Céline Braconnier, professeur des universités en sciences politiques et administratrice provisoire de l’IEP (Institut d’études politiques) de Saint-Germain-en-Laye, revient avec nous sur l’aboutissement de 3 ans de travail. Depuis l’inauguration des IEP de Rennes et de Lille en 1991, aucun projet n’avait été mené jusqu’à son terme. Fruit de la collaboration des universités de Cergy-Pontoise (UCP) et de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ), le 10e IEP ouvre ses portes en septembre. Selon Céline Braconnier, « il s’agit d’associer le meilleur de l’université avec l’exigence des grandes écoles. »

Bibliothèque universitaire de l’IEP de St-Germain-en-Laye

Bibliothèque universitaire de l’IEP de St-Germain-en-Laye

QUELLE EST VOTRE AMBITION PREMIÈRE EN CRÉANT L’IEP DE SAINT-GERMAIN-EN-LAYE ?
Notre objectif est de créer des passerelles entre le monde des universités et celui des IEP. L’équipe enseignante est largement issue de l’UCP et de l’UVSQ. Les étudiants de l’IEP obtiendront deux diplômes, celui de l’IEP et un master d’une des deux universités partenaires. Les étudiants de licence des deux universités pourront suivre des modules en vue d’intégrer l’Institut. Nous souhaitons aussi vivement participer à la dynamique de démocratisation des formations d’excellence. Des conventions mettant en place des préparations au concours commun d’entrée aux IEP ont été signées avec des lycées de la région.

SOUHAITEZ-VOUS VOUS DÉMARQUER DES AUTRES IEP ?
L’IEP de Saint-Germain-en-Laye n’a pas tant vocation à se distinguer des autres qu’à proposer une formation d’égale qualité et structurée selon le même schéma commun : deux années généralistes, une année à l’international et deux années professionnalisantes.

QU’EST-CE QUI VOUS A DÉCIDÉ À LANCER CE PROJET ET VOUS ASSURE DE SON SUCCÈS ?
Les concours d’entrée dans les IEP rencontrent un succès croissant depuis quelques années plus particulièrement en Île-de-France, 40 % des inscrits du concours des IEP de région en sont originaires. Il manquait un IEP en Île-de-France. Nos partenaires du réseau nous ont vite apporté leur soutien. L’engouement autour des journées portes ouvertes sur le site de Saint-Germain-en- Laye et pour les inscriptions au concours 2014 nous a donné raison. Cette entreprise a exigé 3 ans de négociations. Trouver les ressources humaines et financières nécessaires à sa réalisation n’a pas été facile. Notre projet est le seul à avoir abouti depuis 25 ans et nous en sommes très fiers.

COMMENT JUSTIFIEZ-VOUS LE CHOIX DU SITE DE SAINTGERMAIN- EN-LAYE ?
Depuis la réforme de mastérisation de la formation des enseignants, les locaux de l’ESPÉ* de Saint-Germain-en-Laye, qui appartiennent à l’UCP, étaient sous-occupés. Ce lieu offre un environnement idéal : la ville se situe à mi-distance entre les deux universités fondatrices de l’IEP et à 40 min de Paris en RER. Nous avons aussi reçu un très bon accueil des collectivités territoriales qui se sont engagées à construire plus de 200 logements étudiants à proximité, ce qui participe à l’attractivité de notre établissement en région parisienne.

SOUHAITEZ-VOUS CRÉER UNE STRUCTURE FRANCILIENNE PROCHE DU MODÈLE DE SCIENCE PO PARIS MAIS PLUS DÉMOCRATIQUE ?
L’IEP de Saint-Germain-en-Laye relève du même modèle de formation que les IEP de région. Notre démarche de démocratisation s’inscrit dans ce cadre et diffère de celle mise en oeuvre à Paris. La région parisienne exprime un fort besoin pour le type de formation proposé par les IEP que Sciences Po Paris ne peut satisfaire intégralement. Nous avons à coeur de répondre au mieux à cette attente et nous sommes très enthousiastes à l’idée d’accueillir nos premiers étudiants.

 

* Ecole supérieure du professorat et de l’éducation, ex IUFM

 

Simon Sénot