulement ses capacités linguistique et pluridisciplinaire mais également ses capacités d’adaptation à un environnement culturel différent du sien. Par ces atouts, un double diplôme, au-delà de la facilité de trouver un emploi, permet d’appréhender la complexité d’un monde globalisé, ouvert et compétitif. Depuis quelques années une nouvelle formule dite «diplôme délocalisé» se développe : un certain nombre d’établissements ont délocalisé des formations dans un autre pays où il y a un grand potentiel de développement. Le principe reste le même : enseignement dans une langue internationale, équipe pédagogique binationale, diplôme délivré par deux établissements.

L’université de Cergy-Pontoise a par exemple ouvert depuis deux ans une licence en génie civil avec Zhejiang University of Science and Technology (Hangzhou, Chine). Elle ouvrira également cet automne un double diplôme en gastronomie avec Ho-Chi-Minh University of Technology au Vietnam.

 

Par Hung T. Diep,
Vice-président en charge du développement international à l’université de Cergy-Pontoise