Né en 1974 de l’éclatement de l’ORTF, l’Institut National de l’Audiovisuel est un EPIC qui, si il a pour mission principale de conserver le patrimoine audiovisuel, n’en développe pas moins des activités commerciales, de recherche et de formations innovantes. Laurent Clerc (ESCP Europe 93), DAF adjoint, nous présente cette structure de référence auprès de laquelle de nombreuses institutions étrangères viennent prendre conseil.

Laurent Clerc (ESCP Europe 93), DAF adjoint de l’INA

Laurent Clerc (ESCP Europe 93), DAF adjoint de l’INA

Le patrimoine audiovisuel français
La mission principale de l’INA est patrimoniale. L’Institut sauvegarde, numérise et valorise un fonds d’archives audiovisuelles télédiffusées ou radiodiffusées. Chaque année, l’INA capte les programmes de 114 chaînes de télévision et de radio, 24h sur 24, au titre du dépôt légal. Cela correspond à près d’un millions d’heures de diffusion. « C’est, précise Laurent Clerc, quelque chose d’assez incroyable que de participer à la conservation d’archives numérisées qui se comptent en pétaoctets (1 pétaoctet=1000 téraoctets soit 1 million de milliards d’octets) autant qu’en kilomètres de rayonnages (une centaine). Mon travail, c’est d’être garant des moyens qui permettent de réaliser cette mission de passeur ». Et, de poursuivre : « L’argument financier qui, dans d’autres entreprises, a vocation à l’emporter, est ici au service de cette mission. Ne pas être dans la rentabilité à tout prix, c’est une véritable valeur ajoutée qui donne beaucoup de sens à l’activité. »

 

Une entreprise diversifiée
Si la notion de service public est bien présente à l’INA , elle est associée à un objectif d’équilibre économique. L’exercice est complexe car, de fait, l’Institut a plusieurs casquettes. La mission patrimoniale bien sûr, mais aussi l’édition, la production, la vente d’archives et – pour ce qui constitue le relais de croissance et de développement aujourd’hui – la formation et l’expertise. Laurent Clerc est arrivé à l’INA un an après la création de la direction financière, en 2003, pour mettre en place le contrôle de gestion. Ce qui le séduit alors, ce sont justement « les activités variées de l’INA qui répondent chacune à une logique différente et qu’il faut comprendre séparément, afin de viser le meilleur équilibre pour l’ensemble. »

 

Innovation et expertise
Depuis sa création, l’INA est confronté à des problématiques techniques un savoirfaire unique dans le monde qui a une valeur de marché. « C’est ce volet expertise que nous sommes en train de développer en tant qu’activité commerciale » explique Laurent Clerc. Des chaînes internationales font ainsi appel à l’INA pour être conseillées dans la rationalisation de leur fonds d’archives afin de leur permettre de l’exploiter. Il s’agit de l’aspect le plus motivant : « A l’INA, il y a de vrais projets innovants qui demandent à être structurés. A côté de la gestion des différentes activités existantes, ces nouveaux projets doivent être accompagnés. Il faut savoir poser les bonnes questions, prévoir les enjeux, imaginer les débouchés possibles… C’est extrêmement stimulant. »

 

Choix de carrière
« Une carrière, c’est le bilan des évolutions d’un poste à l’autre. C’est aussi l’addition des satisfactions que l’on en a retirées. Ma formation et mon parcours m’ont appris à ne pas trahir mes goûts. C’est une question d’équilibre. À l’INA, mon métier de financier participe à une mission de transmission du patrimoine qui a un sens. »

 

Chiffres :
55 millions de vidéos vues en 2012 sur le site public www.ina.fr Plus de 100 km de rayonnage d’archives 130 millions d’euros de budget en 2012 ina.fr, c’est aujourd’hui + de 300 000 émissions en ligne, consultables gratuitement par tous

 

A.F.

 

Contact : lclerc@ina.fr