Samedi 19 novembre, l’Ecole des Arts et Métiers accueillait le congrès annuel du BNEI sur le thème « Ingénieur, chercheur et innovant ! »
Retour sur la deuxième table ronde de la journée sur le thème : l’ingénieur et le scientifique sont-ils toujours les moteurs de l’innovation et les transformateurs de la société ? Y étaient conviés Claudie Haigneré, ancienne ministre de la recherche et première spationaute, Cédric Villani, directeur de l’institut Henri Poincaré et médaillé Fields et Yves Bréchet, membre de l’académie des sciences et médaillé du CNRS.
Deux thématiques principales ont été abordées.

 

Première thématique : la culture scientifique

De g. à d., Guillaume Perrin, président sortant du BNEI, un étudiant, Claudie Haigneré, Cédric Villani et Yves Bréchet

De g. à d., Guillaume Perrin, président sortant du BNEI, un étudiant, Claudie Haigneré, Cédric Villani et Yves Bréchet

 

 

Les intervenants ont déploré la nécessité actuelle d’ajouter l’adjectif scientifique au nom culture pour pouvoir espérer évoquer l’idée de culture scientifique, comme si la culture n’était pas supposée être scientifique, comme si elle était toujours sous entendue littéraire.

« Moi ça me fait toujours un peu bondir de dire culture scientifique et technique » s’exclamait Claudie Haigneré, avant que Cédric Villani ne renchérisse « Comme le dit Claudie, les adjectifs scientifique et technique devraient être inclus dans le mot culture au même titre que l’adjectif culturel ». Le médaillé Fields a ensuite rappelé qu’à l’époque de Newton et Voltaire, lettres et sciences étaient mêlées et on parlait de culture scientifique sans hésistation. « Et ensuite il y a eu un trou et on perdu la science dans le débat culturel quotidien, à un moment (celui de la première guerre mondiale) où justement la science et la technologie arrivaient dans le quotidien. » Et c’est dommage, puisque comme le rappelait Yves Bréchet « la culture scientifique et technique est extrêmement importante pour les citoyens et pour les scientifiques. »

Comment lutter contre ça ? « On ne pourra présenter la science et la technique comme culture que si on se la réapproprie comme culture » déclarait solennellement Yves Bréchet, rappelant ainsi le rôle de l’ingénieur dans la défense de son patrimoine culturel. « Le travail qu’on a à faire ce n’est pas d’éblouir, c’est d’éclairer. (…) On ne reconstruira pas la culture scientifique et technique de ce pays si les gens qui possèdent cette culture ne se disent pas que c’est à eux de la transmettre ».


Deuxième thématique : différences et complémentarités entre le métier d’ingénieur et celui de scientifique

Si Yves Bréchet définit différemment le travail de l’ingénieur (« comprendre pour faire »), et celui du scientifique (« comprendre pour comprendre »), cette différence est pour lui source de richesse, la formation de chercheur étant complémentaire de celle d’ingénieur.

Poussant même l’idée un peu plus loin, les deux autres intervenants semblaient aller jusqu’à mettre en question la perméabilité de la frontière qui sépare ces deux fonctions : « La différence entre ingénieur et chercheur, elle n’est pas claire » confiait Cédric Villani. « Il faut essayer à chaque instant d’avoir une fluidité de passage entre différents domaines et différents métiers » expliquait quant à elle Claudie Haigneré, évoquant ses deux années en Allemagne où la double identité « docteur ingénieur » était reconnue de tous.

En conclusion, l’ingénieur de demain en quelques mots, comment est-il ?
Un ingénieur, un chercheur, un ambassadeur de sa culture…


 

Claire Bouleau

 

Contact presse :

Ambroise FAVRIE – 06 82 20 74 02 – president@bnei.org