Les grands métiers des ESC

 

Formant à la fois des généralistes du management et des spécialistes de la gestion, de la finance, du marketing…, les Ecoles Supérieures de Commerce (ESC) transmettent adaptabilité et polyvalence à leurs diplômés. En lien étroit avec l’entreprise, elles en font les candidats les plus opérationnels du marché et leur ouvrent les portes à d’innombrables métiers et secteurs d’activité. Panorama des grandes tendances 2010/2011.

 

Sortir d’une ESC offre une grande diversité de parcours professionnels. La personnalisation croissante des cursus offre en effet la possibilité d’accéder à une multitude d’opportunités en fonction du projet et des attentes de chacun. Les diplômés des ESC sont ainsi actifs dans tous les secteurs de l’économie, des plus traditionnels (banque, industrie, commerce) aux plus innovants comme les technologies de l’information et de la communication. Forts de leurs capacités d’adaptation, ils ont su traverser les récents bouleversements économiques en réinventant leurs compétences, en intégrant leurs savoir-faire à des activités parfois peu explorées et en aménageant de nouveaux cadres de travail.

 

Vers de nouveaux secteurs d’activités
La crise a impacté de façon significative les grands vecteurs d’emploi que sont la banque, l’assurance et la finance (moins 4 points par rapport à 2007 selon la dernière enquête de la Conférence des Grandes Ecoles) mais n’a pas pour autant radicalement remis en causeles secteurs privilégiés par les ESC. Bien au contraire, ces derniers se sont même redirigés vers des pôles d’activité refuges. Il faudrait tout d’abord citer les bureaux d’études et les sociétés de conseil, qui, après avoir connu des remous constituent de nouveau de forts bassins d’emplois. La gestion et la comptabilité sont également des options fiables. Voies privilégiées par 15 à 20 % d’entre eux, ellesmettent en valeur leur polyvalence et offrent de belles perspectives métiers. Même s’ils souffrent parfois d’une image peu avantageuse auprès des étudiants, le commerce, la distribution et la vente sont aussi en pleine renaissance car ils constituent de bonnes options pour un 1er emploi ouvert à l’international. Face à ce regain d’intérêt, l’ESC Dijon a d’ailleurs créé en 2010 une spécialisation Marketing/Management/Distribution en collaboration avec Auchan, Carrefour, Castorama et Les Galeries Lafayette. Pour les ESC, 2010 et 2011 sont également les années de l’industrie : l’agro-alimentaire est un des seuls secteurs à s’être maintenu en termes d’emploi et il est fort à parier que les transports seront des valeurs sûres à l’avenir. Le succès commercial d’Airbus lors du dernier salon du Bourget et la fin prochaine du monopole de la SNCF augurent en effet des perspectives dans l’aéronautique et le ferroviaire. Ils se tournent enfin vers des secteurs plus créatifs comme les technologies de l’information et de la communication et développent des solutions marketing particulièrement innovantes pour des outils comme les tablettes tactiles et les smartphones. Forts de leur pluridisciplinarité, les ESC investissent également dans les télécommunications, le luxe, le tourisme, les loisirs, la recherche, les médias, l’édition, l’énergie, l’immobilier, la construction et l’environnement.

 

Une réinvention perpétuelle des compétences
Contrairement aux idées reçues, les ESC ne préparent pas qu’aux traditionnels métiers du font évidemment partie de leurs options, ils se mesurent aussi à des fonctions plus tournées vers l’international, la finance, la logistique et la communication. On distingue d’ailleurs des groupes métiers privilégiés. Tout d’abord, les fonctions liées à la finance, la banque, l’assurance , la gestion et la comptabilité à l’image de trésorier, analyste financier, chargé de mission en financements internationaux, contrôleur de gestion,… L’étude et le conseil ensuite, particulièrement dans des entreprises positionnées sur l’environnement, la responsabilité sociale et la maîtrise des risques. En terme de commerce et de vente, les fonctions plébiscitées sont celles de responsable secteur, ingénieur commercial, chargé d’affaire, directeur de magasin, acheteur, responsable des ventes,… Au titre des métiers du marketing et la communication, on compte enfin des chefs de produit, chargés d’étude ou responsables marketing, chefs de publicité, responsables communication,… Après quelques années d’expérience, les ressources humaines et la direction générale offrent également de belles opportunités aux ESC. Quel que soit le métier choisi, il semble que ce nouveau contexte économique ait attisé la curiosité et l’esprit entrepreneurial des ESC. Cet attrait est lié à 3 phénomènes : une baissed’attractivité pour des jeunes diplômés certes très compétents mais peu expérimentés, la valorisation du statut d’entrepreneur et un moindre intérêt pour le salariat dépersonnalisédes grands groupes. A l’image des ESC de Rouen et de Toulouse, de plus en plus d’écoles ouvrent ainsi des filières « entrepreneuriat ».Entre 2008 et 2010, les diplômés des écoles decommerce ont créé près de 400 entreprises dans des domaines extrêmement divers : textiles, sport, commerce équitable, évènementiel,…Ces jeunes chefs d’entreprise représentent aujourd’hui 3.5% de la population active issue des ESC. Tendance à suivre de près.

 

Des cadres de travail revisités
Cet engouement pour l’entrepreneuriat est révélateur d’une volonté de changement. Conscients de leur polyvalence et de la multitude d’opportunités qui s’ouvrent à eux grâce à des formations à la fois généralistes et ultra diversifiées, les ESC tendent à s’éloigner du schéma de vie traditionnel du « diplômé d’une grande école » pour évoluer vers de nouveaux cadres professionnels et personnels. Il s’agit tout d’abord de changements géographiques. Si plus de 50% exercent encore leur activité en Région Parisienne, la dernière enquête de la Conférence des Grandes Ecoles observe une augmentation du travail en province. Deux raisons à cela : l’augmentation du nombre des Ecoles et la forte imbrication du personnel et du professionnel. Le réseau national des ESC ne cesse en effet de s’étoffer et on trouve aujourd’hui des établissements innovants, compétitifs, proches de l’entreprise et de l’économie locale dans toutes les régions de France. De plus en plus d’étudiants qui, dans leur majorité ont déjà trouvé un emploi avant même l’obtention de leurs diplômes, choisissent de réaliser leur première expérience dans un environnement familier propice au développement personnel. Même si la rémunération moyenne en Ile-de-France reste supérieure, près de 32 % des anciens ESC exercent ainsi en province. Les enseignements de la crise les poussent aussi à un certain « retour aux sources » ne privilégiant plus forcément les carrières à l’international sur le long terme. 50% des ESC considèrent que leur activité est étroitement liée à l’international et que la maîtrise des langues est un impératif mais l’expatriation n’est plus toujours la solution : seuls 15 % des ESC exercent à l’étranger (essentiellement Europe, Amérique du Nord et Asie). Ces changements s’opèrent par ailleurs dans les typologies de postes. Si près de 85% des ESC ont le statut cadre et 2/3 travaillent dans des grands groupes (plus de 500 voir plus de 2 000 salariés), les PME sont des options lentement mais sûrement reconsidérées. Ces structures à taille humaine permettent de pallier à la dépersonnalisation des cadres des grandes entreprises, d’accéder plus rapidement à des postes à responsabilités et de mettre pleinement en oeuvre leur pluridisciplinarité. Cette multiplication des parcours alternatifsa évidemment eu une incidence sur les outils pédagogiques. Outre des stages obligatoires, les écoles encouragent de plus en plus l’apprentissage qui consiste à alterner des périodes de cours et des périodes en entreprise sur 1 à 2 ans. En 5 ans, le nombre de jeunes ayant opté pour ce mode d’étude qui permettrait une intégration plus rapide et offrirait des salaires de départ plus élevés, a ainsi été multiplié par deux. Nouveaux cadres de vie, exploration de secteurs inattendus, réinvention des compétences : autant d’indices révélateurs de la flexibilité et des capacités d’adaptation des ESC. Reconnus en France et à l’étranger pour leur formation, ils ont su conserver leur réputation d’excellence et rebondir sur de nouvelles opportunités. Quel meilleur sésame sur un marché de l’emploi en pleine mutation ?

Le saviez-vous ?
Afin que leurs étudiants soient toujours au plus près des besoins du marché du travail, les ESC rivalisent d’ingéniosité. Voici quelques grandes tendances de 2011.

 

Une volonté d’ouverture
Marketing, gestion, finance,…rien de neuf sous le soleil des ESC ? Pas si sûr. Nombre d’entre elles ont en effet fait de l’ouverture une de leur grande valeur pour 2011. Quand l’ESC Grenoble mise sur la géopolitique, l’ESG fait le pari de la culture générale en insérant dans sa formation initiale des conférences dirigées par des sociologues et des hommes politiques, ainsi que des visites culturelles. Euromed surfe quant à elle sur la vague de la responsabilité sociale et du développement durable en intégrant ces thématiques à 16 % de son tronc commun de formation et 30 % de ses cours optionnels. L’ESC Amiens joue également la carte du non-conformisme avec sa filière « musique et théâtre » en partenariat avec le Conservatoire d’Amiens.

 

International : une introductionsur-mesure
Maîtrise des langues et stages à l’étranger sont aujourd’hui des impératifs. Parce que chaque étudiant a des besoins et des aspirations différentes, les ESC diversifient leurs solutions d’études à l’international. L’ESC Rennes propose par exemple d’obtenir un double diplôme, soit en passant un an à l’étranger, soit en y vivant seulement 1 semestre et en terminant sa scolarité à Rennes, mais en anglais, en validant un diplôme de l’Open University (UK) grâce au e-learning. D’autres établissements ont même délocalisé une partie de leur campus : l’ESC Toulouse offre ainsi à ses étudiants la possibilité de suivre des cours dispensés par des professeurs français mais… à Barcelone !

 

Des spécialisations inédites
Face aux mutations du monde de l’économie, les ESC investissent enfin sur des spécialisations innovantes qui précèdent le plus souvent les besoins du marché. L’ESC Chambéry développe par exemple une filière « Expertise et métiers du vin » qui vise à créer des réponses marketing innovantes face à l’émergence de nouveaux modes de consommation et de l’oenotourisme. Dans le cadre de la formation continue, l’ESC Dijon a quant elle lancé une école consacrée à la pratique du coaching professionnel en interne et en externe. Chaqueparticipant réalise un mémoire sur son propre parcours professionnel, peut ainsi se remettre en cause et repartir sur de nouvelles bases professionnelles et personnelles.

 

Former des citoyens entrepreneurs de la planète monde à l’ESC Montpellier
Accrédité AACSB en début d’année, le Groupe Sup de Co Montpellier renforce sa position d’établissement de formation de haut niveau à l’international. Seule Grande Ecole de Management de la région Languedoc- Roussillon, elle se distingue par un programme obligatoire en 4 ans – avec une 2e année complète en université étrangère et une 3e année de césure en entreprise – et par la possibilité qu’elle offre à tous les étudiantsdès la 1ère année de faire un parcours en apprentissage. Ses valeurs, diversité et ouverture sociale, responsabilité globale, innovationet esprit d’entreprise, impliquent égalementtoute l’équipe pédagogie de l’école dans une culture de responsabilité sociale, par la participation active à des programmes d’Egalité des Chances.

 

CW