Lopportunisme et savoir jouer de la chance avec talent ne sont pas des gros mots pour Philippe Gabilliet, professeur de leadership à ESCP Europe. Avoir de la chance ça s’apprend et ça peut se développer. Saisissez votre chance de réussir !

 

Philippe Gabilliet, professeur en leadership au département MBA de ESCP Europe, directeur de la division Executive Education.

Philippe Gabilliet, professeur en leadership au département MBA de ESCP Europe, directeur de la division Executive Education.

Comment la chance est-elle considérée en France ?
Une idée très française veut que grâce à la chance on obtient les choses sans effort et travail. La chance est considérée comme une opportunité de saisir une occasion favorable indépendamment d’un système de valeurs préalable, dans lequel tout serait bon à prendre. Or, en philosophie, la notion d’occasion favorable est liée à celle de prendre son destin en main.

 

La chance passe
en permanence
à notre portée, soyez prêts, attentifs , curieux, ouverts.

Comment faudrait-il, selon vous, la considérer alors ?
On pourrait définir la chance comme la capacité qu’ont certaines personnes à créer autour d’eux les conditions d’apparition des opportunités, à gagner les concours de circonstances. C’est donc une occasion favorable que l’on ne sait pas saisir sans talent.

 

La chance serait-elle une compétence ?
La chance est une compétence sociale destinée à optimiser un talent ou une compétence que l’on possède déjà, et non une formule magique. Collectionner des opportunités, des coups de chance, des bonnes affaires, des contacts intéressants, ce n’est plus un problème de personnalité, ce n’est plus un problème de hasard, c’est un problème de compétences. C’est savoir rebondir et optimiser ce que l’on a.

 

D’où vient la chance ?
Avoir de la chance est un effet collatéral d’une attitude qui consiste à être une chance pour autrui. S’il est intéressant de me rencontrer, si je suis un territoire original de quelque manière que ce soit, j’ai une valeur ajoutée pour l’autre. Lorsqu’on travaille sur la sociologie de la pauvreté, on se rend compte que les personnes souffrant de malchance à répétition ont du mal à rebondir en cas de coup dur. Notre façon de voir le monde est déterminante dans notre bienêtre ou notre mal-être. Il faut y croire pour transformer un événement en occasion favorable. Nous ne sommes pas tous égaux dans notre capacité à rebondir. Des personnes qui ont tout eu peuvent sombrer, alors que d’autres qui ont vécu des choses terrifiantes s’en sortent. La chance est un phénomène psychosocial.

 

Ce que vous appelez chance est donc un processus de transformation ?
Nous sommes en permanence face à un mélange de circonstances favorables. Il faut donc être capable d’identifier des opportunités fortuites, voire de les créer, prêt à les saisir et avoir la compétence pour transformer l’essai. Si le coup de chance existe, et est rare, il ne suffit jamais à expliquer la réussite.

 

Les quatre conseils de Philippe Gabilliet pour favoriser la chance et la transformer en opportunité
1. La chance fonctionne comme une tête chercheuse. Plus vous allez être habité par un projet, une attente, un désir très fort, plus votre machine à percevoir les opportunités intéressantes, c’est-à-dire à identifier la bonne rencontre, la bonne information, la décision utile, entendre la demande que les autres n’ont pas encore entendue, sera prête à fonctionner au quart de tour.
2. La chance passe en permanence à notre portée, soyez prêts, attentifs, curieux, ouverts. La chance déteste la routine, les habitudes acquises. Pour rencontrer des chances nouvelles, il faut sortir du cadre, se mettre en situation de vigilance par rapport à ce qui est nouveau autour de soi.
3. On ne peut avoir de la chance seul. La connexion, l’interaction avec les autres est le secret. Fonctionnez en réseau intelligemment : passez votre temps à mettre les autres en relation et naturellement d’un point de vue systémique, un certain nombre d’opportunités vous reviendront.
4. La matière première de la chance est la malchance. Tenez-vous prêts à recycler ce qui arrive de négatif. Les chanceux rencontrent tout autant de difficultés que les malchanceux, simplement ils n’en font pas la même chose.

 

Quoi que vous prévoyiez ou fassiez,
le futur sera surprenant, soyez
prêts à accueillir
ces surprises !

La vidéo de Philippe Gabilliet sur « La chance de réussir » a été visionnée plus de 180 000 fois.

 

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A. D-F