Comment la musique et en particulier la musique pop pourrait devenir un vecteur de l’exportation culturelle chinoise.

J’ai passé deux mois l’été dernier dans l’empire du milieu, au cours desquels j’ai pu découvrir la culture de ce pays fascinant. Une des facettes de cette culture, sur laquelle j’ai particulièrement appris, est la musique.
En effet, à l’Occident, la musique que nous écoutons est fortement influencée par des artistes et des genres américains. Si cette influence reste assez marquée et peut se ressentir à l’Orient, il existe néanmoins une importante industrie musicale en Chine, avec de célèbres artistes de variété chinoise, et de musique pop. Tout d’abord, la variété chinoise s’est développée à la fin des années 70 et dans les années 80, avec des chanteuses chinoises mais aussi et surtout au début hongkongaises et taïwanaises. Jusqu’en 2007 le paysage de la variété chinoise compte une femme particulière, Peng Liyuan, puisqu’elle deviendra, en mars 2013 la première dame du pays, quand son mari Xi Jinping accèdera au pouvoir.
Dans le domaine de la musique pop, si la suprématie américaine se fait plus sentir et que la présence de musique d’origine coréenne ou japonaise est marquée – Kpop et J-pop – on assiste toutefois à l’émergence de musique d’origine chinoise, avec la C-pop et les deux mouvements qui la composent, Canto-pop et Mando-pop. Un des rares chanteurs de ce genre parvenu à se faire connaître en Occident est Wang Leehom, et sa renommée internationale n’est pas due au hasard puisqu’il est né et a grandi aux Etats-Unis. Il existe en fait un très grand nombre d’artistes dans le mouvement de la C-pop, qui n’ont jamais réussi à percer à l’Ouest, même s’ils en avaient tout à fait les capacités. À y regarder de plus près, on se rend compte en effet des nombreuses similitudes entre les rythmes, tonalités et même les vidéos des clips de chansons pop chinoises et de celles américaines bien familières. Si l’on ajoute à cela que de plus en plus de chansons ont au moins une partie de leurs paroles en anglais, et en pensant au récent succès de Psy ou d’autres artistes de pays d’Asie du Sud-Est, il manque peu de choses à la C-pop pour devenir connue en occident. Wang Leehom a d’ailleurs expliqué au cours d’un récent discours prononcé à Oxford comment selon lui, la culture populaire et plus généralement l’existence d’une « soft power » exercée par la culture chinoise pouvait réparer la relation entre l’Est et l’Ouest, en favorisant la tolérance. Un autre exemple de l’importance de la musique dans la culture populaire est la place dans la société chinoise d’un loisir : le karaoké, ou à l’anglaise KTV, comme on voit écrit sur les enseignes en Chine. Ici, tout le monde, des jeunes enfants éduqués de Tongji University (une des plus vieilles et plus prestigieuses universités de Chine, à Shanghai) aux ouvriers des grandes zones industrielles qui bordent la ville, va au karaoké. On y va entre amis, le vendredi ou le samedi soir, comme nous français allons boire un verre. On y réserve une salle, capable de contenir en générale 10 ou 15 personnes, et on peut y commander à manger ou à boire. Là, un tiers des chansons sont en anglais, le reste en chinois. Ces établissements commencent aussi à s’importer en Occident, comme le Koba, ouvert récemment rue de la Michodière à Paris.

 

RAID
Antoine Comets (promo 2015)