CENTRALE 7

 

La ville de Rio de Janeiro accueillera les Jeux Olympiques de 2016, avec un nouveau sport qui fera son entrée dans cette compétition, le rugby à 7.

Le 2 octobre 2009, le Comité International Olympique a rendu publique son choix quant à la ville qui hébergera les Jeux d’été de 2016, et c’est la mégapole brésilienne de Rio de Janeiro qui est l’heureuse élue, triomphant ainsi de poids lourds comme Chicago ou Tokyo. D’aucun avancent que l’argument déterminant de la victoire a été le budget considérable prévu par les organisateurs, de l’ordre de 3 milliards de dollars pour l’événement même, mais qui s’étend jusqu’à 14,4 milliards de dollars si l’on rajoute le coût des infrastructures qu’il est nécessaire de mettre en place pour veiller au bon déroulement des Jeux. D’autres insistent sur le tandem médiatique Lula-Pelé. Toujours est-il que, fait marquant, ces Jeux seront les premiers organisés en Amérique du Sud. Ce qui met sur les épaules brésiliennes une pression supplémentaire.
Car de la pression, les organisateurs en ont à revendre. Une fois la liesse de la victoire passée, les vrais enjeux apparaissent de façon plus nette. Le principal est celui de la sécurité. Que ce soit à travers les médias d’information ou le cinéma avec la Cité de Dieu, la violence et l’insécurité des favelas de Rio est bien connue. Trafic de drogue et lutte armée entre bandes rivales peuplent la vie de ces quelques 1 200 bidonvilles. Si la situation n’est pas totalement inédite (la Coupe du Monde de 2010 en Afrique du Sud avait soulevé les mêmes interrogations), les autorités carioques se doivent d’agir pour assurer la sécurité des participants, en étant conscients que la moindre erreur pourrait marquer ces Jeux brésiliens du sceau de l’échec pour des années.
Mais tous ces défis ne sauraient occulter les forces du Brésil qui joue un rôle prépondérant dans l’échiquier politico-économique de l’Amérique du Sud, position que l’accueil des Jeux Olympiques ne pourrait que renforcer en mettant le pays sur le devant de la scène médiatique, et en lui permettant d’exposer au grand publique sa force pendant l’un des évènements sportifs les plus regardés et retransmis au monde.
En matière de sport, les JO de 2016 marquent le retour de disciplines qui avaient déjà été présentes dans des programmes olympiques antérieurs. Parmi les cinq sports candidats à une entrée aux Jeux Olympiques, ont été choisis le golf et le rugby, deux sports qui ne sont plus olympiques depuis bien longtemps.
Bien qu’il n’ait été que récemment mis sur le devant de la scène sportive internationale (la première Coupe du Monde date de 1987), le rugby, dans sa forme à 15, était présent aux Jeux de 1924 puis avait été banni en raison de violences. C’est néanmoins sous une forme un peu moins connue, le rugby à 7, qu’il reviendra en 2016. Sélectionné à 81 votes contre 8, c’est son caractère « universel, ouvert, spectaculaire et compréhensible » qui lui a valu cette réintégration.
Cette variante a été inventée dit-on par un apprenti- boucher écossais voulant créer un tournoi de « mini-rugby » pour le club de Melrose, où le temps de match et l‘effectif seraient fortement réduits. Outre le nombre de joueurs et leur répartition (3 avants et 4 arrières), il existe d’autres différences entre le rugby à 15 et à 7. Pour n’en citer que quelques-unes, les mêlées se font uniquement avec les 3 avants, et les matchs ne durent que 2×7 minutes (2×10 pour les finales). Ceci en raison de l’exigence physique très intense de ce sport, car s’il y a moins de joueurs, la surface de terrain à couvrir reste la même. Le jeu fait donc la part belle aux passes et aux grandes courses, le contact emblématique du rugby à 15 étant beaucoup moins présent. Le gabarit typique d’un joueur du rugby à 7 est par là-même différent de celui du joueur de rugby à 15, la rapidité et l’endurance étant bien plus importantes que la force pure. C’est ainsi que des nations inconnues ou presque en rugby à 15, telles que le Kenya ou le Portugal, font partie des meilleures en rugby à 7.
Reste à voir s’il saura passionner les foules comme l’a fait son homologue à 15…

 

Adrien Bruchet