Si grandes écoles et universités s’investissent, si ce n’est pour l’égalité, au moins pour la parité, elles ne doivent pas tomber dans l’écueil qui consisterait à établir de nouvelles disparités, voir des injustices, entre hommes et femmes. Coup de projecteur sur leurs démarches les plus innovantes et les plus polémiques…

La vertu de l’exemple
Networking, récits d’expériences, actions de sensibilisation et web 2.0,… sont autant d’initiatives mises en place par les grandes écoles et universités pour accompagner les jeunes femmes au cours de leur formation et les ouvrir à un maximum d’opportunités professionnelles. Au chapitre des écoles d’ingénieurs, Centrale Paris fait figure d’exemple avec son site mademoisellefaitcentrale.com qui met en avant billets d’humeur et témoignages d’ingénieures à destination des collégiennes et lycéennes. De son côté, Grenoble INP a vu sa Journée de la femme ingénieure récompensée en 2013 par un MCE Award. Analysant la place de la femme ingénieure dans le monde professionnel, celle-ci n’a pas oublié de sensibiliser les hommes. Ainsi Victor Pommier, élève ingénieur, y a-t-il pris conscience de certaines réalités. « j’ai été surpris que les intervenantes abordent la question du leadership : je n’avais pas réalisé qu’on ne considérait pas les femmes et les hommes de la même façon aux postes de Direction. »

 

La discrimination positive ou le risque de la suspicion
Mais si ces démarches reçoivent un écho plus que favorable, il n’en va pas forcément de même pour d’autres initiatives, comme les bourses spécifiques pour les femmes. Centrale Paris s’illustre là encore avec les bourses Sébastienne Guyot qui, soutenues par de grandes entreprises, prennent en charge la scolarité de 5 élèves ingénieures pendant 3 ans. Grenoble EM a également mis en place un système de bourses dont XiaoTing Kou, étudiante chinoise, a récemment bénéficié pour poursuivre son MBA. « De telles initiatives sont vraiment encourageantes et montrent la volonté de l’école de promouvoir l’égalité homme-femme. L’Université de Pékin a aussi mis en place le ‘‘Diversified Contribution Award’’ pour promouvoir la diversité dans ses MBA ouverts à l’international, en portant un intérêt particulier aux femmes. Certaines entreprises mettent également en place des bourses spécifiques pour les femmes, à l’image de la ‘‘Cumming Lin Weizi Female Students Scolarship’’ qui contribue à aider financièrement des brillantes étudiantes en école d’ingénieurs afin qu’elles poursuivent leurs études. » Si on ne peut pas à proprement parler de discrimination positive au sujet de ces bourses, elles font parfois polémique au sein même de la communauté étudiante qui considère qu’elles peuvent introduire le doute sur les capacités des bénéficiaires. Il en va de même des quotas au sujet desquels le consensus est clair : non seulement ils ne sont pas efficaces, mais en plus ils sont contre-productifs. La discrimination positive serait-elle alors la porte ouverte à plus d’inégalités ?

 

L’égalité profite à tous
« Nous avons un programme d’ouverture sociale très important mais il n’est pas décliné en fonction du genre car c’est souvent mal vécu par les femmes qui ne se voient pas comme des ingénieurs à part » (Nelly Rouyres, Vice-présidente du Pôle Universitaire Léonard de Vinci).
« C’est en mettant en avant des femmes sur tous les supports et dans tous les domaines que la question de leur représentativité deviendra un non-sujet » (Florence Darmon, Directeur Général de l’ESTP et Présidente de la Commission Diversité de la CGE).
« La mixité est indispensable mais se battre pour le 50/50 à tout prix est contre-productif » (Isabelle Schanen, Chargée de mission équité femmes-hommes à Grenoble INP).
« C’est par l’exemplarité qu’on attirera plus de femmes sans risque de distinction » (Yves Poilane, Directeur de Télécom ParisTech).

 

CW.